«La vie passionnante de George Müller» par Claude-Alain Baehler

Claude-Alain Baehler mercredi 26 août 2020

La comédie musicale « La fabuleuse histoire de George Müller » tourne en Suisse romande à partir de fin octobre. L’occasion de redécouvrir une figure intéressante de l’histoire des évangéliques du XIXe siècle. Fondateur d’orphelinats et responsable d’oeuvres évangéliques, George Muller (1805-1898) fascine. Notamment par l’ampleur de son action sociale pour les démunis, mais aussi par sa confiance et sa dépendance de Dieu. Il ne faisait jamais part de ses besoins d’argent ! Un disciple du Christ à plein temps pour le Seigneur… pour le moins original !

 

« Cela passe et repasse sans cesse dans mon esprit, écrivait George Müller en 1874. 2200 personnes, non seulement à nourrir, mais à entretenir complètement : vêtir, chausser, chauffer, éclairer, fournir de toutes les choses nécessaires à la vie, et n'avoir rien ! 189 missionnaires à secourir, et rien en caisse ! Une centaine d'écoles – avec 9000 écoliers – à entretenir complètement, et rien en réserve pour elles ! Environ quatre millions de brochures d’évangélisation et dix mille exemplaires des Saintes Ecritures à envoyer chaque année, et pas un sou devant soi ! Mais Dieu qui m'a conduit à étendre cette œuvre, et qui l'a entretenue pendant quarante ans, Dieu sur qui je me repose y pourvoira ! »

George Müller est né en 1805 à Kroppenstedt dans le royaume de Prusse. Il était le fils d’un percepteur d’impôts. A 10 ans, il vole son père. A 14, il préfère sortir avec ses amis, plutôt que de s’occuper de sa mère mourante. Jeune homme, il part étudier la théologie à Halle, parce que le métier de pasteur dans l’Eglise officielle paye bien.

Il rencontre Jésus-Christ

C’est là que, grâce à un ami, il fréquente une cellule de prière piétiste et commence à lire la Bible. Le jour où il se tourne vers Dieu, il cesse de boire, de voler et de mentir. Il songe alors à devenir missionnaire, part se former à Londres, mais découvre progressivement que là n’est pas sa vocation.

En 1829, malade, il part se soigner à Teignmouth, au sud de l’Angleterre. Là, il rencontre Henry Craik avec lequel il devient ami à vie. Dans cette même ville, trois ans plus tard, il commence un ministère pastoral à « Ebenezer Chapel ». Pour ce travail, il refuse un salaire régulier, afin que les membres de l’Eglise donnent sans contrainte. Le 7 octobre 1830, il épouse Mary Groves.

George Müller inscrit son travail pastoral dans les toutes nouvelles Assemblées de frères. En 1848, le mouvement se divise en deux branches : une aile « étroite » menée par John Nelson Darby et une aile « large » à laquelle George Müller se rattache. De nombreuses Eglises de la FREE sont issues de la branche large de ce mouvement.

Des orphelinats totalement dépendants du Seigneur

En 1832, George Müller poursuit son ministère pastoral à Bristol, dans une Angleterre minée par les crises financières qui se succèdent durant tout le XIXe siècle. En été 1833, une épidémie de choléra éclate dans la ville. Avec son ami Henry Craik, George Müller visite les malades. De nombreux enfants deviennent orphelins et se retrouvent à la rue, livrés à eux-mêmes.

En 1836, le couple Müller accueille ses premiers orphelins, d’abord à la maison, puis dans des orphelinats. En 1849, plus de 400 orphelins sont hébergés et instruits. En 1870, plus de 1700 enfants sont accueillis dans cinq maisons. Chaque matin, après le petit-déjeuner, a lieu un moment de lecture de la Bible et de prière. Les enfants sont scolarisés et, à leur sortie de l’orphelinat, ils reçoivent des habits de rechange.

La construction et l’exploitation des orphelinats sont financées par des dons : de l’argent, mais aussi des dons et des services en nature. Cependant, le couple Müller a pour principe de ne jamais exposer ses besoins d’argent – sauf à Dieu – et de ne jamais s’endetter. Les dons, petits ou grands, sont systématiquement comptabilisés. Ainsi, durant sa vie, George Müller a pris en charge plus de 10’000 orphelins, créé 117 écoles et reçu quelque 1,5 millions de Livres Sterling. Certains estiment cette somme à plus de cent millions de francs actuels.

16 voyages à partir de 70 ans

En 1875, à l'âge de 70 ans, veuf et remarié avec Susannah Sanger, George Müller entreprend seize voyages dans une trentaine de pays, sur les cinq continents. En été 1876, lors de son troisième voyage, il visite Neuchâtel et la Suisse allemande. Lors d’une escale de dix jours à Berne, il rassemble des milliers de personnes dans de grandes salles et prêche à l’Eglise libre et à l’Eglise française. En automne 1878, lors de son cinquième voyage, il revient en Suisse et, après avoir passé par Neuchâtel et Berne, il visite la Suisse romande, en particulier Lausanne et Genève. Il prêche, entre autres, à la chapelle de l’Oratoire de la cité de Calvin. Enfin, en été 1881, lors de son huitième voyage, il repasse par Berne, Zurich et Bâle.

George Müller meurt le 10 mars 1898 à « New Orphan House numéro 3 », à Bristol.

Claude-Alain Baehler

Plus d'infos sur la comédie musicale « La fabuleuse histoire de George Müller ».

  • Encadré 1:

    Pour aller plus loin

    • Janet et Geoff Benge, George Müller, père des orphelins de Bristol, Pomy, JEM Editions, 2019, 190 p.
    • Kuen Alfred, L'audace de la foi – George Müller, Saint-Légier, Emmaüs, 2014, 175 p.
    • Hong Samuel, L'incroyable histoire de George Müller, pour enfants de 10 à 12 ans, Maison de la Bible, 2013, 160 p.
    • Renee Taft Meloche, Héros pour jeunes lecteurs (William Carey, Amy Carmichael, George Müller, Corrie Ten Boom), adaptation française de Thierry Ostrini, Ligue pour la lecture de la Bible, 2013, 134 p.
Publicité

Twitter - Actu évangélique

Journal Vivre

Opinion

Opinion

Agenda

Événements suivants

TheoTV (mercredi 20h)

20 janvier

  • «La terre, mon amie» avec Roger Zürcher (Ciel! Mon info)
  • «Repenser la politique» avec Nicolas Suter (One’Talk)

27 janvier

  • «La méditation contemplative» avec Jane Maire
  • «Vivre en solobataire» avec Sylvette Huguenin (One’Talk)

TheoTV en direct

myfreelife.ch

  • « Le handicap n’est pas une punition ! »

    Ven 09 juillet 2021

    Membre de l’Eglise évangélique de Gimel (FREE), Sylvie Gallay, 53 ans, a deux enfants, dont un fils aîné de 24 ans atteint d’autisme et d’épilepsie grave. Cette enseignante de formation appelle de ses vœux un accueil des personnes en situation de handicap non seulement à l’école, mais également au sein de nos Eglises. « Le handicap n’est pas une punition », estime-t-elle.

  • La 11ème plaie d’Egypte (2/9)

    Lun 05 juillet 2021

    Quel référentiel convoquer pour parler de la pandémie ? Et quelle implication a-t-elle eue sur la foi des croyantes et croyants ? Accompagnante spirituelle dans un home médicalisé, la protestante Marianne Guéroult parle d’une traversée du désert qui l’a tenue éloignée de ses proches.

  • "Subjectif!" épisode 10: Si la foi était un voyage?

    Ven 02 juillet 2021

    Découvrez aujourd'hui le dernier épisode d'une série de 10 capsules vidéo pour faire réfléchir sur la foi, au travers de questions parfois déroutantes posées à des chrétien·ne·s romand·e·s et au-delà. Des capsules de deux minutes environ à partager sans réserve sur tous les réseaux! une coproduction de La FREE, Médias-pro et DM.

  • « Quelqu’un te cherche ! »

    Jeu 01 juillet 2021

    Membre de l’église La Passerelle à Vevey (FREE), Katia Baechler, 44 ans, vient de sortir son premier roman. Elle y parle d’amour, d’espérance et de foi. « Parce que je crois que Dieu peut encore rencontrer chacun là où il se trouve », dit-elle jeudi 1er juillet sur la terrasse de sa maison.

eglisesfree.ch

eglise-numerique.org

point-theo.com

Suivez-nous sur les réseaux sociaux !