L’Eglise-café s’est invitée au Forum des implanteurs

L’Eglise-café s'est invitée au Forum des implanteurs
2 février 2015

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Le Forum des implanteurs d'Eglises, qui s'est déroulé le 31 janvier dernier à l'Institut biblique et missionnaire Emmaüs, a donné la parole à Bob Hopkins. Ce spécialiste britannique de l'implantation de nouvelles Eglises en phase avec les cultures qui cohabitent en Europe, a emmené son public vers le futur.

« En Europe, le dimanche est le jour destiné aux achats, aux loisirs et à la famille, explique Bob Hopkins, un responsable du mouvement Fresh Expressions. Ce jour n’est pas forcément bon pour inviter des non-chrétiens à rejoindre un culte. » L’orateur principal du Forum des implanteurs d’Eglises qui s’est tenu le 31 janvier à l’Institut biblique et missionnaire Emmaüs, à Saint-Légier, nous invite à nous mettre à l’écoute d’une société qui a radicalement changé.
Par le passé, l’Eglise se trouvait au centre de la société, et la société s’adaptait à l’Eglise. Aujourd’hui, au contraire, c’est l’Eglise qui doit s’adapter à la société ou disparaître. Les chrétiens doivent donc prendre le temps de se mettre à l’écoute de Dieu, puis de la société dans laquelle ils vivent, afin de dire l’Evangile avec des chances d’être compris.
« L’un des grands changements intervenus durant ces dernières décennies, explique Bob Hopkins, c’est que notre société est devenue pluraliste et que les gens fonctionnent en réseaux. » Cela implique que les Eglises ne s’adressent plus à un groupe homogène, mais à des cultures distinctes, souvent très différentes les unes des autres.
Un autre changement radical est le rapport de la société aux Eglises. En Europe, très peu de personnes conservent des contacts réguliers avec une communauté chrétienne. La majorité de la population ne sait rien, ni des Eglises, ni de la Bible, ni de la foi.

Il va falloir tout changer !
Cette nouvelle réalité fait dire à Bob Hopkins que nous allons devoir tout changer : « Il faut changer les jours et les heures des rencontres, les personnes qui conduisent les activités, les bâtiments, les types de rencontres, la taille des groupes. » Aux côtés d’Eglises plus traditionnelles ou généralistes vont se développer des communautés plus spécialisées : pour les hommes, pour les familles, pour les étrangers, pour les fêtards noctambules, pour les personnes en recherche de Dieu, pour les réseaux sociaux, pour les quartiers neufs de nos villes. Fresh Expressions est l’un des mouvements qui accompagnent cette révolution.
Un exemple d’évolution sur le modèle Fresh Expressions : l’Eglise-café. « La cultre-café est très importante en Europe, souligne Bob Hopkins. C’est une manière privilégiée de se rencontrer. Etablissons donc des cafés dans nos chapelles, ou au moins dans le hall d’entrée. Organisons des rencontres dans des salles polyvalentes avec café, cours de danse, clubs de photographie ou ateliers de bricolage. Allons plus loin et créons des communautés dans de véritables cafés que nous louons ou achetons. »

Claude-Alain Baehler

Bob et Mary Hopkins

Bob et Mary Hopkins habitent Sheffield, à une cinquantaine de kilomètres à l'est de Manchester. Ils ont une solide expérience pratique de la mission et de l’implantation d’Eglises dans des milieux très divers. Durant 19 ans, ils ont été à la tête de Anglican Church Planting Initiative, un mouvement d'implantation d'Eglises anglican. Ils ont également travaillé 14 ans au sein du conseil de la paroisse de Saint-Thomas, à Sheffield. Depuis 2004, ils ont rejoint l'équipe du mouvement Fresh Expressions.

Créé en 2004, le mouvement Fresh Expressions – expression fraîche, renouvelée – encourage le développement de nouvelles formes d'Eglises adaptées à un monde en évolution rapide. Issu de l’Eglise d'Angleterre et de l’Eglise méthodiste, Fresh Expressions s'adresse aux chrétiens et aux Eglises de toutes dénominations. Il vise autant la transformation de communautés existantes que l'implantation de nouvelles Eglises.

Fresh Expressions fonctionne selon quelques principes prioritaires. Il rappelle que la foi et l'écoute de Dieu passent avant les structures et les méthodes. Il encourage les chrétiens à prendre le temps de comprendre la culture dans laquelle ils sont témoins de l'Evangile. Il vise à la formation de disciples.

Quelques exemples d'implantations d'Eglises

Durant la journée, trois projets d'implantation d'Eglises ont été présentés.

Quartier libre – Didier Crelier, le responsable des rencontres pour enfants Quartier libre, a expliqué que quelque 90 groupes fonctionnent actuellement en Suisse, en France et en Belgique. Les rencontres ont lieu « sous les balcons », dans les quartiers, afin que les parents voient ce qui s'y passe. Quartier libre propose non seulement le message de l'Evangile, mais aussi un enseignement qui contribue au développement et à l'épanouissement des enfants.
Quartier libre est actuellement un outil missionnaire pour les Eglises, ainsi qu'une interface entre les Eglises et la société. Mais ses responsables cherchent des solutions afin que le mouvement contribue de manière plus directe à l'implantation de nouvelles Eglises.

1 pour 10'000 – Daniel Liechti, le vice-président du Conseil national des évangéliques de France (CNEF), a présenté le projet 1 pour 10'000 qui vise à implanter quelque 4000 nouvelles communautés en France. Actuellement, une nouvelle Eglise est créée tous les dix jours dans ce pays. Il s'agit d'augmenter notablement la cadence afin d'atteindre le but fixé dans des délais raisonnables.
L'objectif 1 pour 10'000 est soutenu par toutes les dénominations affiliées au CNEF, l’instance faîtière des évangéliques français. L'une des priorités du projet est la formation de chrétiens qui ont reçu un appel pour l'implantation d'Eglises.

Le Tag – Emmanuel Schmid, l'un des responsables de l’Eglise « itinérante » Le Tag (FREE), a fait le point de la situation. Il s'est réjoui : « Le principal point positif ce cette expérience, c'est la convivialité. Les gens aiment se retrouver. » La communauté continue de ne surtout pas se réunir le dimanche ; un jour qui, selon Emanuel Schmid, « ne convient justement pas à 95 % des Suisses ».
L'un des objectifs du Tag était de libérer les chrétiens afin qu'ils disposent de temps pour aller à la rencontre de non-chrétiens. Cela fonctionne plutôt bien, mais pose de nouveaux problèmes : comment trouver le bon moment et la bonne occasion pour parler de foi avec ces nouveaux amis ?