Un projet de Haute école de théologie protestante est aujourd’hui en discussion entre Eglises et lieux de formation en Suisse romande. S’il fait l’objet de discrètes bilatérales, un journaliste suisse alémanique a défloré l’information au public en lâchant le sujet mardi en ligne et en titrant tout de go : « Une Haute école protestante pour la Romandie ». Le projet est cependant encore en phase exploratoire et les responsables d’Eglises ne sont pas tous au courant.
Selon le document conceptuel qui circule actuellement pas à pas dans les synodes et lieux de formation théologique, cette Haute école de théologie protestante, HET-PRO, entend former de futurs théologiens, ministres et responsables voulant travailler au sein des Eglises chrétiennes et au bien commun de la société. La proposition de ce projet de formation présente une école dont le but est de transmettre la foi chrétienne de façon fidèle et créative, de même que l’héritage judéo-chrétien qui est celui de la Suisse et de l’Occident.
Un projet fédérateur
A y regarder de plus près, on comprend que deux mondes aujourd’hui distincts sont concernés par la formule en Suisse romande : d’une part le monde académique type réformé qui manque cruellement d’étudiants, avec la menace d’une pénurie de pasteurs au bout du compte ; de l’autre, les instituts de formation évangélique comme Emmaüs à St-Légier, qui sont en recherche d’une reconnaissance de type universitaire qui leur fait actuellement défaut.
Réformés et évangéliques entreraient dans une relation de partenariat et auraient tout à gagner dans cette nouvelle formule de type HES. C’est du moins ce que croient les instigateurs du concept, avec à leur tête l’ancien président de l’EPFL et du Conseil synodal vaudois Jean-Claude Badoux.
Amour pour Dieu et sa Parole
La HET-PRO offrirait une formation de base, avec bachelor et master, et une formation continue avec perfectionnement professionnel. Au niveau des valeurs fondamentales qui sous-tendent ce projet, la HET-PRO trouverait « son inspiration et sa vocation dans un amour renouvelé pour Dieu et sa Parole, le Christ et l’Eglise, l’Esprit saint et le monde », peut-on lire dans le document de présentation. Et elle trouverait son orientation et sa finalité « dans une recherche de vérité, de créativité et de solidarité au service de tous, en particulier des plus fragilisés de nos sociétés. »
Pour l’heure, la proposition aurait suscité à la fois un réel intérêt notamment du côté évangélique, qui souhaite professionnaliser sa formation pastorale. Différents pasteurs réformés se sont aussi prononcés d’ores et déjà en faveur du projet qu’ils estiment « stimulant et méritant d’être largement discuté ». Mais de profondes réticences émaneraient par exemple de la part du Conseil synodal vaudois.
Arielle Zendaz