La minorité chrétienne irakienne suspendue au vote sur l'indépendance du Kurdistan

vendredi 22 septembre 2017 icon-comments 1

La population du Kurdistan irakien vote lundi 25 septembre pour ou contre son indépendance. La minorité chrétienne, coincée entre Bagdad et Erbil, devra se plier à l'autorité dominante.

La minorité chrétienne, qui a connu une hémorragie hallucinante passant de 1’600 000 à quelque 300 000 personnes en moins de 15 ans en Irak, a besoin et veut avant tout la paix. Il s’agit pour elle de survivre en tant que communauté, que ce soit dans un Kurdistan indépendant ou dans les régions sous contrôle de Bagdad où elle est aussi présente. Elle se pliera en fait à l’autorité dominante.

Eglises construites pour eux

Massoud Barzani, président du Kurdistan irakien, mène avec son référendum un nouveau bras de fer avec Bagdad. Mais son clan se veut protecteur de la minorité chrétienne. Selon Pascal Maguesyan, auteur de reportages et d’enquêtes sur les chrétiens d’Orient, Massoud Barzani a fait construire des centaines d’églises et de maisons à leur intention. Il y a actuellement une forme de gratitude de la part des chrétiens, qui habitent pour certains le Kurdistan irakien depuis plusieurs générations, ou pour d’autres qui se sont réfugiés là sous l’avancée de Daech.

Le rêve…

Pour tous ces chrétiens, le rêve serait néanmoins d’avoir une zone autonome dans la plaine de Ninive, au sud-ouest de Mossoul. Plusieurs d’entre eux y reviennent d’ailleurs. Mais la région va être disputée entre Erbil et Bagdad.

Massoud Barzani a, en attendant, besoin des chrétiens pour plaider la cause d’un Kurdistan multiconfessionnel, en vue d’une reconnaissance internationale, indique Pascal Maguesyan. Mais ce n’est pas gagné : tous les pays voisins se sont prononcés contre cette indépendance, car elle pourrait réactiver le séparatisme turc, par exemple ; ou encourager les Kurdes d’Iran à plaider leur propre cause. C’est finalement peu dire que la question kurde est épineuse et pas seulement en Irak, où des éléments économiques viennent encore compliquer les choses notamment dans la province pétrolière de Kirkouk, convoitée de part et d’autre… Mais ça, c’est encore une autre affaire !

Gabrielle Desarzens

Pascal Magueysian sera sur place à l’occasion du référendum. Il est l’invité de Hautes Fréquences sur RTS La Première ce dimanche à 19h.

1 réaction

  • Pascal Vidoudez vendredi, 22 septembre 2017 12:40

    Merci Gabrielle Desarzens et Pascal Magueysian de ne pas oublier cette population du Kurdistan irakien qui en 2013 avoisinait 8 millions d’habitants pour 40'643 km2.

    Cette région a été reconnue par la constitution irakienne en 2005 (par voie de référendum populaire) comme entité fédérale, politique et autonome.
    Un référendum pour son indépendance se joue le 25 septembre.

    Peu d’Etat reconnaisse la création d’un Etat kurde où qu’il soit. Seul Israël se démarque.

    D’abord par la voix de la ministre de la justice Ayelet Shaked (note 1), notamment en janvier 2016 puis en août 2017. Durant le mois de septembre 2017, le 1er ministre Benjamin Netanyahu a officiellement mentionné qu’Israël soutenait la création d’un Etat Kurde, concrétisant ainsi un message à des universitaires en 2014.

    C’est ainsi que venu participer au meeting organisé samedi 16 septembre dans un parc d’Erbil, Bahadin Saïd, 30 ans, pose fièrement derrière les couleurs de l’Etat hébreu à proximité de la scène où discours et chansons nationalistes se succèdent. « Israël est le seul Etat à nous soutenir sans ambiguïté ! Le drapeau d’un pays qui veut l’indépendance du Kurdistan, nous l’aimons comme notre propre drapeau ! », lance-t-il dans un élan d’enthousiasme.
    En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2017/09/21/israel-soutient-le-referendum-d-independance-du-kurdistan_5188992_3218.html#xxiLWfwumaHLVCRz.99

    Ce qui est certain, c’est que l’enthousiasme n’est pas unanime. Pour exemples, le Conseil de Sécurité de l’ONU s’oppose à ce referendum (note 2), bien entendu l'Irak, et la majorité des Etats voisins également, tout comme la Turquie et les Etats-Unis notamment.

    Il y ainsi de quoi remettre cette situation pressement dans la prière. Que la volonté de l’Eternel et de Son Messie soit réalisée, comme il convient selon le Qohelet qui dit : « Il y a une saison pour tout, et il y a un temps pour toute affaire sous les cieux. » Amen

    Note 1
    La raison pourquoi je cite Ayelet Shaked est la suivante : L’Irak est la région des ancêtres d’Ayelet Shaked. Sa grand-mère paternelle a dû immigrer de l’Iraq à Israël dans les années 50 dans le cadre de l’émigration contrainte d’environ 800'000 Juifs hors des pays arabes et musulmans; ceci lorsque les pays arabes perdirent la guerre qu’ils avaient déclenchée contre Israël en 1948, alors que le pays prenait possession de la territorialité allouée par la résolution de l’ONU. A ce moment-là, ces pays arabes ou musulmans renvoyèrent leurs citoyens d'origine juive qui y habitaient souvent depuis des centaines d'années, pour la plupart sans rien d’autre que les vêtements qu’ils portaient sur eux.

    Note 2
    https://www.24heures.ch/monde/conseil-securite-referendum/story/10871165

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