Sandrine Ray, du rêve olympique à l’accompagnement des athlètes

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Présente aux Jeux olympiques d’hiver de Milan-Cortina jusqu’au 24 février, Sandrine Ray y sert comme aumônière auprès des sportifs d’élite. Au cœur de l’événement, elle se rend disponible pour écouter, encourager et soutenir ceux qui traversent parfois des réalités invisibles aux projecteurs. Son propre parcours d’athlète de haut niveau éclaire aujourd’hui sa mission.

« En tant que spectateurs, il est difficile d’imaginer ce qu’un athlète peut vivre au niveau privé : un décès peu avant la compétition, la maladie grave d’un proche etc. Et combien il est délicat pour les athlètes de savoir comment se concentrer pleinement sur les épreuves sportives avec des situations compliquées à gérer en-dehors », relève Sandrine Ray.

L’aumônière sportive accompagne actuellement les sportifs ou anciens sportifs d’élite aux Jeux olympiques d’hiver de Milan-Cortina et partage quelques échos de sa mission. « J’ai pu avoir différents contacts et temps de partage avec des athlètes ou anciens athlètes. Dieu est bon et il se passe souvent quelque chose lorsque l’on est disponible », témoigne-t-elle. 

Pour trouver les mots justes afin de soutenir aux mieux les compétiteurs, l’aumônière se base sur le passage biblique d’Ésaïe 50.4 : « Que Dieu me donne une oreille attentive pour recevoir les paroles qui relèvent le faible, encouragent ceux qui en ont besoin. » 

Si elle comprend si bien ces tensions intérieures, c’est qu’elle les a elle-même traversées.

Des premiers patins au Jeux olympiques

À quatre ans, Sandrine Ray enfile ses premiers patins. À huit ans, elle fait un rêve tout particulier où elle se voit entrer dans le stade olympique lors d’une cérémonie d’ouverture. À l’époque, le hockey sur glace féminin n’est pas une discipline olympique et reste même interdit aux filles dans certains contextes. « C’était un rêve impossible, mais il semblait tellement réel que j’y ai cru de tout mon cœur », confie-t-elle.

La pression devient lourde

À 14 ans, seule fille parmi les garçons, elle songe à arrêter face aux différences physiques. Mais cette même semaine, elle est repérée par un entraîneur, rejoint la Ligue Nationale A et l’équipe suisse des moins de 18 ans. Le hockey féminin devient ensuite une discipline olympique et son rêve commence à prendre forme. Mais à 15 ans, entre apprentissage, maturité professionnelle et la maladie grave de son père, la pression devient lourde. Elle s’interroge sur l’aide que Dieu pourrait lui apporter.

« J’avais grandi avec une maman chrétienne qui m’avait toujours dit que Jésus c’est un ami à qui je peux parler et qui est toujours là ». Mais sans trouver de réponse immédiate, elle place toute son espérance dans son rêve olympique. Sélectionnée en équipe nationale, elle croit que la qualification pour les Jeux pourrait tout réparer. Mais l’équipe échoue d’un but aux portes des Jeux de Salt Lake City en 2002, et son espoir s’effondre. « J’étais dévastée après cette défaite, complètement désespérée. C’est comme si je n’avais plus rien dans ma vie. C’est comme si j’avais tout perdu. » 

« J’ai crié à Dieu : ‘J’ai tout perdu. Prends ma vie, fais-en ce que tu veux !’ »

Après le match, elle part courir, envahie par la rage et le désespoir. « J’ai crié à Dieu : ‘J’ai tout perdu. Prends ma vie, fais-en ce que tu veux !’ » Là, au cœur de l’échec, elle expérimente une paix immense et inattendue. « Je comprenais que je n’avais pas tout perdu, parce que Dieu m’aimait. » Rien n’a changé autour d’elle, mais tout a changé en elle. 

Des JO à Turin…et une prière déterminante

Quatre ans plus tard, l’équipe obtient une nouvelle chance de qualification et arrache la victoire à quatre secondes de la fin. Sandrine Ray a ainsi l’opportunité de participer aux Jeux olympiques de 2006 à Turin. Au village olympique, elle rencontre des aumôniers qui prient avec elle. Touchée par la prière des aumôniers et par une expérience nouvelle et déterminante, elle part ensuite deux ans avec l’organisation chrétienne OM (Opération Mobilisation) pour affermir sa foi. « Quand je suis revenue en Suisse, après ces deux ans sur le bateau, j’ai vraiment eu à cœur de servir dans le milieu du sport. Et ça a pris dix ans jusqu’à ce que je me forme pour accompagner les athlètes de haut niveau. » En 2019, elle quitte la finance pour devenir aumônière auprès des sportifs avec « Athletes in Action ».

Transmettre l’amour inconditionnel

C’est précisément cette expérience du sport et de la foi qu’elle partage aujourd’hui avec les athlètes qu’elle accompagne. Sandrine Ray les aide à comprendre comment vivre dans un milieu exigeant, tout en s’appuyant sur l’amour inconditionnel de Dieu. « Dans le sport de performance, tout se mérite : on joue, on reçoit un maillot, une reconnaissance, seulement si l’on est assez bon. Rien n’est jamais acquis, et tout ce que l’on a gagné en travaillant dur peut se perdre très vite. Les réalités du Royaume de Dieu sont à l’inverse. Dieu nous aime sans condition, sans que nous n’ayons rien à prouver. Nous recevons tout gratuitement : son amour, la vie éternelle, notre identité d’enfants de Dieu. »