« Billy Graham aura marqué l’histoire ! »

mercredi 14 mars 2018

« Billy Graham est une des personnalités religieuses prépondérantes du 20è siècle, et ce sur plusieurs décennies. Il aura marqué l’histoire », estime le sociologue, théologien et pasteur évangélique Olivier Favre dans l’émission Babel de RTS Espace 2.

Suite à un extrait d’archives dans lequel l’Américain Billy Graham harangue les foules, Olivier Favre indique que la théologie évangélique de ce pasteur baptiste était tout à fait courante aux Etats-Unis à cette époque. Selon lui – il le soulignait dans l’émission Babel du 11 mars dernier – Billy Graham incarnait le cœur du message évangélique, « c’est-à-dire que l’homme est séparé de Dieu, et que Dieu, préoccupé de cette situation, a envoyé son fils pour une réconciliation », explique-t-il. Et pour Billy Graham, cette réconciliation nécessitait un choix personnel. Décédé le 21 février dernier à l’âge de 99 ans, il aura donc été un évangéliste au plein sens du terme, « soit un prédicateur de l’Evangile qui a voulu convaincre ses auditoires de la foi chrétienne et en particulier de la personne de Jésus-Christ. » Ses prédications ont toujours été suivies d’un appel à accepter la foi chrétienne. « Cela a caractérisé ses prédications dans lesquelles les évangéliques se reconnaissent tout à fait. Et d’autres protestants parfois un peu moins. »

-          On dit qu’il a été LA figure la plus populaire aux Etats-Unis depuis la Seconde Guerre mondiale : comment expliquer sa popularité ?

« Il a d’une part été en contact avec des propriétaires de médias, notamment en Californie, qui l’ont apprécié. En plus de ses prêches dans les stades, ses prédications ont ainsi été retransmises par les moyens audio-visuels de l’époque. C’était tout à fait innovant. Et puis il était consensuel et envisageait toujours ses grandes campagnes d’évangélisation en collaboration avec les catholiques, par exemple. Ces événements se voulaient rassembleurs de la façon la plus large possible. »    

-          Pourquoi n’a-t-il jamais créé une Eglise Billy Graham ?

« Il n’a pas fondé d’église, car il était probablement plus prédicateur-évangéliste que pasteur. Il était d’abord un homme de foule. Sa vocation était donc très différente. On l’a comparé à un pape protestant, et dans ce sens-là, il aura eu une influence considérable aux Etats-Unis, jusqu’auprès des présidents. »

-          Billy Graham venait du sud des USA. J’ai lu qu’il a toujours lutté contre le ségrégationnisme au côté de son ami Martin Luther King, mais aussi qu’il n’avait pas bougé en ce qui concerne les droits civiques des Noirs. Vous confirmez ?

« Billy Graham ne se percevait pas comme un prophète ou un révolutionnaire. Son objectif était simplement d’annoncer l’Evangile. Il s’est quand même positionné en défendant l’idée que tout être humain était d’égale importance devant Dieu, quelles que soient son origine et sa religion. Mais il n’a pas mené le même combat que Martin Luther King. Cela lui a été reproché, mais s’il l’avait fait, je pense que cela aurait été au détriment de son autre vocation. Je crois aussi qu’il a cherché avant tout à être plus rassembleur que contestataire. »

-          Pourquoi a-t-il pareillement lutté contre le communisme ?

« Sa position anti-communiste s’est inscrite dans son époque. Mais il aura été l’un des tout premiers pasteurs à se rendre en URSS. Il s’est même rendu en Corée du Nord. Donc il n’avait pas peur d’entrer dans des terrains a priori hostiles, avec toujours le même message. »

-          Qui a-t-il influencé ? A-t-il des fils spirituels ?

« Il a initié un mouvement qui s’appelle le Mouvement de Lausanne. Sous l’égide de l’Alliance évangélique, il a réuni des leaders pour que ceux-ci retrouvent notamment un zèle pour la mission. Cela a donné lieu à de grandes conférences, dont la dernière s’est tenue en Afrique du Sud il y a trois ou quatre ans. Et ça, c’est un héritage direct de Billy Graham. Il a réussi à faire se réunir des chrétiens évangéliques de différentes tendances, de différentes origines dans un but commun. »

-          Est-ce que la droite évangélique américaine, la droite « trumpienne », est à détacher de Billy Graham ?

« A mon avis, oui. Car plusieurs leaders évangéliques aux Etats-Unis sont très défavorables à Trump. Mais par contre, dans la population du Sud, il y a là un terreau favorable à Donald Trump ; Franklin, le fils de Billy Graham, est dans cette politique conservatrice de droite. Mais c’est un casse-tête pour les évangéliques américains, car d’un côté Trump semble défendre des valeurs conservatrices en termes de morale mais d’un autre côté, il a des positions difficiles à concilier avec l’Evangile. Ce n’est donc pas l’ensemble des évangéliques qui va le suivre. »

Gabrielle Desarzens

Une émission complète à écouter sur le portail RTSreligion.ch

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