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Yaëlle et Nicolas Frei : ensemble pour sortir de la pornographie (intervenants à One’)

Actualité

Yaëlle et Nicolas Frei, 30 et 27 ans, sont mariés et parents. Durant leur enfance, ils ont été agressés par des références à la sexualité qui n’étaient pas adaptées à leur âge. Cela les a conduits à la pornographie, puis à une libération. Ils comptent parmi les intervenants des One’Talks le 18 novembre prochain au Forum Fribourg.

Par Yaëlle et Nicolas Frei | le vendredi, 17 novembre 2017

Il y a environ trois ans, nous avons été amenés à dénoncer les dessous de la pornographie. Cela s’est passé lors d'un voyage en Afrique du Sud durant lequel nous désirions mettre du temps à part et découvrir l’appel de Dieu pour notre couple. Nous nous sommes engagés comme bénévoles dans une association chrétienne qui accueille des jeunes filles mineures, rescapées de la prostitution forcée.

Ce voyage nous a bouleversés. En particulier, Dieu nous a confrontés à nos passés respectifs. En effet, plusieurs années auparavant, c’était nous qui avions fait du mal à des victimes de la traite humaine, en consommant de la pornographie. Car – il faut le savoir – les acteurs pornographiques ne sont que très rarement volontaires. Généralement, ils sont contraints et esclaves.

Aujourd'hui, nous sommes mariés et parents de deux magnifiques petites princesses. Yaëlle est employée de commerce et maman au foyer ; Nicolas possède sa propre agence de communication.

Et aujourd’hui ?

Aujourd'hui, en couple, nous continuons de partager nos défis, nos combats et nos victoires. La pornographie et tous ses dérivés sont accessibles partout. Nous restons donc très vigilants lorsque nous choisissons ce que nous regardons et ce que nous lisons.

Nous avons aussi choisi de parler librement de nos passés. D'abord à nos familles et avec nos amis ; puis au-delà, dans des Eglises, des groupes de jeunes, des groupes d'hommes et différents médias. C'est ainsi que nous avons créé le collectif « Innocence » et les ateliers collaboratifs « 90 jours pour abandonner la pornographie ».

  • Encadré 1:

    Yaëlle : une enfance troublée

    YalleJ’ai vécu une enfance heureuse, dans une famille chrétienne. Une seule ombre à ce tableau : mon enfance a été troublée par des attouchements sexuels. J'avais 9 ans lorsque ma famille s'est liée d'amitié avec un homme. Il venait régulièrement à la maison. Mais, dans le dos de mes parents, il voulait « m'apprendre l'amour », comme il disait.

    A 14 ans, j'ai osé parler de cela à mes parents. Ils m'ont demandé si je n'avais pas le souvenir d'avoir vécu des événements semblables lorsque j’étais plus jeune, mais j'avais un trou de mémoire. C’est comme si Dieu avait effacé la souffrance liée à d’autres attouchements sexuels survenus entre 2 et 7 ans. Mon seul souvenir consistait en une image surprenante qui me revenait parfois et que j’étais incapable de comprendre. J'ai perdu mon innocence et réalisé que l'on m'avait ôté bien trop tôt quelque chose de précieux.

    La pornographie à la maison

    A partir de ce moment, j'ai perdu mes repères. J’éprouvais le besoin de retrouver les sensations physiques et émotionnelles vécues lors des abus. C'est ainsi que j'ai découvert la masturbation. Ensuite, j'ai commencé de lire des petites annonces érotiques dans les journaux et de regarder les « séquences d'amour » de films tout public. Puis Internet est arrivé dans notre foyer. L'accès à des romans érotiques et à des films pornographiques est alors devenu beaucoup trop facile.

    Je suis devenue accro à la pornographie. J’avais honte. Je souffrais. Je me sentais sale. Et je ne savais pas à qui en parler. En effet, en tant que jeune femme, je croyais que seuls les hommes étaient concernés par cette addiction. Alors, j'ai essayé de m'en sortir seule, à coup de défis personnels et de prières. Mais rien n'y faisait. Parfois, j’arrivais à ne plus consommer de pornographie pendant plusieurs mois. Mais tout à coup, par manque de volonté, par besoin de réconfort ou par simple envie, je me retrouvais à nouveau empêtrée dans la honte de l'addiction.

    La nécessité d’en sortir

    A 23 ans, alors que de faisais des projets de mariage avec Nicolas, le désir de m'en sortir est devenu une nécessité absolue. Pour moi, il était exclu d’inclure la pornographie dans notre couple. Je ne me battais plus seulement pour moi, mais aussi pour mon futur mari, pour notre couple et pour notre avenir.

    Ma première victoire a été de lui parler de mon addiction. La suivante a été d'oser lui avouer mes rechutes. Deux ans plus tard, le jour de notre mariage, je me suis avancée dans l'église libérée de cette dépendance.

  • Encadré 2:

    Nicolas : une première exposition à 10 ans

    NicolasEn visite chez un copain de classe – j’avais une dizaine d’années – je suis tombé sur une cassette vidéo détournée. Au lieu de voir un match de foot « Real Madrid-Barcelone », je me suis trouvé devant un film porno. Quel choc !

    Dans un premier temps, ces images m’ont laissé plutôt indifférent. Mais, de manière subtile, elles sont revenues à mon esprit et ont fait naître en moi des sensations nouvelles. J’ai commencé à chercher d’autres images pour satisfaire ma curiosité. J’en ai trouvé dans des revues ramassées dans les vieux papiers, dans des émissions de télévision, sur des sites internet. Sans trop m’en rendre compte, j’étais devenu dépendant, enchaîné par mes pulsions sexuelles.

    Délivrance et rechute

    A 13 ans, j’ai donné ma vie à Jésus-Christ. A ce moment, ma vie a radicalement changé. J’ai commencé de veiller sur mes relations. Il s’agissait d’un processus difficile, mais apaisant. Petit à petit, j’ai remarqué que je ne pensais plus à la pornographie et que je ne ressentais plus le besoin d’en regarder. Je m’investissais dans de nouvelles activités qui me permettaient de me concentrer sur des choses plus saines.

    Six mois plus tard, sans que je m’y attende, un simple catalogue de lingerie fine a réveillé en moi le désir enfoui. Ce besoin d’excitation sexuelle m’a progressivement envahi. Il me fallait voir du matériel de plus en plus explicite. Moi qui suis d’un naturel plutôt sociable, j’en étais arrivé à écourter des soirées avec mes amis pour aller voir du porno et chatter sur internet. Je ressentais un certain plaisir, mais toujours plus éphémère et fragile. J’éprouvais un besoin croissant de pornographie. En bref, j’étais esclave.

    Je me rendais bien compte que je n’étais pas cohérent avec l’image que je dégageais dans mon entourage. A cette époque, personne ne parlait de pornographie autour de moi, et je ne voyais pas comment faire pour aborder le sujet avec des amis. Je priais quotidiennement afin que Dieu me libère.

    Processus de libération exigeant

    Mon asservissement a progressivement pris fin grâce à deux événements. Le premier a eu lieu lors d’une rencontre avec le chanteur Philippe Decourroux. Celui-ci a expliqué que la pornographie était étroitement liée à la traite d’êtres humains, au même titre que la prostitution. Elle s’inscrit dans des trafics mafieux où des hommes, des femmes et des enfants sont exploités à des fins sexuelles. Je me suis rendu compte qu’en consommant des images pornographiques, je portais atteinte à des innocents et j’encourageais un esclavage infâme.

    La rencontre avec celle qui allait devenir mon épouse a été le deuxième élément déclencheur. Avant de nous mettre en couple, nous avons voulu être authentiques. Je lui ai donc avoué mes luttes par rapport à la pornographie. Dès lors, je n’étais plus seul. Ma dépendance n’a pas cessé du jour au lendemain, mais mes rechutes ont été de plus en plus espacées. J’ai aussi compris qu’une rechute n’était pas une catastrophe, mais une excellente occasion de rebondir et de grandir.

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