Marche pour la vie : le flop de la communication

Entièrement confinée et contrôlée par un filtrage sévère, la Marche pour la vie n’a pas été une marche. Et surtout, elle a été complètement isolée du reste de la population. Quelques braillards déterminés ont ainsi réussi une manœuvre d’intimidation et de confiscation de parole très efficace.

Par Claude-Alain Baehler | le lundi, 19 septembre 2016

Certes, on déplore que la police ait interdit tout défilé. Mais qu’aurions-nous dit si des familles et des personnes âgées avaient été victimes d’accrochages ? On peut également se demander si, à l’avenir, une ville laissera une autre Marche pour la vie défiler librement.

Une autre question tient au contenu de la communication d’une telle Marche pour la vie. En effet, par rapport à la question de l’avortement, deux légitimités s’affrontent. D’une part, la protection de l’enfant à naître doit être garantie. D’autre part, il est profondément injuste de traiter la question de l’avortement en contraignant les femmes à être d’éternelles victimes et d’éternelles coupables. Car, jusqu’à nouvel avis, il faut être deux pour concevoir un enfant !

Soyons clairs ! Malgré les quelques structures mises en place ici et là, une femme larguée par son copain, et qui désire garder l’enfant qu’elle porte, se prépare à affronter seule 20 ans de grosses difficultés. Du coup, n’aurions-nous pas avantage à aborder la question de l’avortement en tenant réellement compte des deux légitimités ? Sans faire l’autruche, comme nous l’avons toujours fait jusqu’ici ? Sans combattre une injustice en en tolérant une autre ?

Claude-Alain Baehler
Rédacteur responsable de Vivre

Lire le compte rendu de Claude-Alain Baehler : « Marche pour la vie à Berne : sous cloche ».

4 réactions

  • Joel Reymond mardi, 20 septembre 2016 09:31

    «Soyons clairs» : euh… On vous prend au mot, M. le rédacteur. Vous parlez des deux légitimités, sans définir la seconde. On devine qu'il s'agit de la «liberté de la femme de disposer de son corps». Mais comme vous ne précisez pas…

  • Joel Reymond mardi, 20 septembre 2016 16:13

    Autre point à clarifier peut-être: vous écrivez «Sans faire l’autruche, comme nous l’avons toujours fait jusqu’ici ?» Mais de qui parlez-vous, au juste? Qui n'a pas vraiment pris le parti des femmes aux prises avec une maternité précoce ou précaire? À défaut, l’on comprend: les églises que vous représentez. Nous nous interrogeons aussi sur ce que la FREE a fait, sur le terrain, ces vingt dernières années, en matière d’assistance aux maternités précoces et précaires. Est-ce cela votre interpellation?

  • Dayân samedi, 24 septembre 2016 12:30

    Moi ce que je déduis de cet article, c'est qu'il faudrait envisager une obligation légale pour les hommes d'assumer financièrement leurs enfants, même s'ils ne sont pas mariés. Ainsi, une femme larguée par son copain recevrait une pension pour l'entretien de l'enfant. Ceci responsabiliserait les hommes et éviterait bien des avortements. Quand on touche au porte-monnaie, on créé de la prudence.

  • Marik jeudi, 29 septembre 2016 23:27

    Merci Claude-Alain de ne pas seulement évoquer la grossesse et la naissance... mais de garder un regard lucide sur les 20 ans de grosses difficultés d'une mère élevant seule son enfant.

    Quant aux pensions alimentaires versées par "le copain ayant largué sa copine enceinte", ce n'est pas si simple que ça, surtout lorsque le géniteur en question est insolvable. Et ça arrive bien plus souvent qu'on ne le croit.

    Et c'est peut-être à ce niveau-là que pourraient intervenir la FREE et toutes les églises et... tous les participants de la Marche pour la vie ! Personnellement, je crois qu'il y a là un beau chantier à mettre en route, au-delà des théories bien pensantes !!!