Séminaire A Rocha 2008 : le bilan énergétique des lieux de culte et des maisons individuelles à l’ordre du jour

Dieu, l'écologie et moi

L’association A Rocha a organisé le samedi 4 octobre son séminaire annuel autour du thème « Eglise & environnement ». Différents intervenants se sont succédé pour montrer que l’engagement chrétien intégrait une dimension écologique. Ils l’ont fait du point de vue théologique et également du point de vue pratique. Il a même été question de bilans énergétiques des lieux de culte et des maisons individuelles ! Autant de perspectives qui donnent à réfléchir !

Par lafree | le jeudi, 09 octobre 2008

« Eglise et environnement, de la conviction à l'action ». Tel était le thème de la conférence qui a eu lieu le samedi 4 octobre dans les locaux de l'Institution de Lavigny. Organisée par l'association A Rocha, en collaboration avec d'autres organisations chrétiennes romandes, cette journée de réflexion a proposé des pistes pour agir concrètement pour la sauvegarde de l'environnement. Différents intervenants se sont succédé lors de présentations et d'ateliers pour parler d'écologie, de consommation responsable ou de justice sociale.

La sauvegarde de la création constitutif de l’engagement chrétien
« L'Eglise s’est beaucoup impliquée dans le social, la santé et l'éducation. Pourquoi pas dans le domaine de l'environnement ? a lancé Steve Tanner, le directeur exécutif d’A Rocha Suisse. La mission que Dieu confie à l'homme est aussi de « cultiver et de garder » le jardin selon Genèse 2,15. » C'est cette notion de gardiennage, de culture respectueuse et reponsable que ces organisations ont invoquée pour justifier leur volonté de protéger la nature. « Des politiciens nous soupçonnent de surfer sur l'effet de mode actuel, commente Anne Dürer, la responsable du mouvement oecuménique Oeku, actif dans le domaine environnemental lui aussi. Mais cet engagement en faveur de la création est indissociable du christianisme. » La nature est un thème omniprésent dans la littérature biblique. Les Psaumes et le livre de Job le montrent très bien. François d'Assise, dans sa volonté de retour à la simplicité, laissait une grande place à la nature. Plus proche de nous, John Stott, une figure majeure de la théologie évangélique du XXe siècle, est un ornithologue passionné et reconnu. Il affirme aussi que la nature peut être un vecteur de communication entre Dieu et l'homme.

Pas d’écologie sans engagement pour la justice sociale
Pour Anne Durrer, cette thématique a des liens directs avec d'autres questions sociales. « Pour beaucoup, la protection de l'environnement se limite à l'écologie, explique-t-elle. Pour nous dans cette lutte, il y a aussi une dimension de justice sociale qui est très importante. »  Et Jean-Claude Huot de l’Action de Carême d’ajouter : « Les actions des habitants des pays les plus riches ont des répercussions dans les pays les plus pauvres. Pensez à ce qui s'est passé à Haïti! »
Loin d'être moralisatrice, l'injonction se veut responsabilisatrice. Passer à l'action de manière concrète, vivre de façon responsable, encourager et agir... Les chrétiens peuvent devenir moteurs pour faire évoluer les mentalités. « Si nous parvenons à faire ce que nous disons, ce serait un très bon témoignage », a encore souligné Anne Durrer.

Une place pour des actions concrètes
Des spécialistes étaient aussi là pour partager leurs connaissances au travers d'exemples concrets. Gil Reichen, un ingénieur spécialisé dans le domaine énergétique, a présenté une série de mesures qui peuvent être prises afin d’améliorer le bilan énergétique des lieux de culte. Il a mentionné l'exemple du Temple de Crissier, où des travaux de rénovation ont été effectués. Les travaux se sont avérés complexes, car ce bâtiment est classé monument historique. Cela a limité les interventions possibles. Une importante amélioration a été l'augmentation de l'isolation de la toiture. Pour d'autres monuments, des changements de fenêtres et des ajouts d'isolation sur les murs permettent d'importantes économies.
Philippe Kiener, un membre actif d'A Rocha, a fait part de son expérience. Il a complétement rénové son habitation pour la rendre conforme au standard Minergie: panneaux solaires, nouveau système de chauffage, isolation renforcée au niveau de la toîture et des murs extérieurs. Cela a permis de diminuer drastiquement l'apport énergétique nécessaire à son confort. Pour Philippe Kiener, l'investissement devrait être amorti dans une vingtaine d'années. Ce bricoleur a limité les frais en faisant un maximum de travaux lui-même. « Si on a fait des legos petit, c'est pas si dur », a-t-il lâché en plaisantant. Selon Gil Reichen, l'augmentation du prix du pétrole pourraît même permettre de rentabiliser ce genre d'installations plus rapidement encore.
Du concret à mettre à coup sûr en pratique ! De la motivation aussi, et il en faudra encore pour ne pas se laisser décourager par le faible nombre de participants à cette journée. Gédéon s'imaginait-il remporter le combat avec si peu de soldats?

Maxence Carrel

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