La grippe A s’invite à l’Eglise. Parcours en milieu évangélique romand

vendredi 25 septembre 2009

Remplacement de la coupe au profit de petits gobelets individuels, voire suppression pure et simple de la sainte cène : les Eglises évangéliques de Suisse romande sont elles aussi touchées par la grippe A H1N1. Elles appliquent cependant les recommandations prônées par leurs autorités respectives dans un joyeux désordre.

La grippe A progresse en Suisse, mais le seuil épidémique, contrairement en France voisine, n’a pas encore été franchi. Inutile pour l’heure d’interdire les rassemblements religieux, comme cela a été le cas au Mexique en avril dernier. Mais le virus peut très vite se propager dans les lieux de culte : il peut suffire d’un simple éternuement, d’une toux, de se toucher ou de se passer des objets sans précaution pour être contaminés... Si la prévention se fait par les canaux officiels dans les écoles, elle se fait de façon quelque peu anarchique dans les églises, où l’on trouve une grande diversité de pratique.

A Neuchâtel, on relaye les mesures officielles
« Il ne suffit pas de se proclamer chrétiens et par conséquent protégés d’un virus : Dieu nous a donné une intelligence pour agir », estime le pasteur Michel Gentil de l’Eglise évangélique La Rochette, à Neuchâtel. Son conseil d’anciens a suivi ce qui se fait dans les lieux publics « par respect pour les ordonnances cantonales et fédérales » et affiché les mesures de prévention officielles dans les locaux même de l’église (voir encadré). Pour l’heure, les membres de la communauté continuent à prendre la sainte cène de façon coutumière et se font la bise habituelle à l’entrée et à la sortie du culte. « Mais on suit ce qui se passe. Nos jeunes ont fait des sketchs de prévention début septembre en montrant par exemple de nouvelles manières de se saluer, mais c’était en prévision d’un combat ouvert contre la pandémie qui n’est pas d’actualité. »

A La Chaux-de-Fonds, plus de cène!
A quelques kilomètres de là, l’église évangélique libre de La Chaux-de-Fonds a tout bonnement supprimé la cène depuis la rentrée scolaire, en août dernier. « Pour respecter les sensibilités de chacun, éviter les craintes et les tensions », explique son pasteur Charles-André Geiser. Dans ce même souci, d’autres Eglises offrent conjointement la possibilité à leurs membres de boire le vin à la coupe ou dans de petits gobelets individuels : les 2 circulent dans l’assemblée. Ce qui était déjà le cas à l’Eglise apostolique évangélique de Sion et où rien n’a été entrepris encore dans un but de prévention. « Mais nous avons évoqué en petit comité l’idée de parler à tous les membres de questions de prophylaxie », indique le pasteur Laurent Bürki. Non sans souligner que plusieurs personnes sont très attachées à ce symbole de communion que représente la coupe et le pain rompu, puis partagé.

Pain précoupé et petits gobelets
Dans l’Eglise évangélique des Uttins, à Yverdon-les-Bains, les membres se rendent désormais les uns derrière les autres vers l’avant-scène pour prendre un petit gobelet et le jeter tout de suite dans une poubelle sitôt le breuvage ingurgité... Autre innovation dans certains lieux de culte : le pain est désormais précoupé et ne se rompt plus.
Les mesures prises sont donc multiples pour se prévenir du virus grippal dans les Eglises, qui optent entre le tout et rien. Certains lieux de culte en effet n’ont pris encore aucune mesure particulière.
La grippe A H1N1 en Suisse, ce sont 1141 cas confirmés et enregistrés à mi septembre.

Gabrielle Desarzens

Plus d'infos, le site officiel de la Confédération. Voir aussi les mesures pour se protéger.

  • Encadré 1:

    Du côté des Eglises réformée et catholique
    Du côté des réformés, le Conseil synodal du canton de Vaud a demandé à ses ministres d’éviter désormais que la coupe de vin ne circule, afin que le breuvage ne se transforme pas en dangereux bouillon de culture. Il a recommandé aux officiants de tremper les morceaux de pain dans la coupe et de les tendre aux fidèles en évitant que les doigts ne se touchent. Il a également suggéré de distribuer le vin dans de petits gobelets, voire, carrément, de renoncer à la cène. 
L’Eglise catholique cogite pour sa part sur les mesures à prendre pour enrayer la progression du virus. Des instructions officielles devaient être rendues prochainement. 
Là également, la façon de célébrer l’eucharistie pourrait être revue et corrigée. Quant à l’eau des bénitiers, elle semble elle aussi en sursis : les vider serait une mesure simple et peu dommageable.
    G.D.

  • Encadré 2:

    Commentaire: Une communion, vraiment ?
    La sainte cène est un signe évident de communion avec d’autres chrétiens : « Faites ceci en mémoire de moi. » Le pain se rompt et se partage, la coupe se passe de main en main. La prudence exprimée actuellement dans les lieux de culte autour du pain et du vin peut laisser songeurs quant au sens que peut encore revêtir une communion prise finalement sans plus de signe véritable de... communion !
    G.D.

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