« Si on m’avait dit à l’avance que ça allait être une telle lutte, je ne sais pas ce que j’aurais fait », confie Suzanne*, qui pendant 28 ans a prié avec persévérance pour que son fils se convertisse et soit délivré de la toxicomanie. Et ce n’est qu’à l’âge de 50 ans que ce fils a définitivement été libéré de son addiction il y a six ans.
Après la séparation d’avec son mari, Suzanne élève seule ses trois enfants. Son fils aîné commence à boire, vers l’âge de 15-16 ans. À 21 ans, il part en Thaïlande pendant trois mois. Suzanne n’a aucune nouvelle, pourtant, elle ressent une profonde inquiétude : «Pendant un mois, je pleurais chaque jour, comme si je percevais quelque chose de difficile.» Et c’est effectivement lors de ce voyage que son fils tombe dans la toxicomanie.
Il vit la nuit et reste à la maison
À son retour, il est méconnaissable : « Il vivait la nuit constamment sous addiction. Cette vie-là, continuellement perturbée, nous a trop affectés, moi et son frère de huit ans plus jeune. C’est la raison pour laquelle, après trois ans, je lui ai demandé de s’en aller. » Dès lors, Suzanne vit dans l’angoisse, ne sachant pas où il se trouve.
Cette épreuve pousse Suzanne à prier, à lire la Bible et à déposer ce fardeau à Dieu. « J’ai été élevée assez strictement et j’ai reçu le baptême à l’âge de 19 ans, mais je ne m’étais jamais inquiétée de ce que Dieu voulait », témoigne la mère de famille. Sur le conseil d’amis, elle trouve une partenaire de prière. « Cette personne qui m’a accompagnée pendant toute cette épreuve m’a été d’un grand secours. Il est important de partager ce que l’on vit et de ne pas rester seule. » Suzanne rejoint progressivement une communauté à Saint-Prex et des groupes de maison, où l’on prie pour son fils. De son côté, elle progresse dans la foi.
« Dans sa présence, Dieu me transformait »
Les années passent, marquées par des allers-retours entre centres de désintoxication, rechutes et séjours à la maison. « Je l’ai amené plusieurs fois à l’Église mais c’était toujours une lutte au moment d’y aller. Il y avait comme un esprit méchant en lui qui revendiquait et qui m’attaquait. Parfois, le soir, mon fils me disait des choses désagréables. Et je préparais les reproches que j’allais lui faire le matin. Mais en passant du temps avec Dieu, je n’avais plus rien à dire d’hostile à mon fils car dans sa présence, Dieu me transformait et me montrait sa façon de voir. Malgré tout, nos enfants ont besoin que notre porte reste ouverte. »
Au fil de ces 28 années, Suzanne approfondit sa relation avec Jésus et apprend à louer Dieu en toutes circonstances. Malgré la peur de l’overdose et les moments de découragement, elle tient bon, soutenue par des personnes en qui elle peut se confier. Suzanne s’est beaucoup accrochée aux versets bibliques en les adaptant aux circonstances. « Les Psaumes 91 et 107 ont été d’une grande aide et d’un grand réconfort pour moi. »
Il loue Dieu pendant son sevrage
Finalement, son fils confie sa vie à Dieu et se fait baptiser en 2013. Trois ans plus tard, il retourne dans un centre pour un sevrage complet. Cette fois-ci, il prend lui-même la décision de renoncer à toutes ses dépendances. Le processus est difficile, marqué par des hallucinations, mais il persévère dans la prière et la louange. « Il a réalisé qu’il pouvait louer Dieu pendant son séjour et prier à haute voix. Il a persévéré avec foi. Puis il est sorti et a été délivré à 100 % ».
À sa sortie, il est totalement libéré. Il s’engage avec Jésus et rejoint une Église. Aujourd’hui, il se décrit comme «addict à Jésus», en quête constante de sa présence. « Il est devenu un grand intercesseur avec l’objectif de partager l’Évangile », se réjouit la courageuse maman.
*Nom de famille connu de la rédaction