Johanne, comment as-tu été amenée à réfléchir à la santé mentale dans le cadre de l’Église?
En mars dernier nous avons organisé la Boîte à Vision, une journée pour les leaders de l’enfance en Suisse romande. Ensemble, nous avons choisi trois sujets prioritaires pour l’enfance, et la santé mentale en fait partie. Maintenant, il s’agit de se mettre au travail pour proposer des éléments concrets pour les Églises et œuvres chrétiennes qui souhaitent s’équiper dans ce domaine.
N’est-ce pas une thématique qui concerne les adolescents et les adultes ?
Effectivement, quand on parle santé mentale, on pense tout de suite aux défis auxquels font face les ados. Mais une bonne santé mentale se construit dès l’enfance. Il s’agit d’aider les enfants à comprendre leurs émotions, à développer leur confiance en eux, et leur donner des outils pour faire face aux difficultés de la vie.
Et il ne faut pas sous-estimer certaines difficultés rencontrées déjà dans l’enfance : l’anxiété, certains troubles du sommeil, les défis relationnels, la présence de troubles qui handicapent les enfants dans leur quotidien.
A quel type de situation liée à la santé mentale d’un enfant peut être confronté-e un moniteur ou une monitrice ?
Dans les Églises nous avons par exemple des enfants présentant des troubles de l’attention, avec ou sans hyperactivité (TDAH). Et souvent ce sont des enfants qui font face à des difficultés relationnelles, entre autres à cause de leur impulsivité.
Il y a aussi des enfants anxieux qui ont de la peine à se séparer de leurs parents. On ne parle pas tout de suite d’un trouble de la santé mentale mais il s’agit aussi de pouvoir accompagner ces enfants pour qu’ils se sentent en sécurité et puissent bien évoluer dans leur développement.
As-tu déjà accompagné un enfant ou pré-ado en difficulté dans sa santé mentale, dans le cadre ecclésial ?
Je suis régulièrement en lien avec des parents qui se font du souci pour leurs enfants. Je suis surtout là pour les écouter et les encourager. Ensemble nous pouvons réfléchir à la manière dont l’Église peut aider leur enfant à se sentir bien, à prendre sa place, et à bénéficier d’une prise en charge adéquate. Et il m’est arrivé d’en discuter directement avec l’enfant, qui a pu nous dire de quoi il avait besoin.
Les animateurs de l’enfance dans les Églises ne sont pas formés pour détecter de la souffrance psychologique. Quels signes devraient les alerter ?
Un enfant habituellement joyeux et bien intégré au groupe qui, soudainement, ne souhaite plus venir ou semble « éteint » peut manifester un mal-être. Celui-ci peut être passager ou lié à une situation ponctuelle. Être en lien avec les parents est essentiel pour mieux comprendre ce que l’enfant traverse et adapter l’accompagnement si nécessaire.
Qu’attends-tu de cette rencontre en visio-conférence sur ce sujet de la santé mentale ?
Comme son nom l’indique, les soirées « Partage tes idées » sont des moments d’échanges et de discussions. Chacun y apporte ses compétences, ses expériences et son regard. La soirée va donc dépendre des participantes et participants. Mais j’espère qu’ensemble nous pourrons enrichir notre réflexion, avancer et nous encourager.
Pour s’inscrire, voir le flyer ci-dessous:
