Quels liens tisser avec les plus de 300 nouvelles Eglises de migrants ?

29 mars 2010

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Plus de 300 nouvelles Eglises ont vu le jour en Suisse ces dernières années à l’initiative de migrants. Elles ont été fondées par des ressortissants d’Amérique du Sud, d’Asie et d’Afrique. Dans son rapport de 127 pages publié sur le sujet fin février, la Fédération des Eglises protestantes de Suisse (FEPS) incite les Eglises établies à développer des liens avec ces nouvelles communautés.

Des liens réciproques entre les Eglises traditionnelles et ces nouvelles Eglises sont une chance pour les deux côtés, estime Thomas Wipf, président de la FEPS. Il y a une quarantaine d’années, celle-ci recensait 48 « Eglises étrangères en Suisse ». Il s’agissait pour la plupart de communautés de travailleurs immigrés venus de pays voisins. Ces personnes sont venues avec leur force de travail, mais aussi avec leur tradition chrétienne. Des communautés italiennes, hongroises, néerlandaises, anglaises, russes ou serbes sont alors apparues dans les années 70.

Etre Eglise ensemble
Aujourd’hui, les Eglises de migrants sont plus de 300 et la situation est devenue plus complexe. Des travailleurs arrivent en Suisse en provenance de pays très divers, alors que des personnes fuyant les persécutions ou la pauvreté y cherchent asile. Tous apportent avec eux leur foi et leur manière de la vivre. Les Eglises fondées au cours des dernières années en Suisse par ces immigrés venus de plus en plus de pays d’Afrique, d’Amérique latine et d’Asie sont un signe visible de cette pluralité croissante, indique Thomas Wipf en introduction au rapport.
Car si les milliers de membres de ces nouvelles Eglises sont étrangers, leur conception et leur pratique de l’Eglise le sont généralement aussi ! Cette observation contraste avec la conception biblique de la communauté chrétienne qui, selon la Bible, est une et qui abolit « en Christ » le fait même d’être étranger. Les Eglises traditionnelles sont ainsi amenées à se demander comment elles peuvent former une Eglise avec les Eglises de migrants, ou plus exactement, « comment en tant que plusieurs Eglises, elles peuvent être Eglise ensemble »…

Des liens à développer
Des perspectives d’action sont présentées dans ce but par la FEPS : la création au niveau national d’une plateforme d’échanges et de sensibilisation, une ouverture entre communautés par la désignation de personnes chargées de constituer des réseaux, la mise à disposition par les Eglises traditionnelles de leurs locaux et l’ouverture d’institutions régulières de formation théologique aux migrants, voire la création d’offres spécifiques de formation et de perfectionnement.
« Les Eglises nationales peuvent aider les Eglises de migrants à acquérir plus d’assise institutionnelle, tandis que les Eglises de migrants apportent aux Eglises nationales une force et une pluralité enrichissantes, résume Thomas Wipf. Cette force, nous devons la faire valoir dans la société et dans l’Eglise. »

Gabrielle Desarzens

Télécharger gratuitement « Les nouvelles Eglises de migrants en Suisse ».