La fonction d’observateur sur les vols spéciaux qui rapatrient les demandeurs d’asile déboutés n’a rien d’une sinécure. Dans le jargon de l’Office des migrations (ODM), les vols spéciaux dits « de niveau 4 » signifient que les personnes renvoyées sont totalement entravées, parfois casquées, muselées, assises sur une chaise roulante pour être conduites jusqu’à l’avion. « Je m’attendais à une atmosphère lourde et c’est un euphémisme », lâche tout de go Jean-Pierre Restellini, Président de la Commission nationale de prévention de la torture (CNPT) et observateur à deux reprises récemment. « Même si certains de ces vols de degré 4 se passent relativement bien, ils sont souvent difficilement supportables. Il faut savoir que des gens peuvent hurler et se débattre pendant des heures. Notre commission a effectué l’observation de 7 de ces opérations ces 12 derniers mois. Pour quelqu’un qui n’a pas l’expérience de ce genre de situation, cela peut provoquer des émotions très fortes. »