L’Ascension fortifie notre espérance, en lien avec le retour du Christ

Soleil nuages 1920x1080
14 mai 2026

Partager cet article

Partager cet article

Publicité

Pavé SME 2025 - 300x200px - Former, c'est valoriser
L’Ascension de Jésus-Christ est accompagnée d’une promesse : son retour. Cette perspective oriente notre manière de vivre notre foi. Philippe Bury, secrétaire général du Service de missions et d’entraide (SME), nous propose de nous inscrire dans cette perspective réjouissante.

Les apôtres réunis demandèrent à Jésus : « Seigneur, est-ce en ce temps que tu rétabliras le royaume d’Israël ? » Il leur répondit : « Ce n’est pas à vous de connaître les temps ou les moments que le Père a fixés de sa propre autorité. Mais vous recevrez une puissance, le Saint-Esprit survenant sur vous, et vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée, dans la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre ».

Après avoir dit cela, il fut élevé pendant qu’ils le regardaient, et une nuée le déroba à leurs yeux. Et comme ils avaient les regards fixés vers le ciel pendant qu’il s’en allait, voici, deux hommes vêtus de blanc leur apparurent, et dirent : « Hommes Galiléens, pourquoi vous arrêtez-vous à regarder au ciel ? Ce Jésus, qui a été enlevé au ciel du milieu de vous, viendra de la même manière que vous l’avez vu allant au ciel » (Actes 1.6-12).

* * *

Dans l’Ancien Testament, le peuple d’Israël était invité à commémorer fidèlement les fêtes prescrites par l’Éternel, et à les expliquer aux générations suivantes. Nous aussi, nous sommes conviés à marquer ces temps, à nous arrêter, à revenir sur ces événements et, surtout, à vivre le sens de ces fêtes dans le quotidien de notre vie d’aujourd’hui.

L’Ascension commémore l’enlèvement de Jésus au ciel, à la droite de son Père, ainsi que les dernières paroles échangées avec ses disciples, l’intervention des anges pour les sortir de leur désarroi. Quelle signification ces événements ont-ils pour nous aujourd’hui ? En fait, parmi plusieurs significations, nous allons nous laisser interpeller par celle du retour de Jésus : « Hommes Galiléens, pourquoi vous arrêtez-vous à regarder au ciel ? Ce Jésus, qui a été enlevé au ciel du milieu de vous, viendra de la même manière que vous l’avez vu allant au ciel » (v. 11).

L’affirmation des anges nous rappelle l’éternité vers laquelle nous nous dirigeons, et le fait que nous sommes citoyens des cieux. Nous le sommes un peu à la manière des héros de la foi mentionnés dans la lettre aux Hébreux : « C’est dans la foi qu’ils sont tous morts, sans avoir obtenu les choses promises ; mais ils les ont vues et saluées de loin, reconnaissant qu’ils étaient étrangers et voyageurs sur la terre. Ceux qui parlent ainsi montrent qu’ils cherchent une patrie » (Hé 11.13-14).

Comme les croyants mentionnés dans la lettre aux Hébreux, nous sommes donc « étrangers et voyageurs sur la terre ». Et, à la demande de Jésus, nous nous préparons activement à une réalité plus importante que celle que nous vivons sur terre : « Amassez-vous des trésors dans le ciel, où la teigne et la rouille ne détruisent point, et où les voleurs ne percent ni ne dérobent » (Mt 6.20).

Le confort et la somnolence spirituelle

Mais les nombreux bienfaits et privilèges que nous offrent notre société nous font oublier le côté provisoire et partiel de notre réalité présente. La paix, la sécurité, la liberté, l’état de droit, le travail, l’abondance, le confort matériel, les assurances sont autant de bienfaits qui nous poussent à nous soucier de ce que nous avons, plutôt que de ce qui nous attend. Ces bienfaits peuvent constituer un piège sournois, un risque d’attiédir nos cœurs, d’entraver notre amour pour Dieu, de nous faire oublier la réalité du retour de Jésus. Ce dernier nous avertit à ce sujet : « Prenez garde à vous-mêmes, de crainte que vos cœurs ne s’appesantissent par les excès du manger et du boire, et par les soucis de la vie » (Luc 21.34).

Lorsque l’Église est persécutée, ou lorsque les chrétiens vivent dans l’inquiétude, la perspective du retour du Christ est certainement plus présente. Lorsque nous sommes prisonniers, exilés, brimés, moqués, affamés, malades, apeurés… nous développons cette attente : « Seigneur, que ton retour en gloire s’accomplisse. Viens, Seigneur ! » L’apôtre Paul l’exprime ainsi : « Nous gémissons dans cette tente, désirant revêtir notre domicile céleste » (2Co 5.2).

Le retour de Jésus et l’avènement Royaume sont des sujets qui gênent parfois les chrétiens. Ainsi, une jeune chrétienne expliquait à son pasteur : « J’aimerais me marier, avoir des enfants, vivre ma vie de jeune adulte ». Et lui de répondre : « Ce désir est légitime. Et rien ne t’interdit de te projeter dans l’avenir. Mais il ne faudrait pas que ces aspirations terrestres te fassent passer à côté de la réalité du retour de Jésus ».

Durant un séjour de vacances et de retraite spirituelle, une dame, bien installée dans la vie, objectait : « Pasteur, arrêtez de prêcher sur ce sujet. Ça me fait peur. Ça me travaille. Ça me gâche les vacances ! » « Si c’est le cas, alors tant mieux, lui avait répondu le pasteur. N’y a t-il pas des choses à mettre en règle dans votre vie ? Des priorités à rétablir ? Du tri à opérer ? »

Le retour du Christ nous pousse au service

Nous aimons parler des bienfaits accordés par Dieu, de sa consolation dans la peine, de son réconfort dans la tristesse, de sa paix lorsque nous sommes troublés, de la guérison du corps et de blessures intérieures.

La question du retour du Christ est perçue de manière moins positive. Rappelons que cette perspective glorieuse sera malgré tout l’occasion d’une séparation. Jésus prévient : « Lorsque le Fils de l’homme viendra dans sa gloire […]. Toutes les nations seront assemblées devant lui. Il séparera les uns d’avec les autres, comme le berger sépare les brebis d’avec les boucs ; et il mettra les brebis à sa droite, et les boucs à sa gauche. Alors le roi dira à ceux qui seront à sa droite : ‘Venez, vous qui êtes bénis de mon Père ; prenez possession du royaume […]. Car j’ai eu faim, et vous m’avez donné à manger ; j’ai eu soif, et vous m’avez donné à boire ; j’étais étranger, et vous m’avez recueilli ; j’étais nu, et vous m’avez vêtu ; j’étais malade, et vous m’avez visité ; j’étais en prison, et vous êtes venus vers moi. […] Toutes les fois que vous avez fait ces choses à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous les avez faites’. Ensuite il dira à ceux qui seront à sa gauche: ‘Retirez-vous de moi […]. Car j’ai eu faim, et vous ne m’avez pas donné à manger…’ » (Mt 25.31-46)

Nous savons que nous sommes sauvés par la grâce seule. Mais celle-ci nous pousse à des œuvres d’amour. Quant à la perspective du retour du Christ, elle nous donne envie de partager le message de l’Évangile avec celles et ceux qui ne le connaissent pas encore.

Ainsi, nous vivons déjà une double réalité qui n’est pas exempte d’une certaine tension :

  • nous vivons sur terre, mais nous sommes citoyens du ciel ;
  • nous profitons des bienfaits du monde présent, mais avec la capacité de nous en détacher ;
  • nous gérons nos affaires en personnes sérieuses, responsables et prévoyantes, mais nous ne nous inquiétons pas du lendemain ;
  • nous vivons de la grâce de Dieu, mais nous nous levons et nous travaillons en réponse à son appel.

Demandons à Dieu de recevoir, par le Saint-Esprit, la manière de penser et d’agir de Dieu. Alimentons nos lectures, nos pensées et nos prières de cette perspective du retour de Jésus, ainsi que de la mission qu’il nous a confiée : « Allez, faites de toutes les nations des disciples » (Mt 28.19). En ce temps de l’Ascension, que Dieu nous aide à garder un esprit vigilant, concernant son prochain retour.