Un chant chrétien rallie les manifestants à Hong Kong

lundi 24 juin 2019

« Chante Alléluia au Seigneur » : cet hymne résonne dans les rues de Hong Kong. Les manifestants l’utilisent en effet ces jours comme un cri de ralliement.

De nombreuses vidéos en font état sur internet et les réseaux sociaux : les manifestants chantent « Sing Hallelujah to the Lord » - Chante Alléluia au Seigneur - face aux forces de l’ordre. Ce « cri de ralliement » étonnant à première vue est en fait tout-à-fait pragmatique : prétextant des « émeutes », les forces de l’ordre ont sévi contre des Hongkongais qui scandaient des slogans politiques ; or les réunions de prière chrétiennes, elles, même spontanées, sont légales sur cette île indépendante du sud-est de la Chine. Autrement dit : elles ne sont pas comprises dans la définition des rassemblements que le gouvernement pourrait interdire.

Une façon de militer en faveur de la liberté d’expression

Mais ce choix d’un chant chrétien est aussi lié au fait que les habitants de Hong Kong identifient le christianisme à des valeurs positives, comme la liberté d’expression. Il s’explique enfin tout bonnement par le fait que beaucoup de manifestants sont chrétiens, puisqu’ils représentent 10% de la population de ce territoire ; et ces croyants s’inquiètent d’un rapprochement avec la Chine, où le président Xi Jinping mène une véritable répression à l’égard des religions.

Les Eglises dans la rue

Il faut dire que les Eglises s’impliquent fortement dans le mouvement de protestation : leurs responsables ont appelé les fidèles à se joindre aux manifestations. Parmi eux, citons le cardinal Joseph Zen, salésien et évêque émérite de Hong Kong depuis 2009, connu pour ses positions contre le régime de Pékin ; ou le pasteur baptiste Chu Yiu-Ming qui, selon le site du journal La Vie, avait déjà participé à un mouvement pour le droit de vote en 2017, et qui fait partie des leaders religieux connus qui manifestent aujourd’hui quotidiennement.

Cantique universel

« Chante Alléluia au Seigneur » est un hymne d’origine protestante écrit dans les années 70 en Californie par une dénommée Linda Stassen, qui faisait partie du mouvement hippie évangélique les Jesus people. Depuis, il est repris largement par de nombreuses communautés tant protestantes que catholiques dans plusieurs langues. Constitué d’une seule phrase, il n’est actuellement à Hong-Kong pas qu’une émotion, mais a ceci d’universel qu’il exprime donc un désir de liberté et de paix, quelles que soient les croyances de chacun.

Gabrielle Desarzens

Une chronique à écouter sur RTS.religion.ch

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