Je crois en Dieu le Fils

jeudi 11 octobre 2007
Le Dieu invisible s’est fait connaître en Jésus-Christ. Cette affirmation centrale de la foi chrétienne nous concerne et nous touche dans notre vie de foi. Réjouissons-nous donc en abordant le point «Dieu le Fils» de la Confession de foi de la FREE. Il y a de quoi! C'est Jean Villard, professeur de philosophie en retraite, qui nous pilote dans cette exploration.

Dieu: cet être si différent de nous, invisible, inaccessible... Ce que nous pouvons entrevoir de lui, à partir de la nature et de notre pensée, est bien vague et incertain: nous pouvons dire ce qu’il n’est pas, plutôt que ce qu’il est. Il n’est pas confiné dans l’espace et le temps, il n’est pas menacé par des puissances supérieures, il n’est pas compromis avec le mal.
Mais qui est-il? Nous aimerions tant le percevoir! Or voici la réponse bouleversante, donnée autrefois par Jésus à Philippe, son disciple: «Celui qui m’a vu a vu le Père» (Jn 14.9). L’être invisible devient visible! Il se manifeste, il produit (1) une image: son Fils.

Le Fils, image de Dieu
Ce Fils n’est pas issu d’un acte de procréation, comme celui que bien des religions païennes
attribuent à leurs faux dieux: en s’unissant à des mortelles, ils auraient engendré des héros. Quand nous disons que le Fils a été «engendré», nous l’entendons au sens figuré: c’est avant la fondation du monde que le Fils est issu du Père, par un acte qui dépasse notre compréhension. Un acte qui diffère radicalement de la création de l’univers et des êtres qui le peuplent.
Ce Fils éternel est intervenu dans notre histoire par l’action de l’Esprit saint: il s’est incarné dans (2) la personne de Jésus. En langage biblique, le «fils» est celui qui agit et qui parle comme son «père». Les paroles de Jésus et son comportement nous rendent présent Dieu lui-même. Nous savons désormais que le Tout-Puissant n’est pas un potentat drapé dans sa majesté et qui attendrait qu’une élite parmi les hommes monte vers lui, à force de rites, d’ascèse et de méditation. Non: il est celui qui s’abaisse vers les plus démunis et vers les coupables pour les libérer du mal et les combler de sa présence aimante.

Il a fallu qu’il meure
Jésus-Christ ne se fait pourtant pas d’illusion. Il ne dit pas: «Tout le monde il est gentil...» Au contraire, sa vie fait ressortir par contraste l’horreur du mal que nous commettons. Mais alors, n’est-il pas impossible que le Dieu saint devienne l’ami des pécheurs? Seul un amour qui nous dépasse infiniment pouvait triompher de cette impossibilité. Le Fils de Dieu se fait le représentant de toute l’humanité, il est comme un nouvel Adam. Et en la représentant, il prend sur lui tout le mal commis par les hommes. Il appelle sur lui le châtiment qui devrait les frapper.
La grâce de Dieu est en effet tout autre chose qu’une molle indulgence, qui équivaudrait à l’approbation du péché et des atrocités qu’il produit. L’amour de Dieu pour tous les hommes implique sa colère contre tous les êtres, visibles ou invisibles, qui blessent, aliènent ou tuent ses bien-aimés. En portant la peine de notre péché, Jésus montre qu’il s’est réellement identifié à l’humanité. Il est devenu «vrai homme». N’imaginons pas que, vu sa nature divine, il était facile pour lui de marcher sur le chemin de la croix! Il s’est dépouillé des privilèges de la condition divine et il a vécu la détresse la plus profonde qu’un homme puisse connaître. J’irais même plus loin: il a vécu une détresse d’une profondeur qui dépasse tout ce qu’un être humain n’aura jamais pu connaître.
Et pourtant, mystérieusement, le Père était avec lui, dans ses souffrances et sur la croix. C’est parce que Jésus est aussi «vrai Dieu» qu’il a pu opérer la réconciliation avec le monde (2 Co 5.19).
Jésus, le seul juste, sans péché, a pu donner son sang, sa vie, au Dieu saint. Son sacrifice a été l’offrande agréée du Père. Et comme Jésus représente l’humanité, une humanité désormais purifiée, cette offrande permet aux hommes d’être agréés de Dieu et de vivre en communion avec lui.
La croix du Christ est riche de significations, que nous ne saisissons qu’en partie. Le Christ est à la fois la victime et le grand-prêtre, l’Agneau et le Lion de Juda, le Serviteur souffrant et le Roi, l’intercesseur et le médiateur...

Il est vivant!
Ce qui fait la joie des chrétiens est aussi la vérité la moins comprise et la moins admise dans notre monde. Christ est ressuscité: ce n’est pas un sentiment, c’est un événement. Pourtant, personne n’a assisté au moment où Jésus a repris vie. Mais de nombreux témoins l’ont vu, entendu et même touché, lors des semaines qui ont suivi. Parmi ces témoins, il n’y avait aucun incroyant: le Seigneur montre par là qu’on ne peut pas faire l’économie de la foi; il n’a pas voulu, par un miracle éclatant, forcer les incrédules à croire en lui. Le Ressuscité n’était d’ailleurs pas une sorte d’esprit ou de spectre, ni une figure de rêve: le tombeau est resté vide, et c’est pourquoi l’Eglise affirme que Jésus est ressuscité corporellement; il ne s’agit pas d’une âme qui se serait détachée de son enveloppe terrestre.
C’est toute la personne de Jésus qui a repris vie. Il faut toutefois comprendre que son corps glorifié est radicalement différent de nos corps actuels: il est libre d’apparaître et de disparaître comme il veut, il ne peut être retenu ni dans nos bras ni dans nos pensées. La résurrection instaure quelque chose de nouveau, elle n’est pas un retour en arrière – alors que la réincarnation, à laquelle croient bien des gens autour de nous, non seulement en Inde, est un retour en arrière, dans ce monde que le bouddhisme et les religions apparentées considèrent comme un lieu de misères et de souffrances perpétuelles.

Il règne et régnera!
La résurrection du Christ prouve qu’il est pleinement le Fils de Dieu et que son œuvre est parfaitement efficace. Sa résurrection inaugure son règne, qui a déjà commencé, mais d’une manière que la foi peut seule percevoir. Cette foi permet aussi, dès maintenant, de combattre victorieusement les adversaires invisibles, par l’autorité du Seigneur. Elle permet de créer des espaces communautaires où s’ébauchent des relations fraternelles qui préfigurent le Royaume qui vient. Quand nous disons que le Christ est monté au ciel, nous ne disons pas qu’il est désormais très loin de nous. Au contraire, il est, en un sens, plus proche de chacun que lors de son ministère terrestre. Car dans le langage biblique, le «ciel» est une image pour désigner la demeure de Dieu: ce «lieu», qui n’est pas situé dans l’espace astronomique, mais d’où le Seigneur «voit» tous les hommes (Ps 33. 13-15). L’ascension rend possible un dialogue de Jésus avec ses disciples, en tout lieu et en tout temps. Ce dialogue entretient en nous la soif de le voir, de le connaître comme il nous connaît. En effet, nous attendons l’avènement de notre Roi: alors, manifestement, visiblement, il soumettra toutes les puissances adverses et fera vivre tout l’univers dans la joie de l’amour.

Jean Villard

Notes:
1 Ou plutôt: «offre»; le terme «produit» me gêne un peu, par sa connotation économique, mais c’est une question de sensibilité plus que de fond.
2 Ou plutôt: «en la personne de Jésus»; le «dans» pourrait laisser une possibilité que ce ne se soit passé qu’en cours de route.

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