Journée A Rocha-StopPauvreté à Aubonne : «La Création, ça se fête !»

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Samedi 1er septembre 2018, une journée consacrée à l’écologie a eu lieu à l’Arboretum du vallon de l’Aubonne (VD). Elle a montré combien le réchauffement de notre planète crée des injustices. Elle a également proposé des réponses… probablement insuffisantes.

Par Claude-Alain Baehler | le lundi, 03 septembre 2018

Samedi 1er septembre, quelque 250 chrétiens sensibles à l’écologie ont rejoint l’Arboretum du vallon de l’Aubonne pour vivre une journée festive intitulée : « La Création, ça se fête! » Organisée par les œuvres chrétiennes A Rocha Suisse et StopPauvreté, cette rencontre avait cette année pour thème la justice climatique.

Huit ateliers ont ravi petits et grands, tels celui proposant l’observation des petits invertébrés d’une rivière avec un biologiste, celui permettant d’observer de petits organismes au binoculaire ou celui présentant l’élevage du vers à soie. Durant l’après-midi, six « talks » (des conférences courtes), menés par des spécialistes, ont expliqué les enjeux liés à la justice climatique.

« Le gaz carbonique (CO2) produit en grande quantité par les activités humaines a un impact global sur la planète, a rappelé Nicolas Ray, diplômé en sciences de l’environnement et docteur en biologie. Il est responsable d’une bonne partie de l’effet de serre et du réchauffement de la planète. Quant au réchauffement, il fait croître la fréquence et l’intensité de certains phénomènes : cyclones, glissements de terrain, inondations, sécheresses extrêmes, tornades et même tremblements de terre et activité volcanique. Le réchauffement provoque également la diminution des rendements agricoles en Afrique, ainsi que le développement de maladies infectieuses. »

Une évolution qui crée des injustices

Plusieurs injustices accompagnent cette évolution du climat.

(1) Ce sont essentiellement les populations riches de l’hémisphère Nord qui émettent des gaz à effet de serre, mais ce sont les populations pauvres de l’hémisphère Sud qui en subissent la plupart des conséquences néfastes.

(2) Les pays industrialisés sont sortis de la pauvreté en émettant du gaz carbonique. Mais les pays en voie de développement ne pourront pas faire de même si nous désirons limiter le réchauffement de la planète à deux degrés. Les pays industrialisés ont donc une dette climatique envers le reste du monde.

(3) Les négociations, lors des conférences climatiques, ne sont ni justes, ni efficaces. Les pays font passer leurs intérêts propres avant l’intérêt général. De plus, les pays industrialisés ont la capacité technique d’imposer leur point de vue aux autres pays.

(4) L’impact du réchauffement climatique ne touche pas que l’humanité, mais aussi les autres espèces vivantes. Et c’est dans le Sud que se trouvent les principales menaces d’extinction.

Que faire ?

Parmi les réponses possibles au réchauffement climatique, Roger Zurcher, ingénieur agronome, collaborateur de Food for the Hungry Suisse et de DM-échange et mission, cite un autre modèle d’agriculture : « Il existe l’agriculture industrielle, standardisée, avec ses économies d’échelle, qui produit plus de gaz carbonique qu’elle n’en consomme. Mais il existe aussi une agriculture durable qui mélange les plantes, évite au maximum le labourage, nourrit le bétail avec de l’herbe plutôt que du soja transgénique. »

Pour l’ingénieur agronome, le modèle actuel d’agriculture industrielle risque de mener notre planète vers un collapse – un effondrement des capacités de production – aux alentours de 2030. Il encourage les chrétiens et les Eglises à préparer des solutions d’avenir en matière d’agriculture. Celles-ci seront très utiles en cas de collapse.

Pour Max Boegli, ingénieur et chercheur dans le domaine des énergies renouvelables et du développement de technologies propres, réduire notre empreinte carbone ne sera pas simple : « Si nous voulons préserver notre planète, il est nécessaire que chaque habitant limite ses émissions annuelles de carbone à deux tonnes ». En Suisse, chaque habitant en est à 13 tonnes. Un aller-retour en avion entre la Suisse et New-York représente ces deux tonnes. Trente kilomètres en automobile, pour aller chaque jour au travail, représentent également ces deux tonnes.

« Nos divers gestes écologiques représentent 20 % de ce qui serait nécessaire de faire pour ‘sauver’ la planète, explique Max Boegli. Ils sont donc insuffisants. Mais ils nous préparent à mieux gérer les coups durs et les pagailles qui ne manqueront pas d’arriver. »

La journée s’est terminée avec une exhortation à développer une théologie et une attitude « éco-responsable », ainsi qu’un temps de louange présidé par la chanteuse Flavie Crisinel. Pour Alexis Bourgeois, coordinateur de StopPauvreté, cette journée de sensibilisation est un succès : « Il y a eu une bonne assistance, des ateliers et des conférences de qualité, et les enfants étaient ravis des activités proposées ».

Claude-Alain Baehler

La page où découvrir les conférences de la Fête de la Création et le site de StopPauvreté.

Le site de l’organisation A Rocha Suisse.

Les conférences ont été enregistrées. Elles sont disponibles à l'adresse suivante: http://switzerland.arocha.org/fr/justice-climatique-conferences/.

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