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Un texte du CNEF pour dialoguer autour de la guérison

Actualité

Avec la dernière conférence « Présence » à Lausanne Malley, la question de la guérison et de son rôle dans l’annonce publique de l’Evangile refait surface. Certains pasteurs de la FREE souhaiteraient qu’un dialogue nouveau se noue autour de cette question avec comme base le texte La guérison miraculeuse du CNEF. Présentation.

Par Serge Carrel | le vendredi, 13 mai 2016

En juin 2015, le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) a publié un document intitulé La guérison miraculeuse. Constitué de quatre parties, il présente d’abord un « texte commun » aux différentes sensibilités évangéliques présentes dans cet organe représentatif français. Trois autres parties viennent compléter cette prise de position, en donnant la parole à trois courants différents : les pentecôtistes, les évangéliques classiques et les réformés évangéliques.

« Etre évangélique, c’est croire aux miracles »

Ce qui frappe dans ce document, c’est la convergence claire de tous les évangéliques pour dire qu’il est constitutif de leur identité de croire aux miracles. « Aux miracles mentionnés par l’Ecriture et au Dieu capable de miracles aujourd’hui encore », souligne le document. En recourant au schème traditionnel « Création-chute-rédemption », ce texte inscrit la maladie dans la réalité de la chute, et la guérison comme avant-goût de la « consommation » finale. Récusant tout lien systématique entre maladie et péché, ce document souligne qu’il faut compter le savoir-faire médical parmi les bienfaits de Dieu envers tous les hommes. Prier avant une opération a donc toute sa valeur, car « toute action humaine est dépendante de Dieu et de son soutien » (p. 3).

Le document du CNEF rappelle ensuite que la confession par les évangéliques de la toute-puissance de Dieu entraîne qu’il peut intervenir et guérir de manière miraculeuse, « c’est-à-dire d’une manière qui ne suit pas les voies habituelles de la grâce commune, et susciter une guérison inexplicable aux yeux des humains ». Le terme de miracle peut alors caractériser une guérison impossible en elle-même ou une guérison inhabituelle dans sa procédure. « Quoi qu’il en soit, nier toute possibilité de guérison miraculeuse serait s’opposer par principe à la liberté toute-puissante de Dieu, rejeter le témoignage de l’Ecriture, et mépriser l’expérience de bien des croyants guéris miraculeusement. »

Le document souligne ensuite que les guérisons jouent un rôle unique dans le ministère de Jésus, comme attestation de sa messianité et de la dimension holistique de sa prédication du Royaume de Dieu. « Chaque guérison confirme la promesse de la victoire à venir sur le Mal, la mort et la maladie » (p. 4). Cette affirmation n’entraîne pas la « cessation » des guérisons avec la mort et la résurrection de Jésus. La mission de l’Eglise aujourd’hui est toujours « de s’engager dans une prière fervente et pleine de foi, en faveur des cas de maladie qui lui sont présentés » (p. 5), pourquoi pas en recourant à l’onction d’huile selon l’invitation de l’épître de Jacques au chapitre 5.

Des divergences

Le texte commun se termine par un paragraphe intitulé « Dons et guérisons » qui fait la place à quelques divergences entre évangéliques, plutôt sur la manière d’exercer cette forme de prière. Tout d’abord autour de la compréhension du terme « charismes de guérisons » (1Co 12.9, 30). Pour certains, il faudrait comprendre cette formulation de l’apôtre Paul comme des capacités accordées à une personne pour accomplir des guérisons. Pour d’autres, Paul parle là de manifestations de la grâce données à chaque fois par le Seigneur au peuple de Dieu, au travers peut-être d’une personne donnée. Cette nuance permet aux pentecôtistes des Assemblées de Dieu (ADD) d’affirmer qu’il n’est pas approprié de parler d’un ministère de guérison pour caractériser le service d’un homme ou d’une femme de Dieu, puisque l’essentiel par rapport à toutes ces manifestations, c’est que la gloire en revienne à Dieu seul (p. 9).

Une autre divergence suinte dans ce paragraphe, c’est le rôle de la prière pour la guérison dans des rencontres d’évangélisation. Pour certains, l’essentiel dans ces rencontres, c’est que le message du salut en Jésus-Christ soit au centre. La prière pour la guérison n’y a donc pas sa place. Par ailleurs, le caractère non systématique de la guérison viendrait nuire à la proclamation du message. Pour d’autres, la guérison a sa place dans de telles rencontres d’évangélisation.

Les réformés évangéliques, les plus en rupture

Six recommandations pratiques terminent la prise de position commune, au nombre desquelles le fait qu’une attention particulière doit être accordée aux personnes qui n’expérimentent pas la guérison. Le rappel aussi que les miracles qui accompagnent un enseignement ne constituent pas une preuve de sa vérité !

Dans la partie spécifiquement rédigée par des réformés évangéliques, il est précisé qu’aujourd’hui les représentants de ce courant récusent la position « cessassioniste », comme quoi, depuis Jésus et les apôtres, il n’y aurait plus de miracles dans l’histoire de l’Eglise. Ils considèrent par ailleurs qu’« aucun chrétien de peut prétendre recevoir de Dieu une parole d’autorité pour chasser une maladie ou pour déclarer guérie une personne atteinte d’une affection ». Il n’existerait pas non plus de ministère accompagné d’une grâce spéciale concernant la guérison (p. 14).

Ce qui est intéressant dans ce document, c’est cette unité de tous les évangéliques autour de l’importance d’intercéder pour la guérison. La personnalisation du don, sa pratique dans le cadre de rencontres d’évangélisation ainsi que les paroles d’autorité sur la maladie constituent toutefois des sujets de discussion et de divergence au sein du milieu.

Serge Carrel

Le texte du comité théologique du CNEF : La guérison miraculeuse.

6 réactions

  • Désiré Rusovsky vendredi, 13 mai 2016 16:35

    Ce qui manque dans ce document, c'est la référence à un nouveau mouvement croissant mondialement dans ce domaine, celui de la guérison de rue ou de tout lieu public. Guérison effectuées par de simples croyants et aujourd’hui fréquemment vidéotée. Souvent ce type de guérison n'est pas accompagnée d'annonce de l'Évangile.
    Ce sont des personnes qui prennent exemple sur Jésus qui guérissait souvent des malades sans rien de plus.
    Parmi ceux qui pratiquent la guérison de rue, certains recherchent des paroles de connaissance avant de prier pour une personne (c'est à dire si ils ressentent une affection particulière en passant près de gens, ils demande si quelqu’un souffre de cela) et d'autres profitent simplement des occasion que la rue ou tout lieu public leur offre dans ce domaine. Je pense que cette redécouverte de la simplicité et de la normalité de la guérison va changer beaucoup de choses dans le témoignage public et peut-être même dans le fonctionnement de l'Église.

  • Charles RAMAROSON samedi, 14 mai 2016 20:13

    C'est quand même très étonnant d'entendre que depuis Jésus et les apôtres il n'y aurait plus de miracles de guérison. Waouh, on se poserait tout simplement la question est-ce que la parole de Dieu serait fausse quand elle dit simplement et c'est ce Jésus qui ne change pas hier aujourd'hui et à jamais qui l'a dit dans marc 16:17Voici les miracles qui accompagneront ceux qui auront cru: en mon nom, ils chasseront les démons; ils parleront de nouvelles langues; 18ils saisiront des serpents; s'ils boivent quelque breuvage mortel, il ne leur fera point de mal; ils imposeront les mains aux malades, et les malades, seront guéris.
    On comprend vraimentJésus quand Il a posé la question "trouverait-il la foi sur la terre quand Il reviendra ?

  • Serge Rossel mardi, 17 mai 2016 07:21

    Quand Dieu guérit ... alléluia !
    Et quand Il ne guérit pas ? Comment se comporter avec les malades non-guéris ? continuer de prier ?
    culpabiliser ? accepter ?
    Ce sujet délicat pourrait diviser les croyants dans une communauté . Comment remédier à cela ?

  • SCarrel mardi, 17 mai 2016 08:11

    Cher Monsieur Ramaroson,
    J'aimerais vous encourager à lire le texte du CNEF qui, à mon sens, dit le contraire de ce que vous dites... Le milieu évangélique crée trop facilement des caricatures de points de vue. Le document du CNEF n'est nullement "cessassionniste". Les réformés évangéliques se désolidarisent même de ce point de vue dans leur propre prise de position...
    Meilleurs messages!
    Serge Carrel
    Responsable lafree.ch

  • Carrel Ser. mardi, 17 mai 2016 08:58

    Cher Monsieur Rossel,
    Effectivement, la non-guérison peut diviser une communauté. Le document du CNEF balise un espace intéressant: d'un côté le refus de la culpabilisation (manque de foi, péché caché...), de l'autre l'importance de cette ouverture à la possible intervention du Seigneur. Dans la durée, l'acceptation est aussi le moyen de découvrir le Dieu qui chemine à nos côtés dans des situations difficiles...
    Le livre de Jean-CLaude Chabloz "Pour aider le malades" consacre son chapitre 8 au thème: "Quand la guérison tarde à venir"... Il y a aussi des perspectives intéressantes à ce propos dans cet ouvrage...
    La recension de ce livre et une émission TV sur lafree.ch:
    http://lafree.ch/jean-claude-chabloz-5-des-gens-pour-lesquels-nous-prions-sont-gueris

    Meilleurs messages!
    Serge Carrel
    Responsable lafree.ch

  • Gagnebin Gerber Magalie mercredi, 25 mai 2016 13:50

    Il me semble qu'au final, le débat de fond n'est pas celui de "la guérison miraculeuse".
    Il me semble qu'"une autre religion" deviante vient s'installer dans nos églises... Il s'agit de la nouvelle Réforme apostolique. Mouvement bien connu de ma part depuis plus de 13 ans. jamais je n'aurais pensé que de telles doctrines puissent un jour prendre racine dans notre pays... est-ce que les nouveaux fondements doctrinaux de la Réforme apostolique s'inscrivent réellement dans notre CREDO... Évangéliques? De ce que j'en ai étudié depuis des années, non.... Ils sont en complet dėcalage... les ėglise devraient certes parler du thème de la guérison miraculeuse ( oui Dieu guérit encore aujourd'hui) Mais elles devraient à mon sens surtout étudier et mettre en garde... Et se positionner. Bien en Christ Magalie Gagnebin Gerber

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