Steve Emmett témoigne de sa pratique de la délivrance

Pratique

Pasteur senior dans l’Eglise évangélique d’Echallens (FREE), Steve Emmett pratique la délivrance dans le cadre de l’accompagnement spirituel qu’il propose. Témoignage et plaidoyer pour l’exercice de ce ministère.

Par La FREE | le vendredi, 22 juin 2018

Une femme d’environ 30 ans sollicite un entretien avec moi. A son arrivée, elle me dit : « Je suis allée voir plusieurs personnes, pasteurs et même ‘spécialistes’, pour me débarrasser d’un esprit de colère, et jusqu’à présent rien n’y fait. » J’avoue que j’ai pensé : « Mais pourquoi moi ? Je suis pasteur, oui, mais avec peu d’expérience dans le domaine de la délivrance ! » Je lui ai donc demandé de me raconter un peu sa vie, ma prière intérieure étant : « Seigneur, éclaire ! » Elle a partagé, entre autres, qu’elle avait été abusée sexuellement à 15 ans. 

J’ai pu alors expliquer à cette sœur qu’un tel abus détruit la zone de pudeur que chacun possède. Cette zone fait qu’une distance confortable s’établit naturellement dans les contacts que nous pouvons avoir. L’abuseur – souvent une personne de référence, issue de la famille ou du voisinage, en qui on a confiance – détruit cette zone par son abus. Pour ne pas être à nouveau abusée, la victime va chercher à remplacer cette zone. Si, par exemple, on l’a abusée en lui disant qu’elle était jolie, elle fera tout pour ne pas l’être : elle s’habillera de manière à cacher toutes ses formes, ou choisira de devenir obèse pour recréer cette zone, sans parler d’autres manières de se protéger. Dans cette situation, il m’apparaissait clairement que jamais cette femme ne lâcherait cet esprit de colère, car il était devenu sa sécurité et maintenait les gens à distance.

Je lui ai proposé de demander au Seigneur de la Vie de recréer et de remplacer cette zone par Sa paix. Ce que nous avons fait. A notre troisième rencontre, elle m’a dit être prête à renoncer à l’esprit de colère. Nous avons pris autorité et, au nom de Jésus, chassé cet esprit, puis demandé à l’Esprit Saint de prendre la place. Elle est repartie délivrée et, à ce jour, elle est toujours libre.

Même un chrétien peut avoir besoin de délivrance !

Chacun a-t-il besoin de délivrance ? Oui, même un chrétien peut en avoir besoin. Un esprit méchant cherche toujours une personne à laquelle s’attacher. Nombre de péchés lui donnent cette possibilité. Bien des gens sont aussi pris par le rejet ou la rébellion, ou encore par certaines maladies physiques provoquées par des esprits méchants ; ce faisant, ces personnes leur ont ouvert une porte. Je précise ici que toutes les maladies ne sont pas dues à des esprits méchants ! La médecine a son rôle à jouer, bien sûr ! La Chute a amené la mort, donc, à moins que le Seigneur ne revienne avant, nous allons tous mourir de quelque chose. La psychologie a sa place également, elle s’adresse à l’âme et peut être utile pour le discernement, alors que la délivrance s’adresse à l’esprit.

La Parole nous enseigne qu’« en effet, ce n'est pas contre l'homme que nous avons à lutter, mais contre les puissances, contre les autorités, contre les souverains de ce monde de ténèbres, contre les esprits du mal dans les lieux célestes » (Ep 6.12).L’ennemi veut détruire les vies, ruiner les plans de Dieu. Il est venu pour voler, égorger et tuer. Mais le Seigneur veut que nous vivions des vies triomphantes, des vies vibrantes, remplies d’espérance et de puissance.

Sensible à la sphère spirituelle

Il y a beaucoup d’activités dans la sphère (ou monde) spirituelle que nous ne voyons pas et auxquelles nous ne faisons pas attention, parce que nous ne les discernons pas. Dieu nous a donné des dons spirituels pour nous aider à discerner ce qui se passe dans cette sphère-là : le don de discerner les esprits, les paroles de connaissance, le don de sagesse, de prophétie, etc. L’épître aux Hébreux (5.14) nous dit que la vérité de Dieu nous rend capables de reconnaître ce qui se passe dans la sphère spirituelle. Nous avons à être sensibilisés à cette sphère, afin de combattre ce que l’ennemi y fait.

Malheureusement, la vision du monde propre à l’Occident résiste à la vision biblique globale. Nous aimons ce que nous pouvons voir physiquement. La plupart d’entre nous, nous ne reconnaissons que l’existence de la sphère physique. Avons-nous été influencés par le rationalisme humaniste ? Avons-nous laissé les cultures ambiantes nous envahir ?

Pensons-nous « logiquement » ? Croyons-nous que les anges et les démons, les bénédictions et les malédictions, sont un non-sens ? Nous est-il difficile de voir avec des yeux de foi ? Sous-estimons-nous la puissance de Dieu pour amener un changement ? Recherchons-nous une cause invisible, spirituelle aux problèmes physiques comme la maladie, aux tensions relationnelles ou aux échecs financiers ? Quand nous expérimentons de l’opposition ou du trouble, pensons-nous : « Seigneur, qu’est-ce qui se passe ici ? Que se passe-t-il en arrière-scène ? » Nous avons besoin de reconnaître que la sphère invisible spirituelle est réelle. Elle influence nos vies chaque jour.

Sans excès !

Allons-nous pour autant devenir des gens qui pensent qu’il y a une raison spirituelle à tout ? Allons-nous croire qu’il y a un démon sous chaque rocher et dans chaque buisson ? Non ! Mais n’allons pas non plus à l’autre extrême, en niant toute réalité spirituelle satanique ! Satan veut que nous minimisions la réalité de son existence, afin d’avoir plus de liberté pour faire ce qu’il veut. Il n’y a pas un démon sous chaque rocher et dans chaque buisson. Et même si c’était le cas, cela ne me dérangerait pas, parce que je ne me focalise pas sur eux, mais sur Jésus-Christ. Mais quand il y a un démon qui fait surface, je sais ce que je dois faire. Ne nous laissons pas tromper par l’ennemi !

Dans le chapitre 5 du livre des Actes des Apôtres, Pierre dit à Ananias et Saphira : « Pourquoi Satan a-t-il rempli vos cœurs pour mentir à l’Esprit Saint ? » (Actes 5.3). Ananias et Saphira ont-ils agi de leur propre initiative ? Non, ils se sont laissés égarer par Satan et ont pris la mauvaise décision. Mais soyons clairs, nous nous tiendrons un jour devant le trône du jugement de Dieu, et nous ne pourrons pas blâmer les démons pour nos péchés. Nous sommes responsables de nos propres choix et actions.

Réactivons le ministère de délivrance !

Jésus dit lui-même qu’il est venu pour délivrer les captifs, et pas seulement du péché. Il a délivré des personnes à bien des reprises et nous envoie pour annoncer à notre tour cette Bonne Nouvelle : libérer les captifs, rendre la vue aux aveugles et proclamer une année de grâce.Je vois et j’accompagne presque chaque jour des chrétiens qui ont besoin de relation d’aide et de délivrance.

En Suisse comme en Europe, il y a moins de possessions que dans d’autres pays, parce que, ayant reçu l’Evangile, nos pays ont été au bénéfice de la grâce depuis plusieurs centaines d’années. Ils sont donc moins touchés par ces cas[1]. Mais, malheureusement, les choses sont en train de se dégrader. Notre Europe se déchristianise et l’Eglise doit reprendre sérieusement le commandement du Seigneur, l’annonce de la Bonne Nouvelle et de la délivrance, afin que le monde croie.

Steve Emmett



[1]Voir Alain Nisus, Mais délivre-nous du mal… Traité de démonologie biblique, Romanel-sur-Morges, La Maison de la Bible, 2016, p. 225-226.

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