John Stott, le « pape » des évangéliques, est mort à 90 ans

29 juillet 2011

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Ethique, Eglise et mission_2026-27_pavé
Le théologien John Stott s’est éteint le 27 juillet, à l’âge de 90 ans. Considéré par certains comme le « pape » des évangéliques, cet homme d’Eglise laissera une trace bien au-delà de son Eglise anglicane d’origine. Il aura été le théologien évangélique de la seconde moitié du XXe siècle au plan international. Parcours de vie.

« John Stott a été l’un des grands acteurs de la propagation du christianisme évangélique dans le monde au cours de la seconde moitié du XXe siècle. » C’est ce qu’a affirmé David Valdez, pasteur dans l’Eglise évangélique de la Rochette à Neuchâtel (FREE), suite au décès le 27 juillet à l’âge de 90 ans de ce pasteur anglican, qui aura marqué le monde évangélique de son empreinte.
Né à Londres le 27 avril 1921, John Stott a fait une rencontre personnelle avec Jésus-Christ en 1938, puis a poursuivi des études de français et de théologie à Cambridge. Consacré pasteur en 1945 au sein de l’Eglise anglicane, ce célibataire s’est fait connaître par la publication de plus de 40 livres, dont plusieurs sont traduits en français, et par un ministère d’unité dans l’Eglise de Jésus-Christ.

Un rassembleur pour les évangéliques de la planète
Ce pasteur anglican a joué un rôle de rassembleur au sein de la mouvance évangélique au plan international. Issu d’une Eglise étroitement liée à l’Etat, il est parvenu à se faire reconnaître comme une personne de référence pour tous les évangéliques, qu’ils soient issus d’Eglises prônant la séparation de l’Eglise et de l’Etat ou non.
En 1974, à l’occasion du Congrès de Lausanne, il préside le comité de rédaction de la Déclaration de Lausanne, un document devenu une référence pour la plupart des évangéliques de la planète. La Déclaration de Lausanne associe l’affirmation claire des convictions théologiques évangéliques : l’importance de la mort du Christ à la croix pour le salut de l’humanité, l’unicité du salut en Christ et un souci d’incarner socialement les valeurs de l’Evangile dans un monde en souffrance. John Stott restera très impliqué dans ce qui est devenu le Mouvement de Lausanne. Il présidera aussi le comité de rédaction du Manifeste de Manille, rédigé à l’occasion du deuxième Congrès de Lausanne à Manille en 1989.

Mettre en relation le monde de la Bible et la vie contemporaine
L’anti-intellectualisme de certains évangéliques déplaisait à John Stott. Il avait très à cœur de mettre en relation le monde de la Bible et le monde contemporain. Ce double accent s’est décliné par la publication de livres de théologie comme son magistral « La Croix de Jésus-Christ » ou l’ouvrage de vulgarisation « La foi évangélique. Un défi pour l’unité », mais aussi par la publication de livres à portée sociale comme les deux tomes de « Le Chrétien et les défis de la vie moderne ».
John Stott n’était pas qu’un théologien de bibliothèques. Il s’est aussi engagé sur le terrain de la vie des Eglises. Il a présidé notamment des associations comme la Ligue pour la lecture de la Bible britannique, l’Alliance évangélique britannique ou Tearfund, une ONG d’aide aux pays en voie de développement. Il a également participé, entre autres, à la fondation de l’Alliance évangélique de la Communion anglicane, de l’Association des théologiens évangéliques européens et du Langham Partnership International, que certains appellent la Fondation John Stott.

Pasteur d’une seule paroisse : All Souls à Londres
John Stott a exercé son ministère pastoral dans une seule paroisse : All Souls à Londres. Il y a été consacré pasteur en 1945, puis en est devenu le pasteur principal en 1975. Il a aussi été l’aumônier de la Reine de 1959 à 1991, année durant laquelle il a reçu le titre d’aumônier « extraordinaire » de la Reine.
A côté de son engagement ecclésial, John Stott était un ornithologue amateur averti. Il aimait observer et photographier les oiseaux. Sur les 9’000 que compterait la planète, il en aurait vu près de 2’700. De cette passion, il en a fait un livre intitulé : « Les oiseaux, nos enseignants ».
Serge Carrel

Site internet en hommage à John Stott.

Deux Romands qui ont côtoyé John Stott lui rendent hommage.

Les principaux livres de John Stott traduits en français
John Stott, La Croix de Jésus-Christ, Bâle, Brunnen Verlag, 1988, 372 p.
John Stott, L’Essentiel du christianisme, Guebwiller, LLB, 1986, 168 p.
John Stott, La Foi évangélique. Un défi pour l’unité, Valence, LLB, 2000, 164 p.
John Stott, Le Chrétien et les défis de la vie moderne, 2 volumes, Méry-sur-Oise, Sator, 1987.
John Stott, Le Chrétien à l’aube du XXIe siècle. Vivre aujourd’hui la Parole éternelle de Dieu, Québec, La Clairière, 1995.