Des évangéliques discutent d'agroécologie à l’Eglise évangélique Lazare

CAB jeudi 07 juillet 2016

L’Eglise évangélique Lazare (UEER) a organisé une rencontre consacrée à l'agroécologie (1). Grâce à un film et aux témoignages de chrétiens engagés dans des projets d'agriculture alternative, l'assistance a découvert des manières différentes de bien gérer la création. Interpellant !

Le 2 juillet, une soirée consacrée à l'agroécologie (1) a rassemblé une centaine de personnes à l'Eglise évangélique Lazare (UEER), à Bussigny près de Lausanne. Elle était parrainée par le mouvement StopPauvreté.

Dans un premier temps, des extraits du film « Les moissons du futur », de la journaliste d'investigation française Marie-Monique Robin, a montré comment il est possible de cultiver sans utiliser de produits chimiques de synthèse.

La projection a été suivie d'un débat animé par l'ingénieur agronome Roger Zürcher. Intitulé « Pour une agriculture réconciliée avec la terre et la vocation divine », il a donné la parole à six intervenants actifs dans l'agroécologie : Edouard Clottu, agriculteur bio, Norbert Valley, pasteur et jardinier, Pierre Kientega, planteur burkinabé, Claude-Eric Robert, agriculteur bio et fondateur de l’ONG Jethro, Martine Hänni, maraîchère et Beat Waber, pionnier de l’agriculture biologique en Suisse.

Au cœur du débat sur l'agroécologie se trouve l'idée que le système de production actuel ne tient pas ses promesses à long terme et qu'il doit être remplacé par de nouvelles méthodes respectueuses de l'environnement. A cela, les défenseurs de l'agriculture classique répondent que l'agroécologie sans pesticides n'est pas une solution, parce que les rendements atteints sont trop faibles pour nourrir la population de notre planète.

Produire autrement et mieux

Le film « Les moissons du futur » présente des exemples d'agrolécologie tels que le « milpa » au Mexique, une polyculture traditionnelle qui combine maïs, haricots et citrouilles. Le maïs sert de tuteur aux haricots ; les haricot fixent l'azote de l'air et l'apportent au maïs ; les feuilles de citrouilles maintiennent l’humidité du sol ; les plantes sauvages qui poussent au milieu de ces cultures servent de fourrage à des animaux qui produisent du fumier et fertilisent le sol. 

Un autre exemple décrit la culture « push-pull » – pousser-tirer – sans pesticides, ni maïs transgénique, au Kenya. Deux plantes appelées "desmodium" et "herbe à éléphant" sont associées à la culture du maïs. Le desmodium agit comme répulsif contre la pyrale, un ravageur du maïs, et contre l'herbe des sorcières, une plante parasite. L'herbe à éléphant attire la pyrale et tue ses larves. Cette association assure une augmentation de la production de maïs, sans utilisation de pesticides.

Plusieurs exemples de la même veine montrent comment les cultivateurs, s'ils s'engagent sur la voie d'une agriculture respectueuse des équilibres naturels, peuvent restaurer une harmonie détruite par l'agriculture agrochimique et productiviste. Le film dénonce également la mainmise de grandes entreprises qui ont un intérêt financier à ce que la situation actuelle ne s'améliore pas.

Les intervenants au débat ont souligné des avantages de l'agroécologie, tels que la restauration des sols, la production en espaces réduits, la fertilisation au moyen de déchets organiques ou l'abandon de machines agricoles lourdes qui tassent inutilement les sols.

Quant à leurs motivations spirituelles, elles sont liées au respect des consommateurs par la production d'aliments saints. Un intervenant a également souligné que l'agroécologie remet au centre Dieu le Créateur. Elle restaure également une bonne gestion de la nature, telle que Dieu l'a confiée aux humains.

Claude-Alain Baehler

(1) Agroécologie : ensemble de modèles agricoles alternatifs visant à gérer les ressources naturelles en accord avec le développement durable.

Beat Waber était l’un des orateurs invités à la rencontre sur l’agroécologie à l’Eglise évangélique Lazare.

Mouvement StopPauvreté
Eglise évangélique Lazare

  • Encadré 1:
    Commentaire

    A la recherche du Paradis perdu

    De cette soirée très utile, nous sortons émerveillés en découvrant les possibilités de faire évoluer l'agriculture productiviste actuelle vers des méthodes bien plus respectueuses de l'environnement et des humains. Cela dit, le chemin vers une agroécologie suffisamment développée et organisée pour nourrir la planète semble encore long, tant les exemples donnés étaient locaux, microscopiques, éloignés des besoins d'une grande métropole ou d'un pays.

    Il semble également urgent, au vu de la pauvreté des arguments théologiques évoqués lors de cette soirée, de développer une véritable réflexion dans ce domaine. En particulier, afin de ne pas confondre une approche chrétienne et une approche New Age de l'écologie, il est vraiment nécessaire d'inclure la Chute (2) et ses conséquences dans la réflexion. Un détail certes… mais de taille !

    (2) La Chute, décrite dans le chapitre 3 de la Genèse, fait référence à la rupture qui s'est produite entre Dieu et les humains. L'entrée du péché dans le monde a bouleversé l'ensemble de la création. En pratique, cela signifie que les humains, du fœtus au vieillard, sont constitués d'une nature pécheresse, capables de belles choses, mais incapables d'agir, penser et croire de manière vraiment juste et bonne. La nature, quant à elle, souffre de dérèglements irrémédiables et définitifs. Leur ampleur peut et doit être limitée. Mais, quoi qu'ils fassent, les humains ne retrouveront jamais le Paradis perdu.

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