Quels comportements induit le TDAH chez une personne ?
Le Trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) est un trouble du neurodéveloppement. Les symptômes sont de l’inattention (difficulté à se concentrer, à se mettre à la tâche), de l’impulsivité (interrompre les autres, agir avant de réfléchir) et de l’hyperactivité (motrice, verbale et cognitive). Pour qu’un diagnostic soit posé, ces symptômes doivent être observables dans plusieurs environnements et affecter la vie de la personne.
Qu’est-ce qui peut en particulier affecter le couple ?
La difficulté d’organisation du conjoint touché par le TDAH, ses arrivées en retard ou oublis de rendez-vous. Qu’il perde ou oublie systématiquement ses affaires (clés, portable) peut devenir gênant. Le conjoint concerné par le TDAH ne saura plus comment bien faire : de la honte ou de l’agressivité peuvent s’installer. Réguler ses émotions peut aussi être difficile pour lui, ce qui complique le quotidien, encore plus lorsque le couple a des enfants. Tout cela peut provoquer de l’irritation et une perte de confiance chez l’autre conjoint, ou encore de l’infantilisation ou du contrôle. Les rythmes des partenaires sont aussi décalés. Ces situations peuvent mener jusqu’à une séparation ou un divorce.
Pour améliorer la relation, vous donnez comme premiers conseils de reconnaitre et de s’excuser. Pouvez-vous développer ?
Mettre un mot sur le trouble permet de comprendre : le conjoint ne fait pas exprès. Il rencontre une réelle difficulté, par exemple à accomplir telle tâche ou à réguler ses émotions. Cela dit, même si les difficultés viennent du trouble, la souffrance de l’entourage est réelle. La reconnaître permet au conjoint qui « subit » ou compense de se sentir rejoint. Cela apporte une validation des deux côtés : un des conjoints reconnaît le trouble de l’autre et ce dernier s’excuse pour la souffrance causée. Il est important de trouver ensemble, et même avec un professionnel, des pistes de solutions pour une amélioration de la dynamique conjugale, et pour une diminution des symptômes du TDAH.
Celui ou celle qui vit avec ce trouble peut se sentir coupable. Qu’est-ce qui peut l’aider ?
De la part du conjoint, ce qu’il est important de modifier, ce sont les petites phrases comme « Tu as encore oublié le rendez-vous ! » ou « Tu n’arrives pas à te calmer ! », car elles alimentent la honte et la culpabilité. C’est un travail à deux : le conjoint touché par le TDAH cherche des stratégies par rapport à son trouble, travaille sur son estime de soi et son sentiment de culpabilité. Et son conjoint travaille à transformer son langage en mots d’encouragement.
Lorsque je reçois des parents en entretien, un des points les plus importants est d’apprendre à voir le positif plutôt que le négatif chez leur enfant, car on s’enferme vite dans les aspects négatifs de son comportement. C’est la même chose au sein d’un couple. Même si ce cheminement n’est pas facile, il en vaut la peine.
Lorsque le diagnostic de TDAH est posé à un certain âge, on pourrait penser qu’il est trop tard pour prendre des mesures. Qu’en pensez-vous ?
La réalité, c’est qu’un diagnostic posé à cet âge-là peut amener de la compréhension et un cheminement constructif. Mais cela peut aussi être frustrant : certaines personnes peuvent avoir le sentiment d’être passées à côté de leur vie.
Ce que j’observe toutefois, c’est que ce trouble affecte grandement les relations familiales. À mes yeux, se donner le droit de comprendre ce qui se passe et éventuellement de démarrer une thérapie ou un accompagnement n’a pas de prix si cela permet une réconciliation ou une guérison dans les relations.
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