Qu’est-ce qui vous a convaincus de diffuser « Lumière du monde » auprès du public francophone ?
Après avoir contribué à certains des plus grands classiques de Disney (« Le Roi Lion », « Aladdin », « Mulan »), les frères Bancroft ont choisi de mettre leur talent au service d’un projet profondément personnel et spirituel. Ce nouveau film d’animation, « Lumière du monde », propose de découvrir la vie de Jésus à travers un angle original, mêlant exigence artistique et inspiration spirituelle. Nous avons eu un vrai coup de cœur en le découvrant en équipe chez SAJE et nous avons souhaité le faire connaître au public francophone.
En quoi ce film se distingue-t-il des autres productions consacrées à la vie de Jésus ?
« Lumière du monde » est une fresque animée drôle et lumineuse qui raconte la vie publique de Jésus à travers les yeux de l’apôtre Jean. Le réalisateur a choisi de représenter Jean sous les traits d’un jeune garçon curieux et plein de panache, ce qui le rend très accessible au jeune public. Comme les enfants, il pose des questions sans filtre à Jésus. Ils peuvent donc s’identifier facilement à lui et mieux comprendre l’amitié qu’il développe avec Jésus, ainsi que ses questionnements, ses doutes et ses aspirations.
Quel public espérez-vous toucher : les familles chrétiennes, les enfants ou un public plus large ?
Ce dessin animé est un film familial à découvrir en famille ! Il fait découvrir l’Évangile de manière ludique et originale. Par ailleurs, en reprenant les codes actuels des dessins animés, il permet de toucher un public plus large, comme « Le Roi des rois ». Sa qualité visuelle, ses dessins soignés et ses nombreuses touches d’humour le rendent universel. Il ravira aussi les parents !
Le cinéma chrétien connaît un nouvel essor depuis quelques années. Comment expliquez-vous cet engouement ?
Pendant de nombreux siècles, l’art et le religieux étaient quasiment indissociables, ce qu’on appelle l’art sacré. Qu’il s’agisse de sculptures antiques, de tableaux bibliques, de vitraux ou de cathédrales, la culture n’avait pas de complexe à évoquer la religion. Dans le cinéma aussi, de nombreux films emblématiques ont été réalisés sur des sujets chrétiens, tels que la série « La Bible » avec un casting premium, ou des films comme « Don Camillo », « Mission », « L’Île », « Andreï Roublev », « Le Cardinal », « Ben-Hur, « Jésus de Nazareth »… Puis il y a eu une période où les sujets religieux ont été évincés du cinéma. Et très récemment, ils refont surface et le public y revient avec plaisir. Les spectateurs ne recherchent pas seulement des films divertissants. On le voit avec les succès récents de « The Chosen » et du dessin animé « Le Roi des rois », qui dépassent le public de croyants. Ils ont aussi soif de contenus spirituels, de films qui élèvent et nourrissent l’âme, qui les édifient sur le plan de la foi. Récemment, notre 1re production « De mauvaise foi » a cartonné sur Canal+, avec plusieurs millions d’heures de visionnage.
Observez-vous une évolution des attentes du public chrétien en matière de qualité artistique ?
Le jeune public est habitué à des films d’excellente facture, donc il est de plus en plus exigeant sur la forme. Il nous arrive de passer notre tour sur certains films car la qualité artistique est trop faible. Mais lorsqu’un film est très profond, qu’il rejoint les spectateurs dans leur foi et qu’il aborde une cause forte, ils se mobilisent quand même. Le fond l’emporte encore sur la forme pour ce public.
Aujourd’hui, est-il encore difficile de distribuer des films d’inspiration chrétienne dans l’espace francophone ?
Cela reste un vrai challenge à chaque fois. Il faut convaincre les salles que le public sera bien au rendez-vous pour obtenir le plus de séances possibles, puis convaincre le public de se mobiliser rapidement. Le cinéma reste un milieu extrêmement concurrentiel et le public chrétien reste assez lent à bouger. Il est donc courant que des films magnifiques soient déprogrammés rapidement des salles car le public chrétien n’a pas réagi assez tôt. Tout se joue la première semaine de sortie, et dès le lundi suivant, les salles adaptent leur programmation en fonction du succès. Elles déprogramment ou reprogramment le film en fonction ! C’est ce qui fait la dureté et la beauté du métier. On ne sait jamais à quoi s’attendre.
