Karin et Eric Stauffer : à plein temps au service des couples en difficulté

vendredi 15 janvier 2021

Loin de songer à la retraite, Karin et Eric Stauffer quittent leur ministère pastoral dans l’Eglise évangélique des Uttins (FREE), à Yverdon-les-Bains, et se lancent à plein temps dans « Couple à cœur », un ministère d’accompagnement de couples chrétiens en difficulté.

 

A Yverdon-les-Bains, Karin et Eric Stauffer ont décidé de quitter leur ministère pastoral dans l’Eglise évangélique des Uttins (FREE) pour se lancer à plein temps dans « Couple à cœur », un ministère d’accompagnement et d’aide en faveur des couples en difficulté. A un âge – environ la soixantaine – où certains songent à glisser doucement vers la retraite, eux se lancent, sans salaire assuré, dans une nouvelle aventure.

« En fait, je ne me verrais pas exercer à trente ans ce ministère auprès des couples, explique Eric. Pour un tel travail, l’âge est un atout. » « Parmi les cent cinquante couples que nous avons déjà aidés durant ces onze dernières années, certains comptaient deux ans de mariage et d’autres quarante sept ans, renchérit Karin. Du coup, nous étions heureux de bénéficier d’une longue expérience de la vie. »

Pour Karin et Eric Stauffer, ce changement dans leur vie arrive au bon moment : cela convient à l’Eglise et leur permet également d’être libérés des tensions liées à plusieurs engagements à temps partiel. « Et, en plus, nous voyons la main de Dieu sur ce projet, se réjouit Eric. Depuis le mois de mai, notre agenda est rempli. Nous allons travailler à cent pourcent jusqu’à la fin de l’année. »

Karin et Eric exercent leur ministère « Couple à cœur » dans le cadre du Centre de relation d’aide chrétienne du Nord-vaudois – « Le large » – à Yverdon-les-Bains. Ils proposent deux démarches différentes : soit un accompagnement composé de rencontres régulières, toutes les deux ou trois semaines, soit un accompagnement intensif d’une semaine. Dans ce cas, le couple est accueilli chez un couple hôte qui assure toute la partie hôtelière, il vit une trentaine d’heures d’entretien avec Eric et Karin, il passe aussi des moments en prière, à l’écoute de Dieu.

Des couples chrétiens en danger

Les bénéficiaires de cet accompagnement sont des couples chrétiens. « Jusqu’à présent, il s’agissait surtout de couples pastoraux, missionnaires ou dans un ‘ministère’, précise Eric. Mais nous élargissons notre offre à tous les couples chrétiens. Ils arrivent généralement en expliquant qu’ils ont un problème de communication et ne s’entendent plus. Souvent, nous constatons que l’origine du problème est lointaine, et que la situation s’est détériorée très progressivement. »

Cette détérioration se manifeste par un manque de respect envers le conjoint. Par exemple, madame aimerait parler de l’une de ses passions, mais monsieur ne s’y intéresse pas. Lorsque madame prend la parole, monsieur se lève et va à son ordinateur. Il ne se comporterait pas ainsi avec une autre personne. Ce genre de situation altère l’ensemble de la communication. « Ce sont des conjoints qui n’écoutent pas ce que l’autre dit, explique Karin. Ou alors ils rentrent à la maison sans saluer. Ou encore, monsieur le pasteur met six mois à planter le clou dont madame a besoin... alors qu’il est toujours disponible pour les membres de son Eglise. Ce sont des épouses de pasteurs qui se plaignent parce que le ministère a ‘volé’ leur mari. Ce sont des pardons non accordés, des rancœurs qui se sont accumulées. »

Nous rencontrons des pasteurs qui peinent à placer les bonnes priorités dans leur vie. Leur ministère prend la place de Dieu, et leurs relations avec Dieu et leur famille s’en ressentent.

De telles difficultés sont aggravées par la pression que chacun subit dans notre société moderne : des sollicitations trop nombreuses, du stress qui mène parfois au burn-out. Les conjoints perdent la capacité de choisir « une vie riche d’œuvres bonnes que Dieu a préparées d’avance » (Ep 2.10) et se laissent tyranniser par des sollicitations injustes. « Les ordinateurs et les Natels constituent un gros défi dans ce domaine, relève Karin. Sans compter la pornographie, si facile à consommer grâce à ces appareils ! »

Comme un échafaudage autour d’un bâtiment à réparer

Les semaines intensives ne sont pas des séminaires ou des conférences. Ce sont des lieux de partage adaptés à la situation de chaque couple. Et les pasteurs ne sont pas les derniers à s’exprimer : ils ont enfin la possibilité de sortir de la solitude liée à leur ministère. « Il n’y a pas de programme pré-établi, précise Karin. Nous entrons dans une discussion qui est adaptée en fonction des besoins. »

Eric et Karin comparent leur ministère à un échafaudage autour d’un bâtiment à réparer. « Durant les entretiens, Dieu utilise cet échafaudage pour travailler au sein d’un couple, explique Eric. Ensuite, l’échafaudage est retiré et le couple repart accompagné par Dieu. C’est une image de notre travail. »

Une semaine intensive coûte cher : elle comprend un hébergement en pension complète et deux thérapeutes. De plus, les couples qui participent aux semaines intensives viennent en majorité de l’étranger et n’ont que des moyen financiers limités. « Nous sommes bien conscients qu’un pasteur n’a souvent pas les moyens de se payer une telle semaine, reconnaît Karin. Mais nous refusons d’accepter les couples en fonction de leurs moyens financiers. » 

Du coup, les thérapeutes ne présentent pas de factures et laissent les couples payer en fonction de leurs moyens. Certains font des dons ponctuels, d’autres donnent une partie de leur treizième salaire, d’autres encore font des dons réguliers. Eric se souvient : « Un couple est reparti en nous laissant un don symbolique. Puis, quelques années plus tard, il a commencé de nous soutenir fidèlement. » 

Le ministère de Karin et Eric est donc soutenu par une équipe de donateurs et d’intercesseurs. Ces derniers reçoivent régulièrement des nouvelles et des témoignages. Ils sont ainsi encouragés dans leur intercession.

 

Informations à propos de « Couple à cœur » : www.couple-a-coeur.org.
Courriel : couple-a-coeur@lelarge.ch.

 

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