Regard d’un évangélique suisse sur Donald Trump

Trump
30 avril 2026

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Ancien pasteur d'une Église de la FREE, Jean-René Moret est aujourd'hui secrétaire général des Groupes bibliques des écoles et universités (GBEU). De sa plume acérée, il explique pourquoi tout oppose Donald Trump et les valeurs de l'Évangile. Ce texte d'opinion est d'abord paru dans le journal 24 Heures du 25 avril.

Voici quinze mois que Donald Trump a entamé un second terme qui éclipse le premier en matière d’outrances, de mesures-choc et de menaces à tout va. Le monde est aussi marqué par le soutien massif d’ «évangéliques blancs» pour Trump, et par les images de figures évangéliques priant pour lui.

Tout le contraire du Christ et de son message

Tout oppose pourtant Trump aux valeurs des Évangiles. Jésus réprouve le divorce, Trump en est à sa troisième femme. Jésus considère le regard de désir envers une autre femme comme un adultère, Trump se vante d’attraper des femmes par la chatte et est condamné pour agression sexuelle.

Jésus valorise les humbles, les doux, les ouvriers de paix et l’amour des ennemis. Trump est vantard, insultant, moqueur, menace ses ennemis d’annihilation et déclenche des guerres sans but. Le régime iranien, tyrannique et oppressif, ne mérite aucune sympathie. Mais la récente guerre n’a fait qu’accentuer la mainmise des gardiens de la révolution sur le pays.

Confiance en la Bible versus confiance en lui-même

Les évangéliques prônent la confiance en la Bible, un salut par grâce par la foi en Jésus et sa mort pour les fautes humaines et la repentance pour ses mauvaises actions. Trump étale son inculture biblique, place toute sa confiance en lui-même et ne reconnaît que très rarement et évasivement ses torts.

Un marché avec les conservateurs

En businessman cynique, Trump a proposé un marché aux conservateurs et à certains leaders évangéliques. Des juges conservateurs à la Cour suprême contre un soutien électoral. De la visibilité en échange d’un soutien indéfectible. L’illusion d’un accès au pouvoir contre le fait de fermer les yeux sur ses frasques. En présentant Trump comme un envoyé ou un outil de Dieu, ces leaders ont renoncé à dénoncer ses torts, chez lui comme chez les autres. Cependant, d’autres leaders et individus évangéliques ont su se montrer critiques envers le président.

Accentuation des divisions

Trump a aussi profité de la polarisation de la politique américaine et l’a accentuée. Dans une situation où l’arène politique semble divisée en deux camps ennemis et irréconciliables, Trump s’est présenté comme celui qui pouvait battre les progressistes. Sa rhétorique extrême est appréciée par ceux qui ne veulent que la défaite de l’autre camp. Et le succès de Trump ne fait qu’encourager ceux qui adoptent le même style, dans les deux camps, accentuant encore les divisions.

Un complexe messianique

Lorsque Trump partage une représentation de lui en Jésus guérissant des malades, il montre bien sûr son orgueil et son manque de respect pour celui en qui les chrétiens reconnaissent le Fils de Dieu. Il montre un complexe messianique, alimenté par un entourage de béni-oui-oui. Finalement, il montre qu’il réclame pour lui-même la confiance que les chrétiens devraient mettre en Jésus.

Ne pas mélanger pouvoir divin et pouvoir politique

Pour conclure, donnons quelques antidotes à cette mauvaise collusion du politique et du religieux. Jésus appelle à rendre à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu, donc à ne pas mélanger pouvoir divin et pouvoir politique. Jésus annonce un royaume qui n’est pas de ce monde, qui n’avance pas par la puissance politique ou militaire, mais par l’humble témoignage de ceux qui croient en lui. Les différences ethniques ou nationales ne doivent jouer aucun rôle dans le rassemblement de ceux qui croient en Jésus.

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