« L’Engagement du Cap, un plaidoyer basé sur l’amour de Dieu et du prochain »

L'Engagement du Cap

Au congrès du Cap en octobre dernier, les leaders évangéliques du monde entier ont signé une déclaration : « L’Engagement du Cap ». David Valdez a participé à ce congrès. Il commente ici la première partie de ce document fondamental pour tous les évangéliques.

Par lafree | le dimanche, 12 janvier 2014

Le texte rédigé dans le cadre du troisième congrès du Mouvement de Lausanne, qui s’est tenu au Cap en octobre 2010, sera peut-être le plus étudié dans les milieux évangéliques durant ces prochaines années. La première partie de celui-ci rappelle les vérités fondamentales de la foi chrétienne (1). La seconde nous propose un plan d’action concret afin d’aider l’Eglise à entrer dans la mission divine à laquelle le Christ l’invite. Comment ce texte a-t-il vu le jour ? Lorsque nous lisons le deuxième volume de la biographie de John Stott (2), Timothy Dudley-Smith écrit que la rédaction de la Déclaration de Lausanne de 1974 a été élaborée tout au long du congrès qui s’est tenu dans la capitale vaudoise. Durant la journée, les orateurs invités partageaient le résultat de leurs recherches sur le thème qui leur avait été confié par le comité organisateur du congrès. Après chaque journée, les théologiens nommés par les organisateurs devaient élaborer le texte de la déclaration en prenant en considération chaque exposé ainsi que les réactions constructives des participants sur tous les thèmes abordés durant la journée.

La genèse de ce document
Pour ce qui est de L’Engagement du Cap, le théologien d’Irlande du Nord Chris Wright (3) raconte dans un article récent la manière dont ce texte d’une cinquantaine de pages a été rédigé. En décembre 2009, le directeur international du Mouvement de Lausanne, Lindsay Brown, a organisé une rencontre de théologiens à Minneapolis (Etats-Unis). Ces derniers provenant des différents continents, avaient été triés sur le volet par les responsables de « Lausanne ». Les participants à cette rencontre ont étudié ensemble tous les documents évangéliques importants publiés depuis 1966, afin de reprendre connaissance de l’héritage et de la tradition pour lesquelles les évangéliques se sont battus durant les 40 dernières années. Cette rencontre fut présidée par le théologien écossais Sinclair Ferguson. Chris Wright en fut le fidèle secrétaire. Une première proposition de document élaborée par une petite équipe des participants n’a pas été satisfaisante. Suite à cela, il a été demandé à Chris Wright de rédiger une proposition de document. Ce texte serait envoyé plus tard à toute l’équipe des théologiens qui s’étaient rencontrés à Minneapolis pour qu’ils puissent lui faire part de commentaires et de corrections. Chris Wright décida de s’isoler une semaine dans un petit cottage du Pays de Galles (l’endroit où John Stott a rédigé la plupart de ses livres) dans le but d’écrire le texte qui lui avait été demandé. Chris Wright dit avoir littéralement crié à Dieu afin qu’il sache ce qu’il devait écrire. Il poursuit en disant : « Ce fut comme si j’entendais une voix qui répondait : le premier et le plus grand commandement est ‘Tu aimeras le Seigneur’, et le second est ‘Tu aimeras ton prochain’ ».
Ensuite d’autres textes de la Bible faisant référence à l’amour lui furent révélés et l’ont conduit à rédiger un texte qui s’exprimerait dans le langage de l’amour de la manière suivante : nous aimons Dieu, nous aimons la Bible, nous aimons le monde, nous nous aimons les uns les autres, nous aimons l’Evangile, nous aimons la mission
Après la rédaction du plan du document, Chris Wright téléphona à John Stott afin de lui partager ses pensées concernant ce travail et ce dernier l’encouragea à persévérer sur cette voie. Il prit finalement une semaine entière pour rédiger le texte. Il fut envoyé aux membres de la commission théologique du Mouvement de Lausanne et, après plusieurs mois de remarques et de corrections de la part des membres de cette commission, il a été décidé que L’Engagement du Cap se composerait de deux parties. La première serait un résumé des fondements de la foi chrétienne, alors que la seconde consisterait en un appel à l’action dont le contenu serait le fruit des réflexions faites tout au long du congrès. Chris Wright a demandé à tous les intervenants au congrès du Cap de lui communiquer leur exposé déjà durant l’été 2010 afin qu’il soit en mesure de réfléchir à cette seconde partie. Finalement l’ossature de ce texte reprend les six thèmes abordés tout au long du congrès. Après celui-ci, Chris Wright a rassemblé tous les documents et les nombreuses réflexions des délégués venant des quatre coins du monde dans le but de rédiger cette partie de L’Engagement du Cap, qui sera finalement terminée en janvier 2011. Quel fil rouge pouvons-nous retrouver dans la première partie de cette déclaration ? Simplement, une invitation à aimer.
 
Une invitation tellement importante de nos jours
Lors du congrès, j’ai rencontré un Egyptien qui enseignait à l’Université de Tripoli. Il soulignait que le peuple libyen avait besoin de se sentir aimé. Lors d’une rencontre de prière, il m’a raconté que des étudiants libyens lui avaient demandé s’il était chrétien. Il le trouvait tellement différent des autres professeurs parce qu’il dégageait naturellement de l’amour qu’ils ne pouvaient pas trouver parmi les musulmans. Dès le début de l’Ecriture, nous observons que nous avons à faire à un Dieu qui est amour. En effet, Dieu a tant aimé qu’il a créé toutes choses. Il est l’auteur et le Roi de toute sa création. Cependant il est celui qui a créé afin que l’être humain puisse trouver le repos en lui.
L’homme a été créé pour connaître Dieu et pour mener la vie la plus extraordinaire : prendre part à la mission de Dieu dans ce monde. Brièvement, nous pouvons dire que, malgré la chute (Gn 3), l’amour de Dieu continue de se révéler. Il donne des vêtements à Adam et Eve, il laisse la vie sauve à Caïn, il donne la vie à Seth, il sauve Noé et sa famille et, malgré l’épisode de Babel, il appelle Abram en lui disant qu’il aura une descendance nombreuse qui sera bénie (matériellement et spirituellement) et qui sera une bénédiction pour les autres nations (Gn 12.1-3). Il continue d’aimer en donnant sa Loi à Israël par l’intermédiaire de Moïse... Nous savons que les promesses que Dieu fit à Abraham ont trouvé leur plein accomplissement par la venue, la mort et la résurrection du Christ. Dans la Bible, nous lisons sans cesse l’histoire d’un Dieu qui ne cesse de se tourner vers les gens du monde entier pour leur révéler son amour. Par conséquent, nous pouvons affirmer que la réalité de l’amour de Dieu se manifeste dans la mission divine révélée dans la Bible.
Au début de la première partie de L’Engagement du Cap, il est écrit que l’évangélisation mondiale est le débordement de l’amour de Dieu pour nous et par nous. En effet, nous aimons Dieu, sa Parole, sa création tout entière, son Evangile, son peuple et sa mission, parce qu’il nous a aimés le premier.
 
Rien sans une expérience spirituelle profonde !
La première partie de L’Engagement du Cap est importante. Nous pouvons tellement vite perdre ce premier amour (Ap 2.4). Prenons le temps de méditer le Dieu Père, Fils et Saint-Esprit, prenons le temps de méditer sa Parole et son Evangile, prenons le temps d’étudier le monde dans lequel nous vivons afin que nous y soyons sel et lumière. Aimons Dieu de tout notre cœur, aimons notre prochain, exprimons l’amour de Dieu pleinement manifesté par la vie, la mort et la résurrection du Christ en paroles et en actes au quotidien. Finalement, aimons la mission divine à laquelle Dieu nous invite.

David Valdez, pasteur dan l'Eglise évangélique libre de la Rochette à Neuchâtel (FREE)
 
Notes
1 L’Engagement du Cap : un engagement de foi et un appel à l’action. Un document à lire en français sur le web.
2 John Stott, A Global Ministry, Leicester, IVP, 2001.
3. Chris Wright est aussi connu dans le monde francophone sous le prénom de Christopher. Deux de ses livres sont parus en traduction française : L’éthique et l’Ancien Testament (Cléon d’Andran, Excelsis, 2007) et Vous serez mon peuple (Méry-sur-Oise, Sator, 1989).