La miséricorde de Dieu, une réalité chère à Don Stephens

Biblique

Avec Mercy Ships et ses navires hôpitaux, il incarne la miséricorde de Dieu aujourd’hui. Parcours autour de cette dimension du coeur de Dieu avec Don Stephens.

Par lafree | le vendredi, 02 juillet 2010

La miséricorde est au coeur de la vie de Don Stephens. Non seulement, il a fondé voilà 30 ans, avec son épouse Deyon, l’ONG Mercy Ships (les navires de la miséricorde), cette flotte de navires hôpitaux qui mouillent dans les ports des pays les plus pauvres de la planète, pour y offrir aux plus démunis des soins médicaux. Non seulement après l’Anastasis (la résurrection en grec), tous les bateaux acquis par cette oeuvre chrétienne ont été baptisés d’un nom qui intègre le mot « miséricorde » : le Caribbean Mercy, l’Island Mercy et l’Africa Mercy. Mais surtout cet Américain originaire du Colorado a fait de la miséricorde de Dieu un motif de joie qu’il s’approprie chaque matin (Ps 90,14).

La miséricorde, c’est l’opposé de la justice
« Pour moi la miséricorde, c’est l’opposé de la justice », explique Don Stephens. Du point de vue spirituel, la justice, c’est recevoir du Seigneur ce que nous méritons. Et l’être humain ne peut se targuer de quoi que ce soit devant Dieu. Mais Dieu n’en reste pas là. Il prend l’initiative et par là fait preuve de miséricorde. « Que ce soit avec Israël, son peuple, ou avec l’humanité en Jésus-Christ, Dieu manifeste son abondance, sa capacité à consoler, sa capacité à faire une différence. Il est miséricordieux » (Ep 2,4 ; Ja 5,11).
« Nous sommes engagés dans Mercy Ships pour être aujourd’hui les mains, les pieds, le coeur et la voix de ce Dieu de miséricorde », relève Don Stephens. Pour y parvenir au mieux, cette ONG a fait de Jésus son modèle. Qu’elle souhaite suivre « aussi fidèlement que possible ! »

Jésus comme modèle
Voilà 2000 ans, Jésus a ouvert son service au sein de l’humanité en lisant dans la synagogue de Nazareth (Luc 4) un manifeste de miséricorde tiré du prophète Esaïe : « L’Esprit du Seigneur est sur moi, car le Seigneur m’a conféré l’onction. Il m’a envoyé porter une bonne nouvelle aux pauvres, panser ceux qui ont le coeur brisé, proclamer aux captifs leur libération... » (Es 61, 1-3). Et cette citation du prophète Esaïe est reprise ou reformulée deux fois par Jésus au cours de son ministère. La première, dans un contexte où il répond aux disciples de Jean-Baptiste qui a des doutes sur sa personne : « Allez raconter à Jean ce que vous avez vu et entendu : les aveugles retrouvent la vue, les infirmes marchent... la bonne nouvelle est annoncée aux pauvres » (Luc 7,22). La deuxième fois à la fin de sa vie, peu avant sa crucifixion, alors qu’il donne ses dernières instructions aux disciples, Jésus parle du jugement des nations qui sont divisées en deux d’après ce qu’elles ont fait. Et là, la manifestation concrète de la miséricorde à l’endroit de celui qui était nu et qui a été vêtu, à l’endroit de celui qui était malade et qui a été visité... est un critère de jugement : « Dans la mesure où vous avez fait cela pour l’un de ces plus petits, l’un de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait » (Mt 26,40).
Au travers de Jésus, la miséricorde de Dieu s’est répandue sur la terre. « Il y a aujourd’hui plus de 6 millions d’aveugles dans le monde, souligne Don Stephens. La moitié d’entre eux le sont à cause de la cataracte. Nous avons fait des opérations de la cataracte une de nos spécialités sur l’Africa Mercy. 4 jours par semaine, et toutes les 4 ou 5 minutes, des aveugles recouvrent la vue grâce à nos équipes de chirurgiens et grâce à notre personnel médical... »

Y compris dans l’enseignement
A Mercy Ships, cette proximité de Jésus ne s’arrête pas là. « Jésus a été un enseignant hors pair, souligne Don Stephens, il a fait des disciples. Sur l’Africa Mercy, les chirurgiens compétents qui viennent de partout sur la planète, font aussi des ‘disciples’. Ils forment les chirurgiens africains locaux. Ce faisant, nous permettons aux capacités locales de traitement de se développer. Au travers de ce qu’ils ont appris de nouveau, les médecins africains parviennent parfois à traiter 10, 20 ou même 30 fois plus de patients qu’auparavant ! »
Certains bénéficiaires voient dans ces actes chirurgicaux une manifestation concrète de la miséricorde de Dieu à leur endroit. Don Stephens aime raconter l’histoire d’Edoh, une Togolaise qui en est à sa troisième ou quatrième visite sur l’un des navires de la miséricorde. A l’âge de 9 ans, Edoh était atteinte d’une énorme tumeur qui défigurait son visage. Cette masse rebelle avait décalé un de ses yeux de plusieurs centimètres vers l’extérieur du visage. Sa bouche s’était élargie et atteignait une vingtaine de centimètres de long... Ses parents ont entendu parler d’un des navires de la miséricorde et ont amené leur fille pour qu’elle soit prise en charge et opérée. Edoh a pu être soignée et son visage reconstruit. « Aujourd’hui, lorsqu’elle revient sur l’un de nos bateaux, elle dit toujours : ‘Merci à Dieu qui m’a montré sa miséricorde !’ » Elle va même jusqu’à s’approprier le verset de Jean 3,16 en disant que Dieu l’a tant aimée, qu’il a amené un grand navire hôpital blanc, qui a accompli un périple correspondant à la moitié de la circonférence du globe, pour qu’elle puisse expérimenter sa miséricorde !

Le corps du Christ n’a pas qu’une bouche !
« Dans le cadre du corps de Christ, je suis parfois inquiet, lâche Don Stephens. Je me demande si certains ne souhaitent pas réduire ce corps à une bouche ! » Pour le fondateur de Mercy Ships, parler ne constitue qu’une partie de l’activité du corps, à côté des bras, des mains, des jambes, du coeur ou des entrailles de miséricorde... « Alors certes nous devons parler, mais pas uniquement ! Nous devons aussi ‘faire’ la Bonne Nouvelle... incarner l’Evangile ! » Pour Don Stephens, les gens qui n’ont pas d’atome crochu avec l’Eglise ou qui ne connaissent pas Jésus veulent le voir en nous. « La Bible invite à parler et à prêcher, souligne-t-il. Elle indique aussi que les gens autour de nous sauront que nous sommes disciples par l’amour que nous nous témoignons les uns aux autres ! »
Dans le Sermon sur la montagne, Jésus déclare heureux ceux qui pratiquent la miséricorde parce qu’il leur sera fait miséricorde (Mt 5,7).  Ces propos de Jésus qui constituent pour Don Stephens l’un de ses versets favoris de la Bible, témoignent de l’effet boomerang de la miséricorde. « Si je fais miséricorde, elle me revient ! » affirme-t-il. Dans les activités de Mercy Ships, sous forme de joie devant le bonheur dont témoignent les personnes libérées d’un handicap qui les contraignait à vivre dans les marges de la société.
En Afrique subsaharienne, 3 millions de femmes ont connu des difficultés lors de l’accouchement. Celui-ci a duré plusieurs jours, elles ont mis au monde un enfant mort-né et deviennent incontinentes : une fente entre la vessie et le vagin laisse s’écouler leur urine. La plupart du temps, ces femmes deviennent des parias. A cause de l’odeur nauséabonde qu’elles répandent autour d’elles, leur mari demande le divorce, leur famille les pousse à s’éloigner et à aller vivre à l’extérieur de la maison avec les animaux ou seule dans la brousse. Mercy Ships a fait de l’opération des fistules vésico-vaginales une de ses spécialités. « Toutes les deux semaines, explique Don Stephens, nous avons sur l’Africa Mercy une fête pour prendre congé de ces femmes qui ont été opérées. Nous leur offrons une nouvelle robe et vous devriez entendre les louanges qui sont adressées à Dieu pour la miséricorde qu’il leur a faite. Ces femmes connaissaient la honte, l’exclusion, un futur bouché... Dorénavant, elles voient s’ouvrir un avenir devant elles... Vous ne vous fatiguez jamais de voir ces femmes ! Impossible de ne pas lâcher une larme ! Heureux ceux qui pratiquent la miséricorde ! »

Une réalité à vivre pour soi et pour les autres
Pas besoin pour Don Stephens de s’engager à Mercy Ships pour pratiquer la miséricorde. Chacun peut découvrir dans son quotidien la profondeur de la miséricorde de Dieu à son égard. « J’aimerais encourager chacun à commencer sa journée en remerciant Dieu pour sa miséricorde qui se renouvelle chaque matin, souligne-t-il. Vous pourrez alors pratiquer cette miséricorde autour de vous. A coup sûr, votre vie se remplira de joie et de bonheur ! »

Serge Carrel

Cet article est la mise par écrit d’une série d’émissions Vitamine B avec Don et Deyon Stephens autour de la miséricorde. Diffusées sur DieuTV.com, ces émissions seront prochainement disponibles en DVD pour les groupes de quartier. Pour toute commande : www.theomedia.org.


  • Encadré 1:

    Mercy Ships en bref
    L’ONG Mercy Ships a été fondée en 1978. Son premier navire hôpital s’est appelé l’Anastasis. Il a été en service de 1978 à 2007. Cette ONG a reçu en 1983 l’Island Mercy qui a navigué jusqu’en 2001. C’est en 1994 que le Caribbean Mercy a été acquis. Il a été en service jusqu’en 2005. Actuellement, l’Africa Mercy est le seul bateau de la flotte de Mercy Ships. C’est un navire hôpital qui comprend 6 salles d’opération et 78 lits et qui mouille jusqu’en août au Togo.
    Un livre retrace l’aventure de Mercy Ships : Don Stephens et Linda R. Stephenson, Navires de l’espoir. L’histoire extraordinaire de l’organisation Mercy Ships, Yverdon-les-Bains, Jeunesse en mission, 2007, 232 p.

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