« Beaucoup d’Églises sont accaparées par leur propre fonctionnement, relève Dylan Wirth, membre du mouvement ‘Église pour les autres’ et de l’Église évangélique de Châble-Croix (FREE) à Aigle. Elles sont occupées à faire tourner les activités, garder les jeunes, remplir les bancs. Ce sont de vraies questions, mais en lien avec l’intérieur des communautés ». Une phrase du pasteur et théologien Dietrich Bonhoeffer (1906-1945) résume le cœur de ce mouvement : « L’Église n’est Église que lorsqu’elle est là pour les autres ».
« Le deuxième manque, c’est l’isolement, ajoute Dylan Wirth. Des Églises servent leur quartier. Des œuvres s’engagent dans le social, la jeunesse ou l’éducation. Il se vit déjà beaucoup de belles choses. Mais, bien souvent, chaque organisation travaille seule dans son coin. » Le mouvement « Église pour les autres » a pour but de relier les Églises et les œuvres d’une même région. Il vise également à développer les collaborations entre régions linguistiques.
Préparer le virage missionnel de nos Églises
Depuis bientôt six ans, en Suisse alémanique, un mouvement intitulé « Zukunft Mission » (« Mission de demain ») réunit des responsables de fédérations d’Églises évangéliques, des responsables d’œuvres et des théologiens. Ensemble, ils réfléchissent au virage missionnel de l’évangélisme en Suisse. L’un des fruits de cette réflexion est le mouvement « Kirche für andere » – « Église pour les autres ». En Suisse romande, ce mouvement est animé par le Réseau évangélique suisse (RES).
« Les concepteurs de ‘Église pour les autres’ ont voulu lancer un projet capable de changer les choses en profondeur, souligne Dylan Wirth. Pour eux, il s’agit d’un processus qui s’inscrit dans la durée, pas une conférence de plus. Il s’agit d’une démarche, non d’une méthode ou d’un message qui vient d’en haut. » « Église pour les autres » propose aux communautés évangéliques de se poser avant tout une question : « Pour qui existons-nous, ici, dans notre région ? » Et chaque Église est invitée à y répondre en fonction du contexte dans lequel elle se trouve.
Rechercher le bien de la cité
Le mouvement encourage donc nos Églises à l’ouverture, elles qui ont parfois tendance à se replier sur elles-mêmes. « Je pense souvent à la lettre de Jérémie aux exilés, relève Dylan Wirth : ‘Recherchez le bien de la ville où je vous ai menés en captivité, et priez l’Éternel en sa faveur’ (Jé 29.7) ». En Suisse, les chrétiens forment une minorité à laquelle Dieu demande, non de se protéger, mais de chercher le bien de la cité. Ils sont appelés à se tourner vers les autres parce que Jésus s’est tourné vers eux en premier. Leur mission est de rendre le Christ visible.
Le mouvement « Église pour les autres » a démarré en Suisse alémanique, avec les fédérations évangéliques membres de la faîtière Freikirchen.ch, dont l’Alliance évangélique suisse (SEA) fait partie. En Suisse romande, le mouvement est porté par le Réseau évangélique suisse (RES).
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Site internet du mouvement Église pour les autres : www.kirchefuerandere.ch
Site internet du Réseau évangélique suisse : www.evangelique.ch