Les homosexuels dans l’Eglise : respecter… sans cautionner, par Paul Dubuis, pasteur dans la FREE

vendredi 25 janvier 2008

Cette fin de semaine, le synode de l’Eglise évangélique réformée du canton de Vaud (EERV) se réunit pour débattre de l’homosexualité : de la reconnaissance des homosexuels comme membres de cette Eglise, de la consécration de pasteurs ou diacres homosexuels et d’une célébration pour les couples liés par un partenariat enregistré. A cette occasion, le pasteur Paul Dubuis de la FREE a publié le 24 janvier cette opinion dans le grand quotidien vaudois « 24 Heures ».

Le débat concerne peut-être plus les responsables de l’Eglise évangélique réformée du canton de Vaud que nombre de ses paroissiens, qui se seraient volontiers passés d’une polémique à risque. Quant aux Eglises évangéliques dont on sollicite ici le point de vue, elles reconnaissent les homosexuels comme leurs prochains. Avec respect et franche sympathie, nous nous savons faillibles. La chute de nos propres masques d’hypocrisie naturelle nous a révélé combien nous étions parfois très… prochains des désignés de cette liste réprobatrice: «Il n’y aura point de part dans l’héritage du Royaume de Dieu pour les débauchés, les idolâtres, les adultères, les pervers ou les homosexuels, ni pour les voleurs, les avares, pas plus que pour les ivrognes, les calomniateurs ou les malhonnêtes. » (1 Cor. 6: 9-11)

Accueillir et enseigner
Dans la Grèce antique, ils devaient se serrer sur plusieurs bancs de leurs «églises», ces paroissiens vivant encore «à la corinthienne»… selon l’expression usitée! Ils n’en furent pourtant pas moins cordialement accueillis. Mais… aussitôt enseignés: «C’est là ce que vous étiez. Mais vous avez été lavés, mais vous avez été sanctifiés, vous avez été déclarés justes au nom du Seigneur Jésus-Christ. »
Assez respectés pour être reçus tels quels… Trop aimés pour être laissés en l’état… La lettre apostolique citée rapporte leur maturation accomplie avec succès, au cours d’une expérience et d’un processus spirituels exigeants. Déterminants pour leur avenir. Et celui de leur entourage, car il compte aussi!

Le refus biblique de l’homosexualité n’est pas contextuel
L’argumentaire invariable des Eglises évangéliques repose sur leur recours constant à l’Ecriture, norme normante de la foi et de la conduite. Elles connaissent bien sûr quelques démonstrations théologiques récentes, et celles qui tentent d’accréditer de nouvelles compréhensions des énoncés bibliques, tout en se soustrayant à leur autorité. La Bible est ainsi déclarée conditionnée par la culture de l’époque: ses plus claires affirmations seraient donc irrecevables aujourd’hui. Aussi n’a-t-on plus à s’étonner qu’on ne retienne pas un seul des passages explicites de l’Evangile qui traitent de la question… La référence n’étant plus recherchée dans l’Ecriture, on en découvre quelques-unes, revêtues des apparats de la modernité, dans la vieille remorque des idéologies du monde…
Or les textes n’accordent aucune caution à l’union de deux personnes de même sexe. A l’unisson, ils la réprouvent à plusieurs reprises. La vocation de l’homme et de la femme a été définie dès le commencement: ensemble ils sont destinés à construire une relation de couple, dans un amour qui maintient leur irréductible différence et respecte le principe d’altérité.

Une attitude très minoritaire
On trouve quelques Eglises très minoritaires* qui proposent une liturgie spécifique aux couples homosexuels. Tout comme l’Eglise catholique, les Eglises évangéliques refusent toute cérémonie allant dans le sens d’une approbation. En recommandant un accueil respectueux, elles manifestent leur amour pour tous et leur amour pour toute la vérité. Inséparables.
Paul Dubuis

Note:
* 90% des chrétiens du monde appartiennent à des Eglises situées clairement contre une justification théologique de l’homosexualité. (Prof. S. Keshavjee)

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