«Reconnaissance d’intérêt public : le grand 8 pour devenir une 'religion vaudoise'» par Gabrielle Desarzens

Société

Sur Vaud, il y avait jusque-là des aumôniers réformés, catholique romains et juifs payés par l’Etat dans les prisons et hôpitaux publics. A l’avenir, des aumôniers anglicans et catholiques chrétiens seront aussi à disposition, puisque ces 2 communautés religieuses viennent de demander d’être reconnues « d’intérêt public ». L’UDC a déjà annoncé le lancement d’une initiative contre ce qu’elle estime être une porte ouverte aux intégrismes.

Par Gabrielle Desarzens | le lundi, 07 novembre 2016

« J’ai un problème avec les intégristes », déclare tout de go Kevin Grangier, secrétaire général de l’UDC Vaud, parti qui a d’ores et déjà annoncé lancer une initiative en janvier prochain en réaction à cette reconnaissance d’intérêt public.

« On est le seul canton suisse à offrir aux communautés de toutes les religions la possibilité d’obtenir un statut public. Le souci, c’est que de plus en plus d’entre elles ont des revendications, comme l’exigence par exemple d’un carré confessionnel dans les cimetières publics. Récemment, l’UVAM (Union vaudoise des associations musulmanes) en a obtenu un de la municipalité lausannoise. Des membres de cette communauté exigent aussi des jours fériés spécifiques selon leur propre religion. Les initiants craignent que grâce à cette reconnaissance d’intérêt public, l’on puisse obtenir ces revendications. »

L’islam dans le collimateur

L’islam est clairement dans le collimateur de l’initiative UDC. « Mais les musulmans sont là et constituent le 5% de la population vaudoise », souligne Béatrice Métraux, conseillère d’Etat et cheffe du Département des institutions et de la sécurité (DIS). Selon elle, la reconnaissance ne pourra en aucun cas déboucher sur des demandes de dérogations, parce que et la loi et son règlement d’application donnent comme seuls avantages le dialogue avec l’Etat et la possibilité d’entrer dans les hôpitaux et les prisons : « Dès le départ, les communautés reconnaissent l’ordre juridique suisse, les valeurs et les droits humains. »

Les différentes communautés comme aussi les évangéliques, les adventistes ou les orthodoxes ne demandent au final rien d’autre que de faire entendre qu’elles sont là et qu’il faut compter avec elles, estime-t-elle.

Eviter les ghettos

A Kevin Grangier qui brandit le spectre d’une société parallèle clanique, Béatrice Métraux rétorque que cette spécialité vaudoise permet au contraire d’intégrer dans la société les différentes communautés et de justement ne pas en faire des ghettos. L’idée est bien au contraire de renforcer la cohésion sociale et le dialogue interreligieux.

Lundi 31 octobre, les anglicans et catholiques chrétiens du canton ont signé une déclaration liminaire d’engagement en vue d’être reconnus d’intérêt public.

Les évangéliques ont à plusieurs reprises manifesté leur intérêt pour cette reconnaissance qui leur permettrait de pouvoir exercer dans le canton de Vaud une aumônerie reconnue en milieu hospitalier et médico-social, ainsi que dans les prisons. Ils auraient aussi la possibilité d’être consultés officiellement sur les questions qui les concernent de près et sur les questions religieuses. Dans cette optique, la Fédération évangélique vaudoise (FEV) doit notamment remanier ses statuts comme ceux de certaines Eglises locales.

Gabrielle Desarzens

Une émission complète à écouter dans Hautes Fréquences du dimanche 6 novembre sur RTS La Première.

 

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