Liban : une marche en faveur du mariage civil

mardi 03 mars 2015

Environ un millier de personnes ont manifesté dimanche 1er mars à Beyrouth, au Liban, en faveur du mariage civil. Ils ont laissé éclater leur colère devant le siège du Ministère de l’intérieur.

 

Au Liban, le mariage est, de façon traditionnelle, toujours régi par les 18 confessions reconnues dans le pays. Cette situation signifie concrètement pour les couples mixtes soit la conversion de l’un des deux partenaires à la religion de l’autre, soit un mariage à l’étranger. Chypre est en l’occurrence la principale destination des Libanais pour contracter un mariage civil. Actuellement, on est toutefois dans une nébuleuse puisqu’en 2013 un couple a réussi pour la première fois à faire enregistrer son mariage civil de façon légale au pays des Cèdres. Pour Nidal, chiite, et Khouloud, sunnite, l’union religieuse n’était pas une option. Depuis cette première, d’autres couples se sont dit oui devant le notaire, mais le Ministère de l’intérieur refuse de leur délivrer les actes de mariage civil ainsi que les certificats de naissance des enfants qu’ils ont eus. C’est notamment ce qui a provoqué la colère des manifestants dimanche.

Opposition des chefs spirituels

Si le politique et le religieux sont étroitement liés au Liban, plusieurs tentatives de faire voter une loi qui permette que le statut personnel ne soit plus régi par les communautés religieuses ont vu le jour. Mais elles n’ont jamais été approuvées, notamment à cause de l’opposition des chefs spirituels. Pour l’autorité sunnite, par exemple, tout responsable musulman qui approuve la légalisation du mariage civil est considéré comme apostat et traître à la religion musulmane. Le cheikh sunnite Mohammad Rachid Kabbani a promis au contrevenant une sanction sans appel : « Il ne sera ni lavé, ni mis dans un linceul et ne recevra pas les prières à sa mort, ni ne sera enterré dans les tombes des musulmans. »

Un Etat « laïc moderne »

Le mariage civil séduit toutefois non plus seulement les couples mixtes, mais aussi les futurs mariés de même confession. C’est notamment le cas de ceux qui prônent la mise en place d’un Etat « laïc moderne ». Le soutien populaire à cette formule s’exprime au quotidien sur les réseaux sociaux et sur internet. Autre nouveauté : les Libanais sont toujours plus nombreux à se marier civilement à l’étranger aussi pour des raisons de sécurité, notamment depuis la guerre en Syrie. Les professionnels du tourisme et de l’événementiel sont d’ailleurs de plus en plus nombreux à proposer des « mariages clé en mains » à l’étranger. Les destinations proposées se multiplient : à Chypre sont venues s’ajouter la Croatie, les îles grecques, la Turquie ou encore l’Italie.

Gabrielle Desarzens

Ecouter cette chronique Juste ciel du 2 mars sur RTS La Première.

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