Vivre la culture de l’erreur

Jean-René Moret, pasteur dans l’Eglise évangélique de Cologny (FREE) mercredi 15 novembre 2023

La « culture de l’erreur » qui consiste à ne pas sanctionner une erreur, afin de la démasquer et de la corriger, est particulièrement bénéfique dans les domaines où la sécurité doit continuellement être améliorée. Elle est également très présente dans la Bible. Le texte de Jean-René Moret, qui a paru dans le quotidien vaudois « 24 heures », nous propose ici une intéressante démarche apologétique.

L’étude d’un accident de la Patrouille Suisse survenu en 2016 a soulevé le manque d’une culture de l’erreur. Une telle culture signifie que celui qui commet une erreur, comme une infraction à des règles de sécurité, peut l’annoncer immédiatement sans craindre d’être sanctionné. Ce protocole permet d’identifier les erreurs courantes et de travailler à les éviter ou à les pallier.

A l’inverse, un fonctionnement où toute erreur fait l’objet de sanction conduit à garder les impairs sous le tapis, sans rien en apprendre. La culture de l’erreur est reconnue comme améliorant le fonctionnement et la sécurité des domaines où elle s’applique. Elle est particulièrement importante dans les domaines de haute sécurité, comme le milieu médical, le nucléaire ou l’aviation.

Le principe a un long pedigree puisque, bien des siècles avant notre ère, le livre des Proverbes dans la Bible déclarait déjà : « Rien ne réussit à celui qui cache ses fautes, mais celui qui les avoue et y renonce est pardonné ».

Un principe voulu par Dieu

L’idéal de la culture de l’erreur gagne du reste à être appliqué au-delà des domaines techniques et sécuritaires. Ainsi, dans le domaine politique, on gagnerait à ce que nos édiles abandonnent l’attitude où toute allégation de mauvais comportement est niée jusqu’à ce que les preuves deviennent indéniables. Un dirigeant qui reconnaîtrait ses torts et donnerait des signes crédibles d’en revenir inspirerait davantage confiance que les spécialistes du « damage control ».

Et, individuellement, nous commettons tous des fautes et des impairs, que ce soit dans les relations amicales, familiales ou conjugales. Des relations saines passent par la possibilité et l’habitude de reconnaître ses torts, sans craindre de perdre toute relation. Mais le principe est toujours porteur d’une tension. N’est-il pas trop facile d’échapper à la sanction par l’aveu ? Ne risque-t-on pas de donner un blanc-seing pour mal agir ? Le mal ne mérite-t-il pas sanction ?

La foi chrétienne offre un regard particulier sur ces questions. Dans le récit chrétien, les mauvaises actions méritent intrinsèquement une sanction, et personne ne pourrait être trouvé innocent devant le tribunal de Dieu. Mais dans son amour, Dieu a le désir de pardonner les coupables. Il vient alors lui-même en la personne de Jésus-Christ. A Pâques il meurt sur une croix d’une mort ignominieuse, en prenant sur lui la sanction méritée par les fautes de l’humanité. Alors le pardon est ouvert pour celui qui se détourne de ses fautes, mais la gravité du mal est reconnue, puisqu’elle a tout coûté à Dieu. Se reconnaître pardonné par Dieu encourage à faire preuve de la même grâce envers ceux qui nous ont fait du tort.

Reconnaître ses torts, changer et pardonner est profitable pour tous, indépendamment des convictions. Mais dans l’optique chrétienne, ces attitudes sont naturelles et découlent de qui Dieu est et de ce qu’il a fait. L’héritage chrétien offre un fondement pour une culture de l’erreur bien vécue, mais il vaut la peine d’y voir plus qu’un héritage !

Opinion - avertissement

Les signataires de ces textes sont soit des membres de l’équipe de rédaction de lafree.ch soit des personnes invitées.
Chacun s’exprime à titre personnel et n’engage pas la FREE.

Publicité

Twitter - Actu évangélique

Journal Vivre

Opinion

Opinion

TheoTV (mercredi 20h)

20 janvier

  • «La terre, mon amie» avec Roger Zürcher (Ciel! Mon info)
  • «Repenser la politique» avec Nicolas Suter (One’Talk)

27 janvier

  • «La méditation contemplative» avec Jane Maire
  • «Vivre en solobataire» avec Sylvette Huguenin (One’Talk)

TheoTV en direct

myfreelife.ch

  • « J’ai été un bébé volé du Sri Lanka »

    Ven 03 novembre 2023

    Il y a quelques années, un trafic d’enfants proposés à l’adoption à des couples suisses secouait l’actualité. Sélina Imhoff, 38 ans, pasteure dans l’Eglise évangélique (FREE) de Meyrin, en a été victime. Elle témoigne avoir appris à accepter et à avancer, avec ses fissures, par la foi. Et se sentir proche du Christ né, comme elle, dans des conditions indignes. [Cet article a d'abord été publié dans Vivre (www.vivre.ch), le journal de la Fédération romande d'Eglises évangéliques.]

  • Des choix porteurs de vie

    Ven 22 septembre 2023

    Abandonner la voiture et emménager dans une coopérative d’habitation ?... Deux couples de l’Eglise évangélique (FREE) de Meyrin ont fait ces choix qu’ils estiment porteurs de vie. « Le rythme plus lent du vélo a vraiment du sens pour moi », témoigne Thiéry Terraz, qui travaille pour l’antenne genevoise de Jeunesse en mission. « Je trouve dans le partage avec mes voisins ce que je veux vivre dans ma foi », lui fait écho Lorraine Félix, enseignante. Rencontres croisées. [Cet article a d'abord été publié dans Vivre (www.vivre.ch), le journal de la Fédération romande d'Eglises évangéliques.]

  • Vivian, une flamme d’espoir à Arusha

    Jeu 15 juin 2023

    Vivian symbolise l’espoir pour tous ceux que la vie malmène. Aujourd’hui, cette trentenaire tanzanienne collabore comme assistante de direction au siège de Compassion à Arusha, en Tanzanie. Mais son parcours de vie avait bien mal débuté… Nous avons rencontré Vivian au bureau suisse de l’ONG à Yverdon, lors de sa visite en mars dernier. Témoignage.

  • Une expérience tchadienne « qui ouvre les yeux »

    Ven 20 janvier 2023

    Elle a 19 ans, étudie la psychologie à l’Université de Lausanne, et vient de faire un mois de bénévolat auprès de jeunes de la rue à N’Djaména. Tamara Furter, de l’Eglise évangélique La Chapelle (FREE) au Brassus, a découvert que l’on peut être fort et joyeux dans la précarité.

eglisesfree.ch

  • Un·e responsable des finances (10%)

    Lun 29 janvier 2024

    Plus grande fédération d’Eglises évangéliques en Suisse romande, la FREE offre un cadre de travail dynamique et défiant, en lien étroit avec les autres acteurs du milieu chrétien évangélique romand, suisse et international. Dans ce cadre, la FREE recherche un·e responsable des finances.

  • Rencontre générale : une fédération utile

    Mer 29 novembre 2023

    La Rencontre générale du 25 novembre 2023 a permis de remercier Stéphane Bossel pour 23 ans d’engagements divers et importants dans la FREE. Elle a aussi permis à l’équipe de direction de partager quelques priorités, notamment le sens, les valeurs et la plus-value que la FREE peut offrir aux Eglises.

  • Rencontre générale de la FREE : l’équipe de direction souffle sa première bougie

    Sam 08 avril 2023

    La Rencontre générale de la FREE, qui a eu lieu le 1er avril 2023 à Aigle, a permis à la nouvelle équipe de direction de dresser un bilan, après tout juste une année de fonctionnement. Et ce qui saute aux yeux, c’est le grand nombre des défis à relever.

  • FREE : une première « Journée stratégique »

    Ven 03 février 2023

    Les personnes qui exercent un rôle dans la FREE se sont réunies en janvier pour réfléchir à la mise en œuvre de la nouvelle « gouvernance à autorité distribuée » (1). Retour sur une « Journée stratégique » conviviale et studieuse.

eglise-numerique.org

point-theo.com

Suivez-nous sur les réseaux sociaux !