De jeunes Israéliens et Palestiniens veulent vivre leur vie comme un chant d’amour !

1 septembre 2010

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Chaque année, ils se retrouvent dans le désert, quelque part en Israël-Palestine. Cette année, un des camps qui rassemblent chrétiens palestiniens et juifs messianiques sous l’égide de Musalaha, a eu lieu en Suisse du 20 au 29 août. Echos d’un événement qui promeut la réconciliation au nom du Christ.

« Nous voulons vivre notre vie comme un chant d’amour ! » C’est ce qu’ont chanté en hébreu 22 jeunes Israéliens et Palestiniens le vendredi 27 août, à l’Eglise évangélique des Ecluses (FREE) à Bienne. Dans le cadre d’une soirée organisée par Underground, l’activité jeunesse de Portes ouvertes, ils ont proposé des échos du camp Musalaha (réconciliation en arabe) qui s’est tenu à Arzier au-dessus de Nyon, du 20 au 29 août.

Développer un autre regard et casser les préjugés
A entendre ces jeunes venus en Suisse via Tel-Aviv ou Amman, l’essentiel de ces quelques jours passés ensemble visait à « développer un regard différent sur l’autre » et à « casser les préjugés que chacun de ces deux peuples entretient par rapport à l’autre ». Cela grâce à toutes sortes d’activités comme la visite d’une fabrique de chocolat, un match de foot contre une équipe chrétienne de la région de Berne, une marche en montagne, un cours de samaritain…
Les Palestiniens chrétiens ont ainsi pris conscience que « le juif n’était pas seulement un soldat qui muselait leur liberté de déplacement, mais aussi un être humain ». Les juifs messianiques, qui ont reconnu en Jésus leur Messie, ont de leur côté découvert ou affermi leur conviction qu’il est possible d’avoir des amis arabes. Noé (*), un jeune juif messianique de Mevaseret, a souligné qu’un tel camp s’inscrivait dans l’engagement de sa propre famille à montrer qu’il est possible de vivre ensemble dans la paix. Youssef (*), un jeune Palestinien d’origine chrétienne orthodoxe, a relevé qu’il rentrait à la maison avec à l’esprit la conviction qu’il connaissait des « juifs qui sont bien » !

L’avantage d’un camp en Suisse : découvrir ce qui unit
Rencontrés à l’issue de la soirée, trois des quatre responsables du camp, 3 Palestiniens et un juif israélien, ont exprimé leur reconnaissance pour l’engagement des bénévoles suisses et français qui ont rendu possible un tel séjour. Pour Ibrahim (*), un comptable palestinien habitant tout près de la vieille ville de Jérusalem, la plus grande difficulté qu’il a rencontrée pendant le camp a été de faire comprendre aux jeunes qu’ils pouvaient arrêter de parler en « nous » et « eux », et se mettre, au travers de la réconciliation apportée par Jésus-Christ, avec Dieu et les uns avec les autres, à dire ensemble un « nous » réconcilié (2Co 5, 17-21). Moshé (*), un étudiant en théologie juif messianique, a aussi travaillé à faire de la réconciliation un thème d’actualité par rapport à des querelles qui n’opposaient pas juifs et arabes, mais plutôt garçons et filles !
Pour Myriam (*), la responsable des activités jeunesse de l’association Musalaha, le fait de se retrouver en Suisse et non dans un désert, comme c’est l’habitude, « a permis à ces jeunes de réaliser combien de choses les unissaient, alors qu’ils découvraient la culture helvétique et européenne ».

A l’origine, un voyage coorganisé par la FREE
L’idée d’un tel camp a germé dans l’esprit de plusieurs participants à un voyage en Israël-Palestine en février 2009. Organisé conjointement par l’association de soutien à l’Eglise persécutée, Portes ouvertes, et par la FREE, ce voyage avait conduit des Suisses romands et des Français à s’intéresser à la dynamique de réconciliation lancée voilà 20 ans par le pasteur palestinien Salim Munayer. Au retour, quelques participants se sont mobilisés pour mettre sur pied une infrastructure et un programme qui permettent le déroulement d’un camp Musalaha en Suisse.
« L’organisation de ce camp, c’est pour moi comme un avant-goût du Royaume de Dieu qui viendra un jour dans sa plénitude », commente le pasteur Guy Gentizon, aumônier des bénévoles et pasteur dans l’Eglise La Fraternelle à Nyon (FREE). « Le discours des responsables de Musalaha, c’est de dire qu’il n’y aura jamais de paix en Israël-Palestine sans une réconciliation profonde. Je vois sous mes yeux qu’une telle réconciliation est possible par l’oeuvre que Jésus-Christ a accomplie dans la vie d’hommes et de femmes qui viennent de cette région », ajoute l’un des deux auteurs du livre récemment paru : « Israël-Palestine : quelle coexistence ? Un regard évangélique inédit ».

Serge Carrel

(*) Prénoms d’emprunt.

Pour d’autres échos , voir le site du camp.
Une prédication écrite de Salim Munayer pour découvrir la démarche de Musalaha.

Un livre à découvrir : « Israël-Palestine : quelle coexistence ? Un regard évangélique inédit »
Les pasteurs de la FREE Guy Gentizon et Jean-Jacques Meylan ont publié dernièrement un Dossier Vivre qui essaie de faire de la place en Israël-Palestine à l’impératif du Christ : « Aimez vos ennemis ». Ils proposent ainsi une manière originale de voir la situation sur place, moins alignée sur la politique de l’Etat d’Israël que celle proposée par les évangéliques inconditionnels de l’Etat hébreu.

Guy Gentizon et Jean-Jacques Meylan, Israël-Palestine : quelle coexistence ? Un regard évangélique inédit, Dossier Vivre 31, Genève, Je Sème, 2010, 208 p.
En février 2011, un prochain voyage en Israël-Palestine
Underground, le ministère jeunesse de Portes ouvertes, organise à nouveau un voyage en Israël-Palestine du 5 au 13 février 2011. Hébergement : Collège biblique de Bethléem. Age : 20-35 ans. Prix : 1800.- vol compris. Infos : infos@portesouvertes.ch.