Charte contre les comportements transgressifs : 62 organisations évangéliques suisses l’ont signée

le 11 septembre à la HET-PRO, St-Légier

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Une cinquantaine de représentants de fédérations/unions d’Églises ou d'oeuvres évangéliques se sont réunis pour la Conférence de redevabilité et d’impulsions organisée par le Réseau évangélique suisse. La rencontre a permis aux acteurs présents de s’encourager dans la lutte contre les comportements transgressifs dans le milieu ecclésial.

Le 11 septembre dernier, une cinquantaine de représentants d’œuvres et de fédérations d’Églises évangéliques se sont retrouvés pour la conférence de redevabilité et d’impulsions du Réseau évangélique suisse (RES). Cette matinée biennale avait un objectif clair : assurer une forme de redevabilité pour les organisations signataires de la charte « Ensemble contre les comportements transgressifs », et exposer le risque que représentent les auteurs d’abus spirituels dans le milieu des Églises.

Pour le RES, ces rencontres sont essentielles afin de s’assurer que « la charte ne devienne une coquille vide »[1]. En effet, une fois la Charte signée, il est attendu que chaque organisation/union d’Églises adapte et applique les documents de base à son propre contexte, afin que le processus mis en place réponde aux éventuels signalements d’abus au sein de l’organisation.

[1] https://evangelique.ch/projet-ecct/

Plus de signataires et des retours positifs

La rencontre du 11 septembre est la deuxième de ce type depuis le lancement de la Charte et depuis la précédente, le panorama a beaucoup évolué. On compte désormais soixante-deux organisations évangéliques signataires; et le RES a recueilli des retours positifs sur l’application de la charte ainsi que sur le suivi des signalements d’abus, lorsqu’il y en a.

Président du Réseau évangélique suisse, Christian Kuhn a d’abord accueilli les nouvelles organisations signataires, et les présences ont été notées. En effet, une absence a une rencontre de redevabilité impliquera désormais un avertissement et à la seconde absence, l’organisation concernée se verra retirée de la liste des signataires. Il sera d’ailleurs bientôt possible de vérifier le statut de suivi des rencontres directement depuis le site du groupe de pilotage « Ensemble contre les comportements transgressifs ».

Apprendre à repérer les abus spirituels

Une bonne partie de la rencontre a été consacrée à la formation continue avec une intervention de la psychologue, psychoclinicienne et psychanalyste française Édith Tartar Goddet sur la thématique des abus spirituels. Par visioconférence, la spécialiste a présenté les signes à repérer pour reconnaître les comportements transgressifs de nature spirituelle pouvant survenir dans un milieu d’Églises, ainsi que la bonne attitude à adopter face à ceux-ci.

Partage d’expérience

Ensuite, les représentants de fédérations ou d’œuvres ont échangé entre eux au sujet de la charte élaborée par leur organisation, avec les prises de conscience et défis que cela engendre. Une partie des organisations se trouve dans l’étape de l’adaptation des documents proposés par le RES, notamment pour les derniers signataires. La charge de travail pour mettre en place ce document varie grandement d’une association à l’autre, en fonction de sa taille, de son public cible ou de son fonctionnement.

Des fédérations comme la FREE, dont le document de base intitulé « Engagement pour le respect de l’intégrité de l’être humain » a déjà été adopté par une majorité de ses communautés, ont déjà un peu de recul et peuvent partager leur expérience. En cela, les discussions sont particulièrement précieuses pour s’encourager dans la lutte contre les comportements transgressifs.

Toujours plus d’Églises FREE impliquées

Garant de vision du Cercle Théologie, Éthique et Pastorale à la Fédération romande d’Eglises évangéliques (FREE), Nirine Jonah était présent à cette conférence de redevabilité pour représenter la FREE. A ses yeux, une rencontre comme celle-ci permet une «richesse partagée sur la concrétisation de la lutte contre les comportements transgressifs». Nirine Jonah se dit reconnaissant pour les Églises de la FREE qui réfléchissent activement à rejoindre les trente-sept communautés ayant déjà signé le document de base qu’il a élaboré.

Au printemps dernier, de nombreux responsables d’Églises membres de la FREE ont été conviés à participer à une formation pour prévenir et gérer les situations de violences conjugales. Et à l’avenir, d’autres formations seront proposées pour équiper les Églises de la fédération dans la lutte contre les comportements transgressifs. Avec cet objectif: «que l’Évangile s’exprime en paroles et en actes, au service de la justice et de la dignité de toute personne »[1], comme le mentionne les différentes chartes de la FREE.

[1] https://lafree.ch/chartes/