Une réponse à 24 Heures signée Jean-Claude Badoux et Guy Chautems

4 décembre 2012

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Suite à l’éditorial de 24 Heures paru le jeudi 29 novembre et intitulé « la Faculté de théologie attaquée en vain » et l’article « Formation – La famille protestante n’en finit pas de se quereller et de se diviser », deux personnes impliquées dans le projet de Haute Ecole de théologie répondent. Voici la version longue de leur réponse.

Les soussignés, interpellés par l’annonce que la Faculté de théologie de l’Université de Lausanne ne formait plus les pasteurs, attristés par la diminution des vocations pastorales et par celle des fidèles de nos Eglises, ont pris l’initiative de questionner une dizaine de pasteurs réformés et évangéliques ! Avec eux et ensemble, nous avons eu très vite la conviction qu’il fallait travailler pour le bien du pays et des Eglises, à un projet novateur, viable et rassembleur.

 
Novateur : l’évolution de la formation au cours de ces dernières décennies va dans le sens de la création de Hautes Ecoles spécialisées (HES). Ces écoles permettent d’obtenir le bachelor et le master. Tôt ou tard les études de théologie exigeront ce type de formation. Remarquons que les HES, de manière générale, ne font nullement concurrence aux études universitaires. Celles-ci auront toujours leur place dans le cursus conduisant au doctorat.
 
Viable : pour qu’un tel projet puisse voir le jour, il est nécessaire d’avoir de nombreuses vocations pastorales et donc un large bassin de recrutement. Travailler ensemble avec les différentes fédérations d’Eglises devient à ce titre très prometteur.
 
Rassembleur : les communautés issues de la Réforme ont connu des rapprochements remarquables ces 30 dernières années. Les nombreuses Eglises de migrants souhaitent s’intégrer à la vie ecclésiale des communautés historiques.
 
Six pasteurs, tous titulaires d’un doctorat (Shafique Keshavjee, Jean Decorvet, Marc Lüthi, Olivier Favre, Yohanan Goldman), se sont mis au travail pour présenter un premier projet. Le 21 novembre, à Crêt-Bérard, une soirée ouverte au public a permis à tout un chacun de poser ses questions sur la viabilité d’une telle école. Le lendemain (de 9h à 16h) plus de 70 personnalités représentatives des milieux universitaires, des écoles de théologie et des autorités ecclésiastiques ont pu discuter ce projet présenté par Shafique Keshavjee. (Ce dernier, contrairement à ce qui est dit dans votre journal, a toujours refusé une attitude négative à l’égard des Eglises officielles et du monde académique. D’ailleurs c’est lui qui a invité le plus largement ses anciens collègues et les autorités des Eglises réformées.)
 
Les responsables de cette journée l’ont dit à plusieurs reprises : nous travaillons à un projet gagnant-gagnant. Gagnant pour les Eglises, gagnant pour les universités et les écoles, gagnant pour la société civile.
 
Suite aux fructueux échanges qui ont marqué cette journée la majorité des présents ont demandé la poursuite de cette réflexion. Des contacts seront encore pris, du travail sera encore fait, et pour répondre à cette attente, nous allons rassembler à nouveau tous ceux qui recherchent le bien des Eglises et du pays pour leur présenter l’évolution de ce projet qui ne demeure encore qu’un projet !
 
Jean-Claude Badoux, ancien président de l’EPFL et ancien président du Conseil synodal de l’EERV, et Guy Chautems, pasteur retraité de l’EERV