« En devenant chrétien, j’ai tourné le dos à l’appel du djihad » par Amine Faudal

Portrait

De nombreux jeunes musulmans sont actuellement encore attirés par le djihad. Cette actualité rappelle à Amine Faudal (1) le propre attrait qu’a exercé sur lui ce combat contre les infidèles pendant sa préadolescence et son adolescence algériennes. Et les pleurs qu’il a essuyés alors quand il n’a pas pu le pratiquer.

Par Amine Faudal | le lundi, 03 avril 2017

« Les prescriptions du djihad sont aujourd’hui encore inscrites dans la poitrine des enfants », énonce Amine Faudal.

« Les prescriptions du djihad sont aujourd’hui encore inscrites dans la poitrine des enfants », énonce Amine Faudal.

J’ai 71 ans. Né musulman, je suis devenu chrétien il y a quatre ans. Depuis, j’ai beaucoup réfléchi à la fascination que le djihad exerce sur les jeunes musulmans. Et je me suis rappelé combien ce combat contre les infidèles m’a été inculqué pendant mes jeunes années en Algérie. Comme tous les autres enfants, j’ai appris le Coran qu’on mémorisait et récitait quotidiennement. Nous avions tous une très bonne connaissance des versets du djihad. Le 1er novembre 1954, la guerre d’indépendance s’est déclarée. Dès ce moment-là et pendant 8 ans, nous avons vu chaque année des jeunes de 17 à 18 ans rejoindre le djihad contre les forces françaises. Parmi ces jeunes, beaucoup sont morts en martyrs. Durant les deux dernières années de la guerre, j’ai eu plusieurs amis proches qui ont rejoint ce combat contre les infidèles et j’avais la certitude qu’ils étaient dans le droit chemin.

Ma foi musulmane était très forte. Il m’était impossible de remettre en cause ou de douter de la Parole d’Allah telle qu’elle m’avait été enseignée. J’avais une foi absolue dans sa promesse et ses engagements. Et je gravais le Coran « dans ma poitrine et dans mon cœur ». Mon regard, ma volonté toute ma vie était dirigée vers ce but suprême : être digne de la promesse d’Allah et respecter scrupuleusement le pacte qui m’unissait à lui.

Immense déception

C’est dans cet état d’esprit que j’ai reçu, le 19 mars 1962, l’annonce comme quoi la guerre du djihad était terminée. J’ai entendu à la radio des moudjahidines le discours de Benyoucef Benkhedda, président du gouvernement provisoire de la République algérienne durant la guerre d'Algérie, qui annonçait le cessez-le-feu et la fin des combats. J’ai alors pleuré. Dans ces pleurs, il y avait la joie de la victoire, mais surtout une immense déception : il ne m’était plus possible de mener le djihad et de mourir en martyr. Je ne pouvais plus mettre en œuvre mon pacte avec Allah, pour que s’accomplisse sa promesse de m’offrir le paradis.

Si je partage aujourd’hui cela, c’est parce que l’actualité me donne à réfléchir à ce djihad qui, dans l’islam, n’est pas lié à un contexte précis : la prescription du djihad, qui consiste à combattre pour que la Parole d’Allah soit la plus haute, n’est pas limitée dans le temps et l’espace. Cette prescription est valable en tout temps et tout lieu, parce qu’elle résulte d’un pacte entre Allah et les croyants. Et Allah s’est engagé sur sa promesse de respecter ce pacte, en offrant le Paradis à ceux qui combattent dans son chemin, qui tuent et se font tuer pour que Sa Parole soit proclamée sur toute la terre, et que l’islam soit imposé à l’ensemble de l’humanité.

Manipulation

Aujourd’hui, je suis chrétien. Et je me désole de savoir encore des enfants, des préadolescents et des adolescents suivre ce que je considère désormais comme une religion mortifère. Jésus m’a libéré. J’ai découvert un Dieu d’amour, un Père. Je prie qu’il libère encore de nombreuses autres personnes de ces chemins de mort.

Amine Faudal

1 Nom d’emprunt que l’auteur de cet article, connu de la rédaction, a choisi pour ne pas mettre en danger sa parenté vivant en terre musulmane. 

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