Michel Siegrist : « Il est nécessaire de faire nôtre le concept de la soumission réciproque »

Michel Siegrist RES

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Ethique, Eglise et mission_2026-27_pavé
Le 9 mai dernier, lors de l'Assemblée nationale de la SEA-RES, Michel Siegrist a été élu président du Réseau évangélique suisse. Cette fonction ne lui est pas inconnue, car il l'a occupée ad interim depuis l'été passé. Entretien avec ce professeur en Formation pratique à la HET-PRO, rattaché à l'Église (FREE) de Cossonay.

Après avoir assuré la présidence ad interim du RES près d’une année, vous avez été élu président début mai. Pourquoi poursuivre cette mission? En quoi cette fonction s’inscrit-elle dans une continuité de votre parcours?

J’ai choisi de continuer car je trouve la dynamique actuelle du RES vraiment intéressante, les relations avec les permanents et le Conseil sont très bonnes et j’ai le sentiment d’être à ma place.

J’ai toujours poursuivi deux axes dans mes divers ministères : la formation et la gestion. Mes divers postes ont mis en avant un axe ou l’autre. Dans ce cas, je peux mettre à profit du RES certaines compétences acquises en gestion au sens large du terme.

Quel passage de la Bible vous accompagne et soutient votre engagement au service des chrétiennes et chrétiens?

Cela fera un peu ‘dépressif’, mais pour moi, dans tout ce que je fais, je garde en tête l’Ecclésiaste. Je paraphrase : « Il faut savoir accepter les limites de la vie humaine et savourer le quotidien avec reconnaissance car tout est don de Dieu. » 

La mission du RES est de travailler à l’unité des évangéliques en Suisse. Pensez-vous à des actions à mener?

Aujourd’hui, il s’agit surtout de demeurer dans une continuité : celle du RES comme plateforme permettant aux œuvres et aux Églises de vivre l’unité, et d’être une voix qui essaye de transmettre la pensée évangélique.

J’ai été marqué par la formulation d’un réseau de santé qui définissait ainsi sa mission : « mettre en lien un système fragmenté ; offrir le bon lien au bon moment ». Même si le contexte est évidemment très différent, je trouve que cette phrase exprime assez justement ce à quoi le RES doit continuer à œuvrer.

Quels sont, à votre regard, les plus grands risques de fracture entre évangéliques?

Je pense que cela dépend des milieux. Dans certains cas, cela sera certains sujets théologiques, dans d’autres la forme que prend la piété, pour d’autres encore un détail qui devient, on ne sait pas pourquoi, une montagne. Mais le plus grand risque qui transcende tous les milieux – et qui est plus fondamental – c’est le rapport à l’autorité et au pouvoir. Il est donc nécessaire de faire nôtre le concept de la soumission réciproque.

Quel sera votre rôle pour entretenir les relations avec vos collègues de la SEA, le pôle alémanique du RES?

Je participe aux réunions, mais à ce jour, ce sont surtout Christian Kuhn et Stéphane Klopfenstein qui participent activement et magnifiquement bien, à mon avis, à la bonne relation avec nos collègues suisses-allemands. 

Vous êtes aussi syndic de votre village. Qu’est-ce qui vous a amené à vous investir dans la vie politique de votre commune?

Dès mon arrivée dans mon village, je me suis investi au Conseil général. Il me semblait naturel de le faire en tant que citoyen. Et c’était une manière de m’intégrer. Après m’être impliqué dans plusieurs commissions, on m’a demandé si je serais intéressé à rejoindre l’exécutif. Je ne me suis pas posé beaucoup de questions, car cette perspective m’intéressait réellement. Dix ans plus tard, je trouve cet engagement toujours aussi passionnant.

Comment cette fonction alimente-t-elle votre réflexion sur la présence des évangéliques dans la société?

Cela me permet de réfléchir à la manière d’être un acteur chrétien dans et pour la société. Dans ma perspective personnelle, cela rejoint cette mission importante d’être missionnaire là où on est. Et j’avoue que, parfois, cela m’interroge sur le décalage entre ce que le milieu évangélique imagine des besoins sociétaux et des besoins que l’on côtoye réellement.

Qu’est-ce qui vous réjouit, concernant les relations tissées entre le RES et la FREE, plus grande fédération évangélique en Suisse romande?

Ce qui me réjouit, c’est que la relation est authentique et que chacun a aujourd’hui son rôle et sa place. Ce qui, par le passé, n’était pas toujours le cas; il pouvait y avoir des confusions vu de l’extérieur.