Nina Hagen : « Noël ? Mais pour moi chaque jour c’est Noël ! »

17 décembre 2012

Partager cet article

Partager cet article

Publicité

Pavé SME 2025 - 300x200px - Former, c'est valoriser
Son baptême dans une Eglise réformée en août 2009 a surpris ses fans, le monde de la musique punk… et bien au-delà ! En concert en France début novembre, Nina Hagen, la reine de la punk allemande, qui continue de s’afficher résolument comme chrétienne, a accepté de dire ce qu’elle pensait de NoëlPunk !

Nina Hagen, pour vous que signifie Noël ?
Pour moi, chaque jour, c’est Noël ! Chaque jour, je célèbre la naissance de Jésus, parce que chaque matin quand je me réveille, je dis : « Dieu est avec moi ; Dieu est toujours ici ; Dieu a toujours été ici ; Dieu sera toujours avec moi ; Dieu est toujours avec moi. » Donc c’est Noël pour moi tous les jours !
Chaque jour, on peut donc dire : « Joyeux Noël ! » Ou « Merry Kissmas ! », parce que la Bible nous invite à nous faire les uns aux autres un saint baiser ! Et les Français s’embrassent constamment !

En quoi la personne du Christ est-elle importante pour vous aujourd’hui ?
Au travers de la naissance du Messie, voilà plus de 2000 ans, l’humanité a été sauvée de son état mauvais et souvent ignorant, de sorte que nous pouvons vivre une vie authentique. Par la venue de Jésus, la « mort de m… » a été vaincue.
Jésus est par ailleurs le premier pacifiste. Il a dit : « Pas de vengeance ! » Il a aussi demandé à son Père céleste, peu avant sa mort : « Que cette coupe s’éloigne de moi ! », tout en disant : « Que ta volonté soit faite ! » Ainsi, lorsqu’il a été cloué sur la croix, à chaque douleur et à chaque coup de marteau, il disait : « Je vous aime ! Dieu vous aime ! Vous êtes les enfants bien aimés de Dieu ! Vous vivrez éternellement. Observez les commandements de Dieu, parce que Dieu, au travers de ses commandements, nous place devant le bien et le mal, afin que nous puissions orienter notre vie vers le bien. » Alléluia !

Pour vous c’est donc très important de vous identifier à la personne de Jésus ?
Oui, Jésus est mon rabbi, mon maître, mon Messie, mon Dieu, mon enseignant, mon meilleur ami… L’amour de Jésus surpasse tout… Adolescente, j’avais des tendances suicidaires. A plusieurs reprises, j’ai attenté à mes jours. Vous voyez, ici, j’ai de vieilles cicatrices… (Nina Hagen montre ses poignets) J’ai si souvent été trahie dans l’amour que je portais aux autres.
A 17 ans, j’ai vécu une expérience de mort imminente… Et là, j’ai fait une expérience personnelle de la présence de Jésus. Durant cette nuit-là, il m’a sauvée. J’ai décrit cela par le détail dans mon livre. Et plus tard dans ma vie, mon détour par l’Inde a été une part de ma mission, de ma destinée, afin que je reconnaisse aussi les faux messies, que j’aille là-bas pour être témoin de l’amour du Christ. Même si j’ai chanté des chants à la gloire de Shiva et que les hindous m’ont embrassée… Malgré cela, c’est en tant que chrétienne que je suis allée là-bas. Dès le début j’ai dit à mon gourou que j’étais chrétienne et il m’a répondu : « C’est super ! Ici, nous sommes tous chrétiens ! » Mais c’était un mensonge !

Qu’est-ce qu’à 17 ans cette expérience de la présence de Jésus a changé en vous ?
Je suis devenue quelqu’un de plus joyeux. Je n’ai plus été dépressive. Je ne voulais plus mettre fin à mes jours. Je voulais vivre, vivre, vivre… faire de la musique, chanter, partager mon amour aux autres et parler avec tout le monde de Dieu. Et cela, je l’ai fait ! Vous ne devez pas penser que ce n’est que depuis que je suis baptisée, voilà 3 ans, que je me suis mise à chanter Jésus. En 1985, dans le cadre du méga-concert Rock à Rio, j’ai chanté le Notre Père, Spirit in the Sky, un Ave Maria. En 1989 à Paris, au cimetière du Père-Lachaise, devant la tombe de Jim Morrison, j’ai tourné ma première vidéo de musique Gospel : « Hold me… »

Dans votre livre Confessions, vous dites que l’Evangile est le meilleur journal du monde, qu’est-ce que vous entendez par là ?
Si vous vous donnez la peine de lire la Bible, vous allez voir qu’elle est très actuelle. Les humains sont encore les mêmes qu’il y a 2000 ans. Ils infligent toujours la peine de mort, ils se tuent, ils se trompent, ils se haïssent, ils se font la guerre… Ils sont même allés si loin qu’ils ont confectionné des bombes atomiques et des armes chimiques ! Nous avons même des armes invisibles, des armes qui influencent le temps, des armes capables de détruire la planète… et dans la Bible il est question de commandements qui nous permettent de distinguer ce qui est bien de ce qui est mal, de distinguer entre la vie et la mort, entre la vie éternelle et l’enfer éternel. Nous sommes donc invités à proclamer cette extraordinaire Bonne Nouvelle, à dire cette nouvelle de portée éternelle à tous les êtres vivants de cette planète.

En 2010, vous avez sorti un CD de musique Gospel Personal Jesus, qu’est-ce que vous aimez dans cette musique de l’Eglise noire américaine ?
La musique Gospel, c’est la musique de la bonne nouvelle de l’Evangile. Nous vivons dans un monde mortel, mais, au travers du Christ, nous avons obtenu l’immortalité : nous vivrons éternellement ! Quand nous quitterons un jour ce corps et que nous serons enterrés, ou alors lorsque nos os seront incinérés et que nous ne serons plus que des cendres, alors représentez-vous cela ! Au travers du Christ qui nous sauve de nos actes mauvais, au travers du fait que Dieu a envoyé son Fils dans notre monde mortel, nous sommes devenus immortels, nous qui prenons Dieu au sérieux. Que devons-nous faire ? Nous montrer humains, nous devons dire : « Merry Kissmas ! » chaque jour, nous devons nous aimer et ne pas tuer, ne pas tromper et ne pas mentir… Lorsque nous avons tout de même fait quelque chose de mal, confesser à Dieu et aux autres que nous sommes coupables, et demander pardon.

Comment allez-vous fêter Noël cette année ?
C’est toujours une grande surprise pour moi ! L’un des Noël les plus extraordinaires que j’ai vécus, c’était dans une sorte d’hôpital pour des gens qui allaient mourir… En fait à l’heure actuelle, je ne sais pas encore où je vais fêter Noël. Avec ma fille ou avec mon fils ? Ou alors à Schüttorf dans l’Eglise où j’ai été baptisée ou dans une Eglise à Berlin ? Je vais me laisser surprendre. Ce qui compte, c’est cet esprit qui nous rend heureux, qui nous rend humains, qui nous offre l’extase !
Propos recueillis par Serge Carrel

La version vidéo de cette interview de Nina Hagen passe cette semaine sur MaxTV. Elle est aussi disponible sur le site de DieuTV.

Nina Hagen, Confessions, traduction de Lys-Marie Angibeaud, Saint-Benoît-du-Sault, Editions bénédictines, 2012, 256 p. Pour toute commande.