Il ne s’appelle pas Elder. Il tait son nom à la presse par peur. Peur du faux pas, du mot de trop. Cela fait 7 ans qu’il vit en Suisse. Débarqué d’Angola au Centre d’enregistrement et de procédure (CEP) de Vallorbe en février 2002, il a été accueilli à l’âge de 9 ans par une famille membre de l’Eglise évangélique « La Rencontre » (FREE), où il a fait ses premiers pas de migrant. Cinq jours après son arrivée sur sol helvétique, il a rejoint son père, installé dans le canton, que les services sociaux avaient réussi à localiser. S’ensuivit une période de vie peu stable, jusqu’à la disparition totale et sans laisser d’adresse de ce papa qu’Elder était venu pourtant rejoindre. Cette même famille a alors repris chez elle, presque naturellement, cet enfant auquel elle s’était attachée.
Avec un permis B, mais sans passeport !
Orphelin, apatride, sans avoir jamais pu quitter le territoire suisse, Elder a grandi, fait ses classes en VSG... et obtenu en juillet dernier le permis B. Permis qui lui accorde une autorisation de séjour à renouveler chaque année à condition qu’il possède un passeport. Or il n’en possède pas. Apprenti de commerce à Lausanne, footballeur au FC Lausanne-Sport, il a bien pris ses marques dans la société suisse. Et considère sa famille d’accueil comme sa famille tout court. « Nous le considérons, nous, comme notre fils », lui fait écho le couple vaudois.
Des craintes d’expulsion
Face au durcissement de la politique d’asile, ses parents d’accueil ont décidé de l’adopter officiellement. Mais les embûches sont là aussi nombreuses : comment prouver le décès de la maman en Angola il y a une dizaine d’années ? Et comment lui procurer un passeport alors qu’il est un « sans-papier » bien malgré lui ? A 18 ans et alors que l’Angola n’est pas considéré comme un pays à risques, Elder pourra y être refoulé. Sans rien connaître de ce pays dont il est pourtant issu. « Nous ne sommes pas encore angoissés, mais la tension et le souci augmentent au fur et à mesure que les mois passent, et que les lois se durcissent dans ce pays », témoignent les différents membres de la famille élargie.
Il ne s’appelle pas Elder. Mais s’il fait parler de lui aujourd’hui, c’est pour prévenir son expulsion. Pour inviter les chrétiens à prier pour que la procédure d’adoption soit facilitée et qu’il puisse continuer à vivre ici. Nous vous remercions de votre engagement devant Dieu en sa faveur.
Gabrielle Desarzens
* Prénom d’emprunt