Impliquer les enfants dans le service chrétien

Service chrétien en famille

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Comment éveiller les enfants à servir Dieu et leur prochain dès leur plus jeune âge ? Membre de l’équipe de leadership des Fabricants de Joie et rattachée à l'Église (FREE) des Uttins à Yverdon, Marjorie Waefler partage ses expériences pour encourager les familles à vivre la foi en action et à développer le goût du service chez les enfants. [Cet article est d'abord paru dans le journal VIVRE n°1-2026]

Marjorie Waefler utilise souvent une image parlante pour parler de la foi aux enfants des Fabricants de Joie : celle de la mer Morte et du lac de Galilée. « Dans la mer Morte, il n’y a aucun poisson, alors que le lac de Galilée est plein de vie », explique-t-elle. La différence tient au mouvement de l’eau : l’une reçoit sans donner tandis que l’autre reçoit et transmet. Une métaphore claire pour rappeler que « la foi sans les œuvres est morte » et qu’elle grandit lorsqu’elle est vécue et mise en pratique sur le terrain. « On passe ainsi de la connaissance théorique sur Dieu à une connaissance éprouvée. C’est cette dernière qui fait grandir. »

Dans les camps « Famille de Foi », Marjorie Waefler s’appuie également sur les enseignements de Stephen Covey, tirés du livre « Les 7 habitudes des familles épanouies », pour aborder le développement des familles. L’auteur décrit quatre stades : la survie, la stabilité, le succès et l’épanouissement. Si les premiers sont souvent centrés sur les besoins du foyer, le dernier ouvre la famille aux besoins des autres. « On est béni pour bénir », résume-t-elle, rappelant que la bénédiction reçue de Dieu est aussi appelée à être transmise.

Semer tôt les ingrédients du service

Dans la même logique, Marjorie aime utiliser l’image de la « machine à saucisse ». « Si je veux une saucisse au curry, je dois mettre du curry. Avec les enfants, c’est pareil : si l’on souhaite qu’ils deviennent serviteurs et tournés vers les autres, il faut semer ces ingrédients dès l’enfance », explique-t-elle. Elle évoque notamment l’exemple de la musique : investir dans des cours permet aux enfants de s’impliquer dans la louange.

Marjorie raconte ensuite comment elle et son mari ont impliqué leurs propres enfants, de 17 à 23 ans aujourd’hui, lorsqu’ils étaient missionnaires en Jordanie. « Nous nous considérions tous comme missionnaires, pas seulement papa ou maman », souligne-t-elle. Les enfants ont notamment été associés à toutes les activités Quartier Libre pour les enfants réfugiés avec l’animation d’ateliers et de jeux ou de chants. L’important, selon elle, est de repérer les dons de chaque enfant et de leur laisser le choix : « Est-ce que tu veux aider ici ou là ? »

Elle reconnaît qu’il peut être plus difficile d’impliquer les adolescents : « Il ne faut jamais forcer, mais leur présence est requise. On ne les oblige pas à participer pleinement, mais ils doivent être là avec une attitude agréable. »

Des projets concrets pour servir ensemble

À la suite des camps « Familles de foi » et « Bâtir sa maison », dans lesquels Marjorie Waefler est engagée, chaque famille est encouragée à développer un projet tourné vers l’extérieur. Elle invite à tenir compte des dons et des élans propres à chaque foyer — qu’il soit sportif, musicien, bricoleur ou amateur de cuisine — afin de trouver une manière de servir qui lui ressemble. Préparer des repas pour des migrants, proposer des animations en EMS ou partir en mission à l’étranger : les possibilités sont nombreuses.

Chaque démarche est précédée d’un temps de prière et d’écoute en famille. « Chacun partage ce que Dieu lui montre, puis la famille choisit ensemble le projet », explique-t-elle. Marjorie souligne aussi l’importance de la dimension communautaire et du plaisir : servir à plusieurs, avec des amis ou une famille partenaire, rend l’engagement plus motivant, en particulier pour les enfants.