Ils sont une dizaine cette année, entre 13 et 15 ans. Ils rejoignent les locaux de l’Église évangélique de l’Oasis (FREE), à Morges, pour une soirée mensuelle « Zone B » qui tient à la fois du catéchisme et du groupe de jeunes. Au programme : une animation qui mettra la Bible en relation avec la vie quotidienne, un repas, un moment de prière, un temps de discussion en petits groupes, une partie de baby-foot et pas mal de dialogues, en particulier avec l’équipe d’encadrement.
« Pour les jeunes, certains membres de l’équipe d’encadrement sont un peu des dinosaures, relève Bertrand Imobersteg, 55 ans, ancien menuisier, ancien aiguilleur du ciel et nouveau pasteur dans l’Église. Mais ceux-ci discutent beaucoup, et nous discutons avec eux. » Cela dit, les quatre animateurs – Melora, Nancy, Arthur et Bertrand – cherchent à recruter des personnes plus jeunes. Il s’agit de faciliter le contact avec les adolescents et d’assurer la relève.
Le concept « Zone B » s’est développé à partir de 1999, dans l’Église évangélique « L’Oasis », à Morges. L’impulsion est venue du pasteur jeunesse Jean-Christophe Emery et de la Commission jeunesse de nos Églises. Puis, au cours des années, les rencontres « Zone B » ont accueilli des jeunes des Églises voisines : Rolle, Gimel, Lavigny et Cossonay.
Découvrir l’action de Dieu dans le quotidien
L’emploi d’animations thématiques permet aux jeunes de découvrir, en groupes, l’action de Dieu dans leur vie quotidienne. Les thèmes sont choisis en conséquence : la confiance, l’avenir, la famille, l’amour, l’argent, la sexualité, les religions…
Par exemple, avec l’animation « Le fric, c’est chic », les jeunes réfléchissent à ce que nous dit la Bible à propos de notre rapport à l’argent, sa gestion dans la vie de tous les jours, le partage, les impôts, la pauvreté. Avec le jeu de rôle « 70 minutes pour vivre » – une minute de jeu représente une année de vie – les participants sont confrontés aux aléas de la vie, à sa brièveté et aux injustices qu’elle impose. Les jeunes sont poussés à réagir. Avec « Juste-injuste », ils ressentent ce que c’est que d’être privilégié ou défavorisé. Comment se fait-il qu’un Dieu d’amour permette les injustices et les guerres ? Qu’est-ce que la liberté de choix donnée aux humains, y compris lorsqu’ils projettent de commettre le mal ? « Les jeunes sont poussés dans leurs retranchements, souligne le pasteur. Ils sont confrontés aux réalités de la vie, ils cherchent dans la Bible la manière de les vivre et ils se prennent vraiment au jeu. »
Pour l’équipe d’animation de « Zone B », l’accueil des jeunes est une priorité : « Nous désirons qu’ils se sentent accueillis tels qu’ils sont. » Ainsi, les participants n’hésitent pas à parler librement, à inviter parfois des amis qui ne font pas partie de l’Église. Grâce à un groupe WhatsApp, ils restent en contact, posent des questions, demandent parfois la prière.
« En ce qui concerne l’accueil, les jeunes doivent voir une différence dans le regard que nous posons sur eux, poursuit Bertrand Imobersteg. Peu importe ce que me dit cette jeune fille ou ce jeune gars, je veux accueillir sa situation de vie, même ce qui ne me semble pas juste. » Il s’agit aussi de s’intéresser aux jeunes, d’oser leur demander comment se passe leur quotidien, de s’intéresser à leurs centres d’intérêt. « Et nous voyons des changements chez eux ! », se réjouit le pasteur.