« Egalité. Point. Amen. »

vendredi 14 juin 2019

14 juin, jour de la grève des femmes. Les chrétiennes du pays y participent notamment avec le slogan « Egalité. Point. Amen. » Parce que l’égalité laisse encore beaucoup à désirer dans les Eglises.

Les femmes protestantes en Suisse (FPS) et la Ligue suisse des femmes catholiques (SKF) participent à la grève avec cette déclaration de résistance : « Egalité. Point. Amen ». Elles ont lancé ce slogan et se sont donné rendez-vous aujourd’hui à 16h sur la Place fédérale à Berne pour demander l’égalité dans l’Eglise, « mais aussi dans la société en général », explique à Berne Gabriela Allemann, 40 ans, pasteure et toute jeune présidente de la FPS depuis le 1er juin.

Le patriarcat à l’index

Protestantes et catholiques ne présentent cependant pas les mêmes revendications. Pour les catholiques, l’ordination des femmes reste l’objectif à atteindre, alors que le pastorat dans l’Eglise protestante existe depuis une centaine d’années. « Mais de façon plus large, les grandes religions souffrent toutes d’un patriarcat qui reste omniprésent dans le quotidien des fidèles, qu’ils soient chrétiens, musulmans, juifs ou autre, estime Gabriela Allemann. Même si on commence à avoir ici ou là des femmes rabbins ou des femmes imams, par exemple. » Et cette femme de parler d’androcentrisme, soit du mode de pensée, conscient ou non, qui consiste à envisager la réalité du point de vue masculin uniquement, et qui pollue, selon elle, les différentes communautés religieuses.

La Bible parle des intérêts des femmes !

En ce qui concerne son milieu protestant, elle épingle le fait qu’il y a encore une majorité d’hommes présidents de paroisse, et de femmes secrétaires de paroisse. Or le christianisme pour elle comprend justement un décloisonnement essentiel entre le ciel et la terre, entre Dieu et l’humain, entre l’homme et la femme. Et il présente, tout comme le judaïsme d’ailleurs, des figures comme celle de Ruth, une Moabite qui, selon les textes, vient en Judée pour fuir la famine ; une femme migrante, donc, qui a su s’intégrer dans une communauté qui lui était étrangère, « et dont l’histoire parle non seulement de la réalité, mais des intérêts des femmes ».

Lecture féministe

Gabriela Allemann prône enfin une lecture féministe des livres sacrés, soit une lecture qui les met en avant. Et elle milite pour qu’il y ait toujours plus de femmes dans les instances dirigeantes, dans les communautés religieuses comme ailleurs, et donc plus de diversité, ce qui fait la richesse de toute société, dit-elle. « Egalité. Point. Amen » est donc un slogan à faire entendre de façon généreuse et sonore ce 14 juin, pour un meilleur « vivre ensemble ».

Cela dit, la FPS a émis sept thèses pour cette journée de grève, comme l’acquisition d’un langage qui tienne compte d’expressions féminines pour les expériences spirituelles. Pour sa présidente, il faut vraiment qu’un changement visible intervienne pour les femmes. « On fait d’ailleurs du lobby en ce sens », ne craint-elle pas d’affirmer.  

Gabrielle Desarzens

Photo : séance photomaton volontaire à la RTS pour cette journée du 14 juin.

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