Crissier : l'Eglise qui voulait sortir de ses murs

vendredi 20 novembre 2015

L’Eglise évangélique La Colline (FREE), à Crissier, développe un ministère parmi les migrants du centre d'accueil voisin depuis environ sept ans. Pour la communauté, l'expérience est formatrice.

« J'ai la conviction que chaque Eglise est appelée à répondre à des besoins spécifiques, explique Gaëlle Chanson, l'une des responsables du ministère parmi les migrants de l’Eglise évangélique La Colline (FREE), à Crissier. Il y a environ sept ans, en cherchant des possibilités pour l’Eglise de s'engager à l'extérieur, nous sommes tombés sur un centre qui accueille quelque 400 réfugiés à Crissier. » Des personnes de l’Eglise ont pris contact avec le directeur de ce centre géré par l'Etablissement vaudois d'accueil des migrants (EVAM). Le courant a passé et des liens de confiance ont été tissés.

Aujourd'hui, une équipe de six personnes gère les activités de l’Eglise auprès des migrants. Afin de ne pas devenir des « spécialistes des réfugiés » qui travaillent dans leur coin, cette équipe a décidé de ne pas former un groupe plus ou moins autonome, mais de n'organiser que des activités qui concernent toute l'Eglise.

Avec le temps, la communauté a évolué positivement en manifestant un intérêt croissant pour ce travail parmi les migrants. « La rencontre avec des étrangers n'est pas toujours simple au début, constate Gaëlle Chanson. Il faut trouver une langue commune, savoir quoi se dire, apprendre à se comprendre. Aujourd'hui, les choses se passent beaucoup plus naturellement qu'il y a sept ans. »

Des actions diverses

Comme les personnes hébergées au centre d'accueil de Crissier bénéficient de l'aide d'assistants sociaux et de professionnels de l'asile, l’Eglise évangélique propose des rencontres plus informelles, orientées vers le partage et l'amitié. En voici quelques exemples :

  • cultes suivis d'un repas ;
  • soirées multiculturelles avec un repas, des animations, des jeux, du sport et un temps spirituel – un témoignage ou la lecture d'un passage biblique ;
  • des camps de jour pour les enfants à Pâques et durant les vacances d'été ;
  • des animations sur le site du centre d'accueil ;
  • un petit camp organisé par les jeunes de l’Eglise et destiné aux jeunes du centre d'accueil ;
  • l'accompagnement individuel, spirituel et administratif de personnes qui tissent un lien avec l’Eglise.

Cependant, l’Eglise n'a pas réussi à intégrer des migrants dans des groupes de maisons. Lorsque ces groupes rassemblaient des Lausannois et des réfugiés, les préoccupations des uns et des autres étaient si différentes qu'il était difficile de les évoquer dans un même lieu. Et lorsque les groupes accueillaient essentiellement des migrants, c'est le manque de régularité au niveau de la participation qui posait problème.

« Grâce à cet engagement au service des migrants, nous vivons de beaux cheminements, se réjouit Gaëlle Chanson. Il y a parfois eu des déceptions, des désillusions. Mais nous désirons être ouverts sans être naïfs. Et nous pouvons partager notre foi de manière respectueuse, sans forcer quiconque. Cela ne pose presque jamais de problèmes, même avec les musulmans. Ils se disent que, en Suisse, il est normal d'être accueilli dans une Eglise. »

Publicité
  • Quand le Covid percute les jeunes déjà cabossés

    Quand le Covid percute les jeunes déjà cabossés

    Tatiana vit dans un foyer depuis plusieurs années. Elle ne peut rentrer le week-end chez ses parents, décédés il y a cinq ans. « C’est compliqué », dit-elle pour évoquer son quotidien avec la pandémie. Pour Roselyne Righetti, pasteure de rue à Lausanne qui la suit depuis sa naissance, ces jeunes doivent apprendre à ne pas perdre l’espérance. Cette rencontre croisée a donné lieu à une émission diffusée dimanche 30 mai dans Hautes Fréquences sur La Première.

    lundi 31 mai 2021
  • Les soirées masculines d’Alexandre Oehen

    Les soirées masculines d’Alexandre Oehen

    Se retrouver entre hommes, bière à la main, pour parler de ses émotions, voire de ses fragilités : des soirées ou des virées entre hommes font de plus en plus parler d’elles. Pourquoi ? Qu’est-ce qui s’y dit et s’y partage ? Alexandre Oehen, président du Conseil associatif de l’église apostolique CityLife Riviera à Vevey, organise des « soirées feu » depuis 2018 : « Parce que l’homme a tendance à mettre le couvercle sur ses émotions. Or il est précieux qu’il puisse ouvrir son cœur et pleurer comme n’importe quel être humain », a-t-il dit dimanche 18 avril dans l’émission Hautes Fréquences.

    mardi 20 avril 2021
  • Voyager ? Oui, mais autrement

    Voyager ? Oui, mais autrement

    Avec la pandémie, les gens du voyage se retrouvent bloqués dans leurs quartiers d’hiver. Grâce aux beaux jours qui reviennent, ils se déplacent en Suisse et espèrent franchir les frontières sous peu. Pour l’heure, leurs itinérances se font, du moins pour certains d’entre eux, en musique. Rencontre.

    lundi 15 mars 2021
  • Samuel Peterschmitt : « Mes temps de prière sont devenus merveilleux. »

    Samuel Peterschmitt : « Mes temps de prière sont devenus merveilleux. »

    Il y a un an, l’église alsacienne La Porte Ouverte de Mulhouse était accusée d’avoir répandu le coronavirus dans toute la France. Après avoir perdu plusieurs proches et été hospitalisé lui-même, le pasteur Samuel Peterschmitt témoigne aujourd’hui avoir développé son souci de l’autre. Et son envie de communiquer combien vivre sa foi en Christ au quotidien procure de la joie !

eglisesfree.ch

LAFREE.INFO

Instagram

Suivez-nous sur les réseaux sociaux !