Dimanches de l’Église persécutée : la Syrie au cœur des regards

Le père Fadi Azar dans son contexte

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Les 1er et 8 novembre 2026, le Réseau évangélique suisse (RES) invite les Églises à consacrer un culte à la réalité des chrétiens persécutés. Cette année, le Nigeria, la Syrie et l’Asie centrale sont particulièrement mis en lumière. Zoom sur la Syrie avec le père Fadi Azar et le ministère Go-Sport.

À l’occasion des Dimanches de l’Église persécutée, les Églises sont invitées par le RES à consacrer un culte à la réalité des chrétiens persécutés, le 1er ou le 8 novembre. Seront mis en lumière cette année : le Nigeria, la Syrie et l’Asie centrale. 

La Syrie grimpe au 6e rang

En Syrie, après la chute de Bachar al-Assad, la situation des chrétiens syriens s’est par exemple fortement dégradée. Dans l’Index mondial de persécution 2026 de Portes Ouvertes (PO), la Syrie est passée du 18e au 6e rang. Au moins 27 chrétiens ont été tués en raison de leur foi au cours de la dernière année, dont 22 lors de l’attentat suicide qui a frappé une église orthodoxe à Damas en juin.

Sous le nouveau pouvoir dirigé par le groupe radical Hayat Tahrir al-Sham (HTS), de nombreux chrétiens vivent dans l’insécurité et sont contraints de quitter le pays. Les attaques visant des édifices religieux et des symboles chrétiens ont augmenté. La communauté chrétienne, estimée à 1,2 million de personnes avant la guerre, ne compte plus qu’environ 300 000 membres aujourd’hui.

Un intérêt nouveau pour la foi chrétienne

Pourtant, certains choisissent de rester. Le père Fadi Azar, franciscain* d’origine palestinienne, supérieur et directeur du Collège de la Terre Sainte et vicaire de la paroisse franciscaine Saint-François-d’Assise à Alep, en témoigne. Bien qu’ils soient peu nombreux, « les chrétiens sont plus unis que jamais et encouragés par les opportunités qui naissent de cette crise. Un intérêt nouveau pour la foi chrétienne émerge dans les autres minorités et groupes religieux ainsi qu’un renouveau spirituel au sein des communautés historiques ».

Né et élevé en Jordanie d’un père évangélique et d’une mère catholique, le père Fadi Azar a rejoint l’ordre franciscain avant de commencer son ministère en Syrie en 2015, en pleine guerre civile. Lors de la journée annuelle de Portes Ouvertes, organisée à Yverdon le 28 août, il a présenté notamment le projet Go-Sport, une initiative développée par les partenaires de Portes Ouvertes en Syrie, en 2020, dans la paroisse du Sacré-Cœur, à Lattaquié. Le père Fadi Azar était en poste dans cette ville pendant plusieurs années.

Le projet Go-Sport : sport, foi et développement personnel

Le projet s’adresse aux jeunes de la paroisse et associe sport (football et basket-ball), foi et développement personnel. Des entraîneurs venus d’Égypte et des professionnels encadrent les participants. « Les jeunes ont approfondi leur connaissance du Christ, appris les valeurs chrétiennes du pardon, du partage et du service, tout en développant leur leadership. Certains sont ensuite devenus eux-mêmes formateurs », témoigne le père Fadi. Une équipe féminine de football a également été créée, malgré les réticences initiales de certaines femmes, pour qui ce sport était traditionnellement réservé aux hommes.

Dans le contexte moyen-oriental, le projet doit respecter certaines limites. « Nous ne pouvons pas évangéliser librement, c’est interdit en Syrie. Lorsque des personnes manifestent spontanément un intérêt pour la foi chrétienne, leur démarche est examinée avec prudence », explique-t-il. La paroisse travaille aussi avec différentes communautés de Lattaquié, notamment les orthodoxes et les Arméniens, et organise des tournois de sport à Lattaquié, Damas et ailleurs. L’académie sportive bénéficie aujourd’hui du soutien de l’AC Milan et du Real Madrid.

*Les franciscains forment un ensemble d’organisations apparentées au sein de l’Église catholique, fondées par le Saint-François-d’Assise.

Lien vers le site de Portes Ouvertes