Un temps de louange ouvre un véritable espace participatif

Louange

Don Moen, un concertiste chrétien américain, donne dans le clip que nous vous proposons quelques réponses à des questions sur la louange. Entre autres, à celles posées par Claude-Alain Baehler, dans sa lettre ouverte à Sylvain Freymond (Vivre, mars 2013), où il constatait que la louange dans l'Eglise se résume parfois à un concert que les gens regardent, mais où ils ne participent pas vraiment.

Par La FREE | le mercredi, 07 août 2013

Le clip d'un moment de louange avec Don Moen m'a donné quelques clés pour comprendre pourquoi Claude-Alain Baehler a lancé son pavé dans la mare dans le Vivre de mars 2013.
Ce clip m'a intéressé à cause de sa mise en scène et surtout, parce qu'il pourrait se dérouler dans la plupart de nos Eglises. Ce n'est pas un concert style Hillsong, avec des milliers de personnes. Or, nous avons souvent l'image Hillsong (ou autre grande Eglise) comme modèle. Ça donne donc de piètres copies, car peu de gens sont des professionnels sachant mener un public.

Un directeur de louange qui descend de son piédestal
Mais venons-en à l'analyse de ce clip avec la question suivante: pourquoi ce genre de prestation entraîne les participants dans la louange? A cause du professionalisme de Don Moen et de ses musiciens et choristes? Sûrement, mais l'explication n'est pas suffisante. A mon avis, la clé est dans la disposition des chanteurs-leaders: ils sont au milieu des participants. Ils ne font qu'un avec le groupe de croyants. Ils ne sont pas sur une scène et n'endossent donc pas l'habit de la « star » qui est sommée d'avoir une prestation à la hauteur. Il est important de copier le « monde » pour répondre aux aspirations culturelles des participants. Il faut parler leur « langue » pour les rejoindre, mais le chrétien doit en même temps contester le système culturel. Non pas en l'éliminant, mais en le « pervertissant » au profit de la vision chrétienne. Don Moen est descendu de son piédestal de « star » pour se mettre avec les gens, c'est ça, qui à mes yeux, le rend crédible, spirituellement parlant, et performant pour susciter des participants qui participent vraiment.

Construire une sonorité avant un discours
Je déteste ces moments de louange qui saucissonnent le contenu: un chant, un speech, un chant, un speech. Et la plupart du temps, on explique ce que le chant veut dire comme si on était des ignares pour comprendre le sens profond des paroles. Don Moen et ses musiciens construisent une sonorité avant de construire un discours. La plupart du temps, nos leaders de louange construisent un discours très raisonnable émaillé de chants. Comme par le passé !
Admirez chez ce concertiste la manière dont il fait « couler » le chant et ce qu'il dit dans le même flot. Un peu comme si on mélangeait un liquide d'une certaine couleur avec le liquide d'une autre couleur. Nous, nous faisons couler les « liquides » parallèlement, sans vraiment les mélanger.
Louangeur, descends de ton estrade pour rejoindre ton auditoire! Qu'est-ce qui t'empêche d'essayer?
Henri Bacher

Voir notre dossier autour de la louange.

15 réactions

  • Claude Vilain vendredi, 16 août 2013 09:41

    Merci pour cette vidéo et le commentaire d'Henri. Juste une remarque, ne pourrait-on pas au cours d'une soirée de louange de ce type introduire quelques lectures bibliques - sans commentaire - qui viendraient ajouter la Parole au chants. Lectures qui pourraient être prortées par un fond musical et se prolonger par quelques instants de silence - toujours portés par ce même fond musical - pour permettre à cette parole de faire son chemin en nous ?

  • Yves B. vendredi, 16 août 2013 09:45

    Je trouve que la vitesse de chant est très importante. Don Moen a un répertoire qui se chante lentement, qui se déguste et se savoure. Beaucoup trop de nos chants modernes se chantent au pas de charge, c'est un peu le fast-food de la louange, on avale tout rond sans mâcher le contenu. Perso je n'arrive pas à rentrer dans un esprit de louange quand ça va si vite. J'ai l'impression que souvent on compte sur l'effet musical pour "entrer en transe", on répète des strophes, on bouge jusqu'à ce qu'il se passe quelque chose dans notre corps. Alors si on se sent "bien" ensuite c'est peut-être comme après un jogging ou un travail physique, quand notre produit des endorphines. Et ça n'a rien à voir avec le spirituel !

  • Yves B. vendredi, 16 août 2013 09:47

    Je voulais dire "quand notre corps produit..."

  • jean louis vernoit vendredi, 16 août 2013 10:22

    vous dites "copier le monde" c'est bien le problème de l'église elle à copier le monde au lieu de copier Christ et sa parole

  • JCLOUIS vendredi, 16 août 2013 10:54

    "Vous êtes devenu une figure incontournable de la louange en Suisse romande. C'est pourquoi je me permets de vous faire part de trois questionnements." quelle louange !!!!

  • JCLOUIS vendredi, 16 août 2013 11:28

    Le conducteur de louange doit avoir une vie spirituelle avec de la prière, il se doit de connaître la parole de Dieu.

    Il doit avoir une vie séparée pour Dieu, que la norme dans l’église soit la même en dehors de l’église.

    Il doit suffisamment se préparer, la grâce de dernière minute n’est plus suffisante, parfois Dieu nous montre que l’on ne sait pas assez préparé.


    Jésus leur répondit : L'heure est venue où le Fils de l'homme doit être glorifié.

    En vérité, en vérité, je vous le dis, si le grain de blé qui est tombé en terre ne meurt, il reste seul; mais, s'il meurt, il porte beaucoup de fruit.

    Celui qui aime sa vie la perdra, et celui qui hait sa vie dans ce monde la conservera pour la vie éternelle.

    Si quelqu'un me sert, qu'il me suive; et là où je suis, là aussi sera mon serviteur. Si quelqu'un me sert, le Père l'honorera.

    Jean 12 : 24



    Le conducteur de la louange doit se bâtir, se construire en Dieu au point de connaître parfaitement les directives que Dieu lui demande en général.

    Nourrissez votre Esprit, affamez votre chair, car à l’avenir ces choses seront vitales, si vous ne vous fortifiez pas personne ne le fera pour vous.

    Alors que vous faites cela, vous saurez avec assurance, que c’est Dieu qui vous a placé, qui vous a appelé… en dépit des problèmes, des attaques découragement…


    Le conducteur de la louange n’est pas plus que les autres membres du groupe. Ce n’est pas « un petit chef » sa différence se trouve au niveau de sa responsabilité et sa redevabilité dans

    ce qu’il fait au moment où il le fait. Au contraire, il doit montrer l’exemple à cause de sa position dans l’église.

    Il doit être humble de cœur, et ouvert aux autres – ayez la chair faible (en bas) et un Esprit (en haut) bien disposé.

    Mais l'heure vient, et elle est déjà venue, où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité; car ce sont là les adorateurs que le Père demande.

    Jean 4 : 23


    Et quoi qu’il arrive il doit toujours rester positif, c'est-à-dire bien plus qu’un sourire sur les lèvres, mais manifester une foi à communiquer autour de lui … mieux vaut transfert ou influencer par du positif que du négatif.

    Préférez voir le « verre d’eau à moitié plein, plutôt que de la voir à moitié vide » ce qui fait la différence, c’est votre attitude.

    Un américain conducteur de la louange depuis 12 ans déclare : La raison principale pour le taux alarmant d’échec parmi les conducteurs de louange est le manque de formation adéquate. Ils ne sont tout simplement pas préparés pour diriger dans l'environnement complexe et exigeant de l'église du 21e siècle.

    Le manque de formation, de support et d'entraide parmi les conducteurs de louange est en train de coûter cher. Pour chaque succès parmi les conducteurs de louange, il y a plusieurs histoires remplies de souffrance, chagrin et désappointement. Plusieurs des meilleurs et des plus talentueux sont pris sous le fardeau des attentes non -remplis de la part de leurs églises, pasteurs, équipes, familles, et surtout de la part d'eux -mêmes.

    La triste vérité est que plusieurs conducteurs de louange ont besoin d'apprendre "sur le tas", et que ces leçons ne sont pas apprises suffisamment rapidement. Comme résultat, la durée moyenne de ministère pour les conducteurs de louange est aujourd'hui très brève.

    Il est important que les conducteurs de louange soient équipés pour un ministère efficace à long terme.

    Que Dieu vous bénisse !

  • Pierre-André Gallay vendredi, 16 août 2013 11:33

    MERCI!
    Oui merci d'oser ouvrir le débat. Voilà une vingtaine d'année que je suggère au groupe qui entraine la louange de se placer, groupé si nécessaire, dans le public. Mais je passe pour un ringard sans sensibilité artistico-spirituelle. La route est encore longue mais évitons les retours de balancier.
    Merci aussi à ceux qui prennent le temps de se préparer pour ces temps de louange, le Saint Esprit les conduira.

  • JCLOUIS vendredi, 16 août 2013 11:33

    Les louanges des hommes envers les hommes ne sont que pures vanités, merci au modérateur

  • henri Bacher vendredi, 16 août 2013 12:02

    Je suis donc l'auteur de l'article. Merci pour vos réponses et vos questions. Pour le problème soulevé par M. Vernois, je voudrais juste dire que je fais la différence entre le monde spirituel dont parle l'apôtre Paul et le monde culturel. Jésus ne parlait que l'araméen et pourtant Paul à écrit en grec. Parce qu'il s'adressait au monde culturel grec et non aux monde araméen. Copier le monde culturel ce n'est pas reproduire "les jurons" de ce monde, mais en tirer ce qu'il y a de meilleur (du point de vue culturel). Jésus n'a pas joué de la guitare, donc il faudrait éliminer la guitare de nos cultes? Ce n'est pas facile de gérer les problèmes culturels puisqu'on est en pleine mutation. Encore une recommandation et ceci, entre autre, pour M. Louis: ne spiritualisons pas tout de suite les situations. Restons terre-à-terre, au raz des pâquerettes. Comme d'ailleurs la réflexion de la fin de votre commentaire que je trouve excellente et concrète.

  • jean-claude Louistisserand samedi, 17 août 2013 10:00

    L'araméen était la langue du Christ mais pas seulement :
    http://books.google.fr/books?id=1eTpt9_d1nkC&pg=PA17&lpg=PA17&dq=j%C3%A9sus+ne+parlait+que+l'aram%C3%A9en&source=bl&ots=r4wpSgey0I&sig=KpF9oHPTQb9zLoWimQcjneAHnCg&hl=fr&sa=X&ei=fSsPUun0JqKr0QX8k4GoCw&ved=0CEEQ6AEwAzge#v=onepage&q=j%C3%A9sus%20ne%20parlait%20que%20l'aram%C3%A9en&f=false

  • Henri Bacher dimanche, 18 août 2013 09:23

    Merci Jean-Claude. Autant pour moi. Effectivement Jésus connaissait l'hébreu puisque dans la synagogue il lisait le texte en hébreu. Ce que je voulais dire, c'est que Jésus n'était pas biculturel comme Paul.

  • Salik dimanche, 18 août 2013 18:46

    Jésus était aussi polyglotte quadriculturel et bien meilleur que Paul qui n'a jamais connu Jésus et qui passe pour certains comme la récupération de la parole de Dieu (as) au raz des pâquerettes, comme une tambouille de bidasse pour attirer le bas peuple, mais Dieu(as) est beaucoup plus exigeant, 'alayhi as-Salâm :
    http://www.decouvrirlislam.net/Home/christianisme/jesus-as/quelle-langue-parlait-jesus-as
    fraternellement Henri

  • Ali Mohamed dimanche, 18 août 2013 20:24

    Salamecum Salik, Salamecum Henri,
    Tu as tout a fait raison de penser ce que Paul a fait et voici une Enquête d'Henri (Persoz) d'une Eglise Réformée sur Paul et Jésus :
    http://epral.fr/ltl_enquete_paul.php
    Fraternellement à tous
    Ali

  • Kassabi mercredi, 21 août 2013 11:07

    Bonjour mes amis et frères,

    En tant que rabbin, ayant étudié Paul, j'en arrive à votre conclusion, car les Pharisiens, dont est issu Paul, avaient tout intérêt à récupérer la situation de schisme qui se préparait à l'époque.

    retouvez la conversion de Paul, c'est un vrai faux miracle de Saul:

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Conversion_de_Paul

    Je vous prie de croire, chers amis et frères de l’expression de mes sentiments les plus fidèles.

  • David Hoehn samedi, 24 août 2013 15:27

    Descendre de l'estrade, oui, absolument si cela est possible. Malheureusement, ce n'est pas si évident dans la plupart des salles. Ce qui me gêne souvent, c'est qu'on entend surtout le groupe de louange, mais pas le voisin et à peine l'assemblée. Les voix et instruments des louangeurs dominent largement.