Reconnaissance d’intérêt public dans le canton de Vaud : les responsables évangéliques invités à retourner à l’école

Serge Carrel jeudi 04 juillet 2019

Les responsables des Eglises évangéliques qui demandent la reconnaissance d’intérêt public dans le canton de Vaud doivent retourner à l’école. Pour accompagner le processus de reconnaissance, l’Etat met en place une formation continue organisée en partenariat avec l’Université de Lausanne par deux représentants de la Commission consultative en matière religieuse. « Ce cursus est fortement recommandé pour les responsables religieux » qui demandent la reconnaissance : anglicans, catholiques chrétiens, musulmans et évangéliques, précise un document de présentation.

« L’idée de cette formation est géniale, lance Christine Volet, coprésidente de la Fédération évangélique vaudoise (FEV) et responsable dans le cadre de l’Armée du Salut, mais nous aurions aimé davantage de concertation et une manière moins paternaliste de proposer les choses ! » Le 2 juillet, l’Etat de Vaud a présenté la formation mise en place pour les responsables des communautés religieuses qui sollicitent la reconnaissance d’intérêt public dans le canton de Vaud. Des modules de 5 heures de formation vont être organisés dans le cadre de l’UNIL, sur 8 jeudis de 16h à 21h d’octobre à mai, avec deux présentations introductives autour de « Citoyenneté, libéralisme et Etat de droit » et « Panorama des religions ». Puis 6 rencontres permettront une plongée dans les diverses traditions religieuses du canton : protestantisme réformé, catholicisme romain, judaïsme, islam… Chaque Eglise évangélique locale impliquée dans la démarche de reconnaissance devrait envoyer un représentant: un responsable spirituel ou administratif.

Avec un examen oral en final !

Le tout s’inscrit dans la formation continue dispensée par l’EPFL et l’Université de Lausanne. Ce cursus sera validé par un examen oral d’une vingtaine de minutes à partir d’une évaluation de la formation qui aura été rédigée par le participant.

« Nous saluons la mise en place de ce cursus, complète Christine Volet de la FEV, mais nous aurions aimés être consultés préalablement, notamment pour permettre à des responsables de nos Eglises ou d’autres communautés religieuses de bénéficier d’une reconnaissance de leurs acquis. » Il est en effet surprenant de penser que des pasteurs évangéliques, nés en Suisse et ayant bénéficié d’une formation à la Faculté de théologie de Lausanne ou de Genève, doivent suivre une telle formation. La coprésidente de la FEV déplore aussi que le 2 avril 2020 « l’histoire et les données de l’évangélisme » seront présentées par un adventiste, professeur à la Faculté adventiste de Collonge-sous-Salève en France. « On aurait pu proposer d’autres personnes, romandes, tout aussi compétentes, et qui disposent de tous les titres nécessaires pour présenter la tradition évangélique. »

Une ouverture loin d’être unanime

Du côté de la FEV, Christine Volet assure qu’une première liste de candidats est en préparation. Celle qui travaille les questions de justice sociale dans le cadre de l’Armée du salut au plan suisse est prête à suivre cette formation. Comme d’autres évangéliques intéressés, elle présentera sa candidature accompagnée d’une lettre de motivation, d’un CV et d’une lettre de recommandation de la FEV.

Au sein de la FEV ou des responsables d’Eglises évangéliques, cette ouverture de la coprésidente est loin d’être partagée par tout le monde. Certains ont l’impression que l’Etat de Vaud construit un programme de formation pour des responsables religieux immigrés, sans guère de connaissances du tissu socio-politique helvétique. D’autres soulignent que leur cursus de formation les a déjà suffisamment sensibilisés aux conditions de l’Etat de droit en Suisse et à l’interreligieux, sans devoir encore consacrer une quarantaine d’heures et 1200 francs à une telle formation.

« L’Eglise catholique nous a dit qu’elle enverrait notamment certains de ses prêtres venus d’Afrique, d’Asie ou de Pologne », tempère Pierre Gisel, professeur honoraire de la Faculté de théologie et de sciences des religions de Lausanne et coorganisateur de la formation avec le sociologue Philippe Gonzalez et l’historien de l’islam Wissam Halawi.

Pas simplement un partage des « cuisines du monde » !

L’important pour ce « poids lourd » de la Commission consultative en matière religieuse (CCMR) en charge des demandes de reconnaissance, c’est de constituer un premier groupe de 20 à 25 personnes, issu des diverses composantes religieuses du canton, y compris des pasteurs réformés, pour permettre une véritable formation à la culture politique et religieuse vaudoise. « Il ne s’agit pas d’un simple « partage des cuisines » du monde, complète-t-il. Alors certes, nous partagerons durant chaque module un repas adapté aux diverses traditions, mais nous souhaitons aussi traiter des questions religieuses délicates, en lien avec chacun des mouvements qui sera présenté. »

Pierre Gisel ajoute que cette proposition de formation découle d’une obligation légale en lien avec la reconnaissance d’intérêt publique. L’ensemble a été arrêté en séance commune avec les deux conseillères d’Etat Béatrice Métraux et Cesla Amarelle. Pour lui donner une dimension certifiante dans un cadre universitaire, il a fallu ponctuer le tout d’un examen.

Serge Carrel

La présentation de ce cursus sur le site de la formation continue de l’UNIL et de l’EPFL ainsi que la « brochure de présentation ».

Ne manquez pas le dossier de lafree.info sur le thème de la reconnaissance d'intérêt public dans le canton de Vaud.

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