Les 150 psaumes, répartis en cinq livres (comme la Torah), rassemblent une diversité d’expressions : louanges, supplications, méditations, récits historiques ou poétiques. Rédigés par plusieurs auteurs – David (73), Asaph (12), Moïse (1) – ils offrent un langage qui épouse toutes les expériences humaines : de la gratitude à la souffrance, de la lutte contre le mal à l’espérance.
Composés dans une culture et une pensée sémitiques, où le cœur du message se trouve souvent au centre (comme dans le Psaume 2), les psaumes jouent sur la répétition binaire, les chiasmes et les acrostiches. Leur poésie touche l’âme bien au-delà de l’intellect, et nous ramène à cette pratique fondamentale : parler à Dieu, lui crier nos détresses, le louer.
À quel moment prier les Psaumes ?
Les Psaumes accompagnent tous les moments de la journée (Ps 55.17; Ps 92), de l’année (Ps 81.3; Ps 30.1) et de la vie. « Dans ma famille nous chantons traditionnellement le Psaume 92 avant le repas », confie David Bouillon, théologien et professeur à la Haute école de théologie de Saint-Légier (HET-PRO).
Chez les juifs, de nombreux psaumes sont lus à Shabbat pour les endeuillés (Psaumes 15, 16, 23, 49, 90 et 121), bien que la prière juive principale pour le deuil soit le kaddish. « Si vous êtes aumônier, proposez aux malades de prier ou de réciter un psaume », conseille David Bouillon. Ces textes deviennent alors des points d’ancrage en période de crise. Et lorsqu’on les chante, ils ouvrent une dimension spirituelle insoupçonnée.
Dans la tradition juive, les Psaumes font partie des Ketouvim – les Écrits –, moins centraux que la Torah. Pourtant, leur portée est universelle. Jésus les a chantés lors du dernier repas (Ps 113 à 118, le Hallel). Les Psaumes sont donc un lien vivant entre juifs et non-juifs. Pour David Bouillon, l’enjeu spirituel est là : « L’Église est appelée à être un lieu d’unité entre juifs et non-juifs ».
Vivre l’eschatologie au quotidien
La vie sur terre étant l’antichambre du ciel, David Bouillon encourage à goûter à la présence de Dieu dès maintenant ; et cela peut justement passer par le chant d’un psaume. « Lors d’un culte, ce qui touche, ça peut être un psaume qui nous a spécialement ému. »
Même dans les contextes les plus sombres, cette dynamique est vitale, insiste le théologien et professeur : « Les chrétiens persécutés tiennent bon parce qu’ils goûtent à la présence de Dieu quotidiennement ».
« Le Psaume 1 commence par le mot « Heureux », le 150 se termine par « Louez le Seigneur ». C’est la Bonne Nouvelle du psautier ! », conclut David Bouillon.