« Le sionisme est-il la solution aux souffrances du peuple juif ? » Dans sont livre intitulé « Israël en son mystère », le pasteur Jean-Jacques Meylan propose une réflexion originale à propos de la question israélo-palestinienne. À l’heure où nous sommes sommés d’être pro-israélien ou pro-palestinien, l’auteur nous propose de ne pas choisir, mais de placer la recherche de la paix au-dessus des opinions partisanes.
Ancien pasteur au sein de la FREE, Jean-Jacques Meylan rappelle d’abord que, selon la Bible, la terre appartient à Dieu. Ainsi, la terre de la Promesse, avant d’appartenir aux Juifs ou aux Arabes, appartient au Créateur. Il a la légitimité et le pouvoir de laisser habiter qui il veut sur cette terre. Et, c’est lui qui en détermine les conditions : « Je vous ai choisis, vous seuls parmi toutes les familles de la terre ; c’est pourquoi je vous châtierai pour toutes vos iniquités » (Am 3.2). Parfois, pour Israël, le châtiment a pris la forme d’une déportation.
Cela conduit Jean-Jacques Meylan à questionner le sionisme, un mouvement politique, nationaliste et laïque. Pour certains chrétiens, le sionisme accompagne le miracle de la renaissance nationale d’Israël. Par contre, pour certains juifs parmi les plus religieux, le sionisme est une idolâtrie, car seul le Messie est habilité à susciter le retour collectif du peuple juif en Palestine.
Quant au sionisme actuel, teinté se suprémacisme et de colonialisme, il marque une dérive qui met à la fois Israël et ses voisins en danger. En particulier, les dérives du sionisme éloignent Israël de ses alliés, et même d’une partie de la diaspora juive.
La symétrie des expériences et des souffrances
Un point important soulevé par l’auteur, c’est la symétrie des expériences et des souffrances qui touchent à la fois les Israéliens et les Palestiniens : « Toutes les bassesses et toutes les vertus qui peuvent être attribuées à chacun des deux peuples sont symétriquement transposables à l’autre ». Les souffrances ont emprisonné chaque peuple dans son histoire violente et traumatique. Ainsi, « les populations d’Israël-Palestine ont d’avantage besoin de Bons Samaritains que de supporteurs partisans de leur cause », souligne Jean-Jacques Meylan.
En effet, il est rappelé que, selon la Bible, Dieu a fait des promesses à Israël, mais aussi aux descendants d’Ismaël. Cela rend problématique le soutien exclusif de certains chrétiens occidentaux à Israël, au détriment des populations arabes. Et ce soutien tranche avec le positionnement de communautés chrétiennes proche-orientales qui ne comprennent pas pourquoi la population arabe devrait être la victime collatérale du désir de l’Occident de réparer ses fautes à l’égard du peuple juif.
Pour Jean-Jacques Meylan, « le débat sionisme-antisionisme n’est plus d’actualité ». Il en est de même des approches partisanes, pro-israélienne ou pro-palestinienne, qui n’ont pas apporté de solution. « Vous devez être pro-paix », lance l’auteur.
Par son titre, le livre rappelle à quel point la situation au Proche-Orient est complexe, voire inextricable. En analysant un bon nombre de paramètres, il nous pousse à adopter un point de vue humble. En nous demandant d’être pro-paix, il nous exhorte à choisir une position qui pourrait sembler naïve. Mais, en existe-t-il une autre ?
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Jean-Jacques Meylan, Israël en son mystère – Le sionisme est-il la solution aux souffrances du peuple juif ?, 156 pages, Éd. UNIxtus, Le Mont-sur-Lausanne (www.unixtus.ch), 2026.